Divertissement

Le Jour De Mon Mariage, J’ai Reconnu Au Cou De Ma Belle-Mère Le Médaillon De Ma Mère Disparue 17 Ans Plus Tôt… Sa Réaction M’a Glacée

Je regardai la photographie jusqu’à en avoir mal aux yeux. Hélène se tenait devant Lucie, dix-sept ans plus tôt, portant le même médaillon qu’elle avait encore autour du cou quelques heures avant mon mariage. Cela signifiait qu’après la disparition de Sophie, elle avait retrouvé ma sœur. Et qu’elle avait gardé le silence.

— Elle savait.

Sophie ne répondit pas.

— Hélène savait où était Lucie depuis le début.

— Elle savait où elle se trouvait à cette époque, corrigea ma mère. Je ne peux pas prouver qu’elle l’a suivie pendant toutes ces années.

Je pris mon téléphone.

— Je vais l’appeler.

Sophie m’attrapa le poignet.

— Ne lui montre pas cette photo.

— Pourquoi ?

— Parce que je veux d’abord savoir ce qu’elle te racontera sans savoir ce que nous possédons.

Je retirai doucement mon bras.

— J’en ai assez de vos stratégies. Toi, Hélène, Philippe, Laurent… vous avez tous décidé pendant des années quelle quantité de vérité j’étais capable de supporter.

Je composai le numéro.

Hélène décrocha presque immédiatement.

— Camille ?

— Avez-vous rencontré Lucie lorsqu’elle avait dix-sept ans ?

Silence.

Puis j’entendis sa respiration changer.

— Qui t’a dit ça ?

— Répondez.

— Oui.

Sophie ferma les yeux.

Je mis le haut-parleur.

— Pourquoi ?

— Parce que Sophie m’avait demandé de la retrouver.

Ma mère se redressa.

— C’est faux.

Hélène entendit sa voix.

Un silence terrible suivit.

— Sophie ?

— Oui, Hélène.

Pendant quelques secondes, aucune des deux femmes ne parla. Dix-sept années semblaient suspendues entre elles.

Puis Hélène murmura :

— Tu es vivante.

— Et toi, tu as menti à ma fille.

— J’ai fait ce que je croyais nécessaire.

— Tu t’es présentée à Lucie comme si tu étais moi.

Hélène inspira brusquement.

— Non.

Je regardai la photographie.

— Alors pourquoi Lucie le croit-elle ?

— Je ne me suis jamais présentée comme Sophie. Je lui ai dit que je venais de la part de sa mère biologique.

— Qu’est-ce que vous lui avez raconté ?

La voix d’Hélène se brisa.

— Que sa mère avait choisi de ne pas la reprendre.

Sophie se leva brutalement.

— Comment as-tu pu ?

— Parce que Philippe m’avait dit que Sophie était morte !

Cette phrase nous immobilisa.

— Philippe ? demandai-je.

— Trois semaines après ta disparition, il m’a dit qu’on avait retrouvé des traces de sang dans une voiture abandonnée près de la frontière suisse. Il m’a fait promettre de protéger Lucie sans jamais la ramener vers les Morel.

Sophie secouait lentement la tête.

— Il savait que j’étais vivante.

— Je ne le savais pas !

Pour la première fois, je crus entendre chez Hélène une véritable panique.

— Pourquoi être allée voir Lucie ?

— Parce que j’avais retrouvé son placement grâce aux anciens dossiers de mon père. Elle vivait avec une famille près d’Annecy. Elle était heureuse. J’ai pensé que lui révéler brutalement toute l’histoire détruirait sa vie.

— Alors vous avez préféré lui faire croire que sa mère l’avait abandonnée.

— Oui.

Sa réponse nue me donna envie de hurler.

— Et le médaillon ?

Hélène hésita.

— Je le portais parce que Sophie me l’avait confié. Lucie l’a reconnu.

Sophie fronça les sourcils.

— Comment pouvait-elle le reconnaître ?

Personne ne parla.

C’était impossible.

Lucie avait été séparée de Sophie le jour de sa naissance.

Hélène murmura :

— Parce qu’elle avait déjà vu une photographie de toi avec ce collier.

— Qui la lui avait montrée ?

— Philippe.

Je fermai les yeux.

Encore Philippe.

— Pourquoi Philippe rencontrait-il Lucie depuis deux ans ?

— Je l’ai découvert récemment, répondit Hélène. Il m’a juré qu’il essayait seulement de réparer ce que son père avait fait.

— Et c’est lui qui a engagé son entreprise pour notre mariage ?

— Je viens de l’apprendre par Antoine.

