Divertissement

Le Jour De Mon Mariage, J’ai Reconnu Au Cou De Ma Belle-Mère Le Médaillon De Ma Mère Disparue 17 Ans Plus Tôt… Sa Réaction M’a Glacée

— Parce que ta mère me l’a donné elle-même.

Pendant quelques secondes, je suis restée incapable de comprendre les mots d’Hélène. Autour de nous, les quatre-vingts invités semblaient avoir disparu. Je n’entendais plus les chuchotements, ni le froissement des robes, ni même la respiration d’Antoine près de moi. Il ne restait que cette femme devant laquelle j’avais passé quatre années à sourire poliment lors des déjeuners de famille, et le médaillon qu’elle tenait maintenant contre sa poitrine comme si elle avait peur que je le lui arrache.

— C’est impossible.

Ma voix était sortie plus basse que je ne l’aurais voulu.

Hélène secoua lentement la tête.

— Non, Camille.

— Ma mère n’aurait jamais donné ce collier à quelqu’un. Mon père le lui avait offert avant ma naissance.

À la mention de mon père, quelque chose passa dans ses yeux. Un mouvement presque imperceptible, mais je le vis.

Antoine se rapprocha.

— Maman, qu’est-ce que ça signifie ?

Elle tourna son visage vers lui.

— Pas ici.

J’eus un rire bref, sans joie.

— Vous plaisantez ?

Je désignai les invités d’un geste tremblant.

— Vous avez porté le bijou de ma mère à mon mariage. Vous saviez parfaitement qui j’étais depuis le premier jour où Antoine m’a présentée à vous. Et maintenant vous me demandez d’aller discuter tranquillement dans une autre pièce ?

— Camille…

— Depuis combien de temps connaissez-vous ma mère ?

Hélène baissa les yeux.

Cette hésitation fut pire qu’un aveu.

— Depuis bien avant sa disparition.

Antoine recula comme s’il venait de recevoir un coup.

— Tu connaissais Sophie ?

Sa mère releva brusquement la tête.

— Oui.

Je sentis mes jambes devenir molles.

Quatre ans.

Pendant quatre années, j’avais raconté devant elle des souvenirs de mon enfance. J’avais parlé de l’absence de ma mère, de mon père qui s’était enfermé dans le silence après son départ, de mes nuits passées à imaginer Sophie vivante quelque part. Hélène m’avait écoutée. Parfois même, elle avait posé sa main sur mon bras en me disant qu’il existait des blessures que seul le temps pouvait adoucir.

Et elle savait.

— Comment ? demandai-je.

Hélène regarda l’officiant, puis les invités.

— Il faut que nous allions ailleurs.

Cette fois, Antoine intervint.

— Tout le monde dehors.

Son père, Philippe Delorme, qui n’avait pas prononcé un mot depuis le début de la scène, se leva brutalement.

— Antoine, tu ne vas pas transformer ton mariage en spectacle.

Je tournai la tête vers lui.

Son visage était fermé, mais sa main droite tremblait.

Je connaissais Philippe comme un homme distant, peu démonstratif. Pourtant, à cet instant, je compris quelque chose qui me fit encore plus peur : lui aussi savait.

— Vous êtes au courant, n’est-ce pas ?

Il ne répondit pas.

Hélène pâlit.

— Philippe, ne dis rien.

Cette phrase suffit.

Antoine fixa ses parents.

— Depuis quand est-ce que vous me mentez ?

Philippe serra la mâchoire.

— Ce n’est pas ce que tu crois.

— Alors explique-moi ce que je dois croire !

Sa voix résonna sous les voûtes de pierre du domaine.

Quelques minutes plus tard, la salle était presque vide. Ma sœur Élodie refusait de partir, mais je lui