Divertissement

Mon Mari A Demandé Le Divorce Devant Toute Sa Famille — Puis J’Ai Posé Une Enveloppe Sur La Table Et Sa Mère Est Devenue Livide

Pendant quelques secondes, je n’ai entendu que le bourdonnement du réfrigérateur dans la cuisine et le bruit lointain d’une voiture passant devant la maison. Je fixais la photographie sur le téléphone de Sophie. Julien, la femme blonde et Maître Delmas étaient assis autour d’une petite table ronde, sous la terrasse vitrée d’un restaurant que je reconnus après quelques secondes : un établissement discret du sixième arrondissement de Lyon. La photo semblait récente. Très récente.

— D’où vient cette photo ?

Sophie a hésité avant de répondre.

— Une amie me l’a envoyée mardi dernier. Elle connaît Julien. Elle m’a demandé si la femme à côté de lui était une collègue.

Je me suis tournée vers mon mari.

— Mardi dernier ?

Julien avait retrouvé un peu de contenance.

— C’était un rendez-vous professionnel.

— Avec notre ancien notaire ?

— Delmas connaît beaucoup de monde. J’avais besoin d’un conseil.

Je lui ai montré l’écran.

— Et elle ?

Son regard a glissé vers la femme blonde.

— Une cliente.

Sophie a laissé échapper un rire sec.

— Arrête, Julien.

Monique, qui quelques minutes auparavant semblait prête à me rendre responsable de tout, s’est approchée.

— Qui est cette femme ?

— Personne.

— Alors pourquoi tu déjeunais avec “personne” et un notaire sans en parler à ta femme ?

Julien a repoussé sa chaise avec agacement.

— Parce que je savais exactement ce qui allait arriver si Claire l’apprenait. Tout serait transformé en accusation.

Je l’ai observé attentivement. Pendant huit ans, j’avais appris ses petites habitudes. Quand Julien mentait, il ne regardait jamais longtemps la personne à qui il parlait. Il cherchait quelque chose à faire : ranger un verre, déplacer ses clés, vérifier son téléphone.

À cet instant, il venait justement de prendre son téléphone.

— Pose-le, ai-je dit.

Il m’a regardée.

— Pardon ?

— Ton téléphone. Pose-le.

— Tu n’as aucun ordre à me donner.

Puis il a commencé à taper rapidement.

J’ai senti mon ventre se nouer.

— Tu préviens qui ?

Il s’est immobilisé.

Gérard s’est levé à son tour.

— Julien, pose ce téléphone.

Pour la première fois, mon mari semblait comprendre que la soirée lui échappait complètement. Il a posé l’appareil sur la table, mais l’écran s’est allumé avant de s’éteindre.

Un prénom est apparu.

Élodie.

Sophie l’a vu.

Moi aussi.

— La cliente ? ai-je demandé.

Julien n’a pas répondu.

Je n’avais même pas besoin d’une confession. Son silence suffisait.

Pourtant, ce qui me préoccupait le plus n’était pas Élodie. Une liaison aurait expliqué le divorce. Elle n’expliquait pas la présence de Maître Delmas.

Je suis partie quelques minutes plus tard malgré les protestations de Monique. Sophie m’a accompagnée jusqu’à ma voiture. La nuit était fraîche, et une bruine fine commençait à tomber.

Avant que j’ouvre ma portière, elle m’a retenue.

— Claire, il y a autre chose.

Je l’ai regardée.

— Quoi ?

— Julien m’a demandé quelque chose il y a environ deux mois. Je n’y ai pas prêté attention sur le moment.

Elle baissa la voix.

— Il voulait savoir si j’avais encore une copie de ta signature.

— Ma signature ?

— Sur les documents de l’association familiale. Tu te souviens ? Quand tu étais trésorière.

Une sensation froide m’a traversée.

— Pourquoi aurait-il besoin de ça ?

— Il prétendait vouloir comparer une signature sur un vieux contrat.

— Tu lui as donné quelque chose ?

— Non.

Elle a hésité.

— Mais maman conserve tous les anciens dossiers.

Je suis remontée immédiatement dans la maison.

Monique était encore près de la table lorsque je suis entrée.

— Où sont les archives de l’association ?

Elle a froncé les sourcils.

— Pourquoi ?

— Les documents que j’ai signés il y a quelques années. Où sont-ils ?

Julien s’est tourné vers Sophie.

— Qu’est-ce que tu lui as raconté ?

Cette réaction a suffi.

Je me suis approchée de lui.

— Pourquoi cherchais-tu un modèle de ma signature ?

— Je ne cherchais rien du tout.

— Sophie vient de me dire le contraire.

— Sophie comprend toujours tout de travers.

— Alors explique.

Il n’a rien expliqué.

Monique semblait maintenant réellement inquiète.

— Les dossiers sont dans le bureau de Gérard.

Nous avons ouvert l’armoire où elle conservait les classeurs de l’association. Le dossier de l’année où j’avais été trésorière était là.

Mais certaines pages avaient disparu.

Celles qui portaient ma signature.

Julien a quitté la pièce sans un mot.

Je n’ai pas essayé de le retenir.

Cette nuit-là, je n’ai pas dormi. J’ai pris une chambre dans un petit hôtel près de Lyon et j’ai passé des heures à regarder la pluie couler sur la fenêtre. À six heures quarante-sept, mon téléphone a vibré.

Un numéro inconnu.

J’ai décroché.

— Madame Martin ?

— Oui.

— Ici Maître Delmas.

Je me suis redressée.

Sa voix semblait tendue.

— Nous devons nous voir aujourd’hui. Sans votre mari.

— Pourquoi ?

Un silence.

— Parce que Julien m’a demandé il y a plusieurs semaines de préparer un document concernant votre maison.

Mon cœur s’est mis à battre plus vite.

— Quel document ?

— Un projet de reconnaissance de dette.

Je suis restée silencieuse.

— Je n’ai jamais signé de reconnaissance de dette.

— Je le sais.

Sa réponse m’a glacée.

— Alors pourquoi m’appelez-vous ?

Delmas a respiré profondément.

— Parce que le document que Julien m’a présenté porte votre signature.

Je me suis levée d’un bond.

— Vous venez de dire que je ne l’ai jamais signé.

— C’est précisément le problème.

Il s’est interrompu quelques secondes avant d’ajouter :

— Et ce n’est pas le seul document sur lequel votre signature apparaît.

Je n’ai pas eu le temps de répondre.

Une notification venait d’apparaître sur mon écran. Ma banque.

Tentative de virement : 186 000 euros.

Puis une seconde notification.

Bénéficiaire : JF Conseil.

JF.

Les initiales de Julien Fournier.

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