Sophie se pencha vers le téléphone.

— Hélène, où est Philippe maintenant ?

— Je ne sais pas.

Je regardai le message montrant Philippe avec Lucie.

— Moi, je sais qu’il est avec elle.

Un silence.

Puis Hélène murmura :

— Alors trouvez-les avant Laurent.

Je sentis mon ventre se nouer.

— Mon père ?

— Laurent m’a appelée il y a vingt minutes.

C’était la première fois depuis le début de cette histoire que quelqu’un disait avoir parlé récemment à mon père.

— Où est-il ?

— À Lyon. Et il sait que Lucie est là.

Je raccrochai.

— Il faut partir, dis-je.

Sophie ne bougea pas.

— Camille…

— Tu viens avec moi.

— Il y a encore quelque chose que tu dois savoir avant de rencontrer Lucie.

Je la fixai.

— Plus tard.

— Non. Maintenant.

Elle ouvrit le dossier ADN et en sortit une seconde page.

— Lorsque j’ai retrouvé Lucie, elle m’a refusé un test direct. J’ai donc obtenu un échantillon autrement. Ensuite, j’ai fait comparer son profil au mien.

Je pris le document.

« Compatibilité maternelle exclue. »

Je relus.

Une fois.

Deux fois.

— Qu’est-ce que ça veut dire ?

Sophie avait les yeux remplis de larmes.

— Que Lucie n’est pas ma fille biologique.

Je crus avoir mal lu.

— Mais la cassette… tu disais avoir accouché de deux filles.

— C’est ce que je croyais.

Elle posa une troisième analyse devant moi.

— Après avoir découvert ça, j’ai fait tester un échantillon que tu avais laissé chez moi avant ma disparition. Une mèche de cheveux que j’avais conservée dans une boîte.

Je compris avant même de regarder.

« Compatibilité maternelle exclue. »

Ma respiration s’arrêta.

— Tu n’es pas ma mère ?

Sophie prit ma main.

— Je suis ta mère. Je t’ai portée. Je t’ai mise au monde. Je t’ai élevée. Mais biologiquement…

Elle n’acheva pas.

— Comment est-ce possible ?

— C’est la question qui m’a ramenée vers les dossiers de fertilité d’Henri Delorme.

Elle sortit une fiche médicale.

Deux noms figuraient dessus.

Sophie Morel.

Hélène Delorme.

À côté, une annotation manuscrite :

« Embryons transférés — lots inversés. »

Je fixai ces mots.

— Non.

Sophie pleurait maintenant.

— Henri n’avait pas seulement utilisé son propre matériel génétique. Il avait également falsifié les transferts.

Mon téléphone sonna.

Antoine.

Je décrochai mécaniquement.

— Camille, j’ai retrouvé mon père.

— Où ?

— Dans une maison près de Belleville. Lucie est avec lui.

Puis sa voix changea.

— Mais il y a quelqu’un d’autre.

— Qui ?

Long silence.

— Ton père.

Laurent.

Je pris mes clés.

Sophie m’arrêta une dernière fois.

— Camille, si tu vas là-bas, ne demande pas seulement à Laurent pourquoi il a caché Lucie.

— Pourquoi ?

Elle posa son doigt sur la fiche médicale.

— Demande-lui qui a réellement accouché de toi.

Je la regardai.

Sophie prononça alors le nom que je redoutais déjà.

— Hélène.

Une heure plus tard, lorsque nous arrivâmes devant la maison indiquée par Antoine, je le trouvai près de l’entrée.

Il ne me regardait pas.

— Qu’est-ce qui se passe ?

Il leva enfin les yeux.

— Mon père vient de tout avouer.

— Quoi ?

Avant qu’il puisse répondre, la porte s’ouvrit.

Lucie apparut.

Pour la première fois, je vis mon propre visage dans celui d’une inconnue.

Les mêmes yeux.

La même forme de bouche.

Elle me fixa sans sourire.

Puis elle regarda Sophie derrière moi.

— Ne l’appelle pas maman, Camille.

Je restai figée.

Lucie fit un pas vers moi.

— Parce que Sophie n’a accouché ni de toi ni de moi.

Derrière elle, Laurent apparut.

L’homme que j’avais appelé papa toute ma vie semblait soudain incapable de me regarder.

Lucie continua :

— Nous sommes bien jumelles.

Elle tourna les yeux vers Antoine.

— Mais si Philippe vient enfin de dire la vérité, Hélène n’est pas seulement notre mère biologique.

Sa voix trembla.

— Elle est aussi la mère biologique d’Antoine.

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