Divertissement

Mon Mari A Demandé Le Divorce Devant Toute Sa Famille — Puis J’Ai Posé Une Enveloppe Sur La Table Et Sa Mère Est Devenue Livide

Je suis restée face à Julien sans parvenir à détourner les yeux. Mort depuis onze ans. Pourtant, la lettre de ma grand-mère faisait référence à Antoine Fournier comme à un homme à qui elle avait confié des documents concernant près d’un demi-million d’euros. Ma grand-mère était morte six ans plus tôt. Si elle lui avait réellement remis cette annexe peu avant son décès, quelque chose ne correspondait pas.

— Quand est mort Antoine ?

Julien a regardé mon avocate plutôt que moi.

— En 2015.

— Ma grand-mère a écrit cette lettre en 2020.

Il n’a rien répondu.

Mon avocate, Maître Renaud, a demandé que l’inventaire continue. Au fond du troisième dossier, nous avons trouvé plusieurs courriers portant l’en-tête d’un ancien cabinet juridique de Grenoble. Antoine Fournier y apparaissait comme conseil patrimonial. Le dernier document officiel était daté de 2015. Après cela, plus rien.

Sauf la lettre de ma grand-mère.

Et une petite carte blanche sur laquelle un numéro avait été écrit à la main.

Je l’ai photographiée.

Julien a immédiatement réagi.

— Ne l’appelle pas.

— Tu viens de me dire qu’il est mort.

— Claire…

— Alors qui répondra ?

Son silence était presque une réponse.

Une fois l’inventaire terminé, Julien est parti sans me regarder. Je suis restée avec Maître Renaud dans son cabinet pendant qu’elle vérifiait les premières informations. Antoine Fournier avait effectivement été déclaré mort après un accident de randonnée dans les Alpes. Son corps n’avait jamais été retrouvé. Après plusieurs années, une décision judiciaire avait établi son décès.

— Donc il pourrait être vivant.

— Juridiquement, il est mort, répondit-elle. Factuellement, l’absence de corps laisse évidemment des questions.

— Pourquoi Julien aurait-il peur que je le cherche ?

— C’est ce que nous devons découvrir.

Je pensais aux 480 000 euros. À l’annexe cachée. Aux faux documents. À l’argent de Gérard détourné. Tout semblait tourner autour de Grenoble et de la famille Fournier bien avant mon divorce.

J’ai composé le numéro.

Une sonnerie.

Deux.

Puis une voix automatique annonça que la ligne n’était plus attribuée.

Je ressentis presque du soulagement.

Jusqu’à ce que mon téléphone vibre trente secondes plus tard.

Un SMS provenant d’un autre numéro.

“Ne rappelez pas. 17 h 30. Café des Tilleuls, Grenoble. Venez seule.”

Maître Renaud a lu le message.

— Vous n’irez pas seule.

— Le message l’exige.

— Et moi, je suis votre avocate. Je peux être suffisamment loin pour ne pas intervenir, mais suffisamment près pour savoir où vous êtes.

À 17 h 25, j’étais assise au fond du Café des Tilleuls. Maître Renaud attendait dans une voiture à proximité. J’avais envoyé ma position à Sophie.

À 17 h 34, un homme est entré.

Environ soixante ans. Cheveux gris, lunettes fines, manteau sombre.

Il s’est assis devant moi sans commander.

— Claire Martin ?

— Antoine Fournier ?

Il eut un sourire triste.

— Ce nom ne devrait plus exister.

Mon cœur s’est accéléré.

— Vous êtes donc vivant.

— Comme vous pouvez le constater.

— Pourquoi tout le monde vous croit mort ?

— Parce que c’était nécessaire.

— Pour qui ?

Il me fixa.

— Pour votre grand-mère.

Cette réponse me coupa le souffle.

Antoine m’expliqua qu’il avait rencontré ma grand-mère lorsqu’elle cherchait à restructurer plusieurs investissements après la mort de mon grand-père. Une partie de son patrimoine avait été placée dans des sociétés dont certaines étaient ensuite devenues liées à Avenir Patrimoine.

— La société de Gérard.

— Oui. Mais Gérard n’était pas le problème à cette époque.

— Qui l’était ?

Antoine regarda autour de lui avant de répondre.

— Mon frère.

Je fronçai les sourcils.

— Gérard ?

— Non.

Il comprit immédiatement ma confusion.

— Gérard n’est pas mon frère.

Je restai silencieuse.

— Alors quel lien avez-vous avec Julien ?

Antoine baissa la voix.

— Julien m’appelle son oncle parce que c’est ainsi qu’on lui a appris à me présenter.

Une sensation désagréable me parcourut.

— Je ne comprends pas.

— Vous comprendrez. Mais pas avant d’avoir retrouvé l’argent de votre grand-mère.

Il sortit une enveloppe.

À l’intérieur se trouvaient plusieurs relevés datant de 2020. Le portefeuille de 480 000 euros existait réellement. Pourtant, quelques mois après le décès de ma grand-mère, les actifs avaient été déplacés.

— Vers où ?

Antoine pointa une série de références.

— Plusieurs structures. Certaines ont disparu. Mais environ 310 000 euros ont fini dans une société créée à Grenoble.

— Laquelle ?

Fournier Développement.

— Julien ?

— Pas officiellement.

Il me tendit un extrait ancien du registre.

Le nom du dirigeant me fit froncer les sourcils.

Élodie Caron.

Je me suis adossée à ma chaise.

— Donc Élodie connaissait Julien depuis bien avant l’appartement.

— Oui.

— Ils ont volé l’héritage de ma grand-mère ensemble ?

— Je n’ai pas dit cela.

— Alors qu’est-ce que vous dites ?

Antoine se pencha légèrement vers moi.

— Élodie travaillait pour quelqu’un.

— Qui ?

— La personne qui avait accès aux dossiers de votre grand-mère avant même que Julien ne vous rencontre.

Je sentis ma gorge se serrer.

— Julien m’a rencontrée il y a dix ans.

— Je sais.

Antoine sortit alors une photographie ancienne.

Ma grand-mère y apparaissait devant une maison de campagne. À côté d’elle se tenait Antoine, beaucoup plus jeune.

Et derrière eux, légèrement flou, un troisième homme.

Je reconnus son visage.

Gérard.

— Vous venez de dire qu’il n’était pas impliqué.

— Je vous ai dit qu’il n’était pas le problème à cette époque.

— Quelle différence ?

Antoine ne répondit pas immédiatement.

Puis il posa un doigt sur la date inscrite au dos.

Juin 2014.

— Votre rencontre avec Julien n’a peut-être pas été aussi accidentelle que vous le pensez.

Je relevai brusquement les yeux.

— Qu’est-ce que ça signifie ?

— Demandez-lui où il vous a réellement vue pour la première fois.

— Je sais où nous nous sommes rencontrés. À l’anniversaire d’une amie.

Antoine secoua lentement la tête.

— Non, Claire. C’est là qu’il s’est présenté à vous.

Il remit la photographie dans ma main.

— Mais Julien vous avait déjà vue auparavant.

Mon téléphone vibra.

Un message de Sophie.

“Claire, papa vient d’avouer quelque chose à maman. Rentre à Lyon immédiatement.”

Puis un deuxième message arriva.

“Julien ne t’a pas rencontrée par hasard. Papa affirme que c’est lui qui lui a demandé de se rapprocher de toi.”

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