L’alarme continue déchira la salle d’accouchement.
Pendant une seconde atroce, Julien ne fit rien.
Il me regarda simplement, comme si son esprit refusait d’accepter ce que le moniteur était en train de lui annoncer.
Puis le mari disparut, et le médecin prit le relais.
« Déclenchez le protocole de transfusion massive ! » cria-t-il. « Préparez le bloc opératoire immédiatement ! »
Les infirmières réagirent sur-le-champ, mais leurs visages trahissaient la vérité.
Tout cela aurait dû être fait plus tôt.
Ma vision se rétrécit tandis que des mains appuyaient sur mon abdomen. Quelqu’un plaça un masque à oxygène sur mon visage. Une autre infirmière emmena mon nouveau-né vers la table chauffante, et ses petits cris devinrent de plus en plus faibles sous le vacarme des alarmes.
« Restez avec nous, docteur Moreau », me supplia l’infirmière assistante.
J’essayai de répondre, mais aucun son ne sortit.
Julien se pencha au-dessus de moi, la panique effaçant jusqu’à la moindre trace de la cruauté dont il avait fait preuve un peu plus tôt.
« Amélie, regarde-moi. »
Je le fis.
Pour la première fois cette nuit-là, il avait l’air terrifié.
Pas pour sa réputation.
Pas pour Sophie.
Pour moi.
« Je suis désolé », murmura-t-il. « S’il te plaît, ne me laisse pas. »
Ces mots arrivèrent trop tard.
Les lumières du plafond se brouillèrent tandis qu’on me transportait en urgence vers le bloc. À travers les portes ouvertes, j’aperçus Sophie adossée au mur, pâle et tremblante.
Elle tenait quelque chose dans la main.
Mon téléphone.
Je l’avais laissé dans mon sac d’hôpital.
Avant que les portes ne se referment, Sophie le glissa dans la poche de sa blouse et se hâta vers l’escalier de service.
Trois heures plus tard, j’ouvris les yeux en réanimation.
J’avais l’impression qu’on m’avait tailladé le ventre. Des tuyaux m’entouraient, et chaque respiration me brûlait. Julien était assis près du lit, la tête entre les mains.
Au moment où il comprit que j’étais réveillée, il tomba à genoux.
« Le bébé ? » demandai-je d’une voix rauque.
« Il est vivant », répondit Julien. « Ils ont réussi à le stabiliser. »
Le soulagement faillit me briser.
Puis deux administrateurs de l’hôpital entrèrent, accompagnés de la directrice juridique.
L’un d’eux posa sur la table un sachet de preuves scellé.
À l’intérieur se trouvait le badge d’accès de Sophie.
« Nous avons visionné les caméras de la salle d’accouchement », dit l’administrateur. « Elle a modifié les mesures fœtales, falsifié le dossier de la péridurale et envoyé des messages depuis votre téléphone. »
Julien devint livide.
« Quels messages ? »
La juriste le regarda droit dans les yeux.
« Des messages menaçant Sophie — conçus pour vous faire croire que votre femme l’avait agressée. »
Puis la porte s’ouvrit.
Un inspecteur de police entra, mon téléphone récupéré à la main.
« Il y a autre chose », dit-il. « Sophie n’agissait pas seule. »
Derrière lui se tenait la mère de Julien.
Et elle souriait.
À suivre — cliquez sur la Partie 3 pour continuer.







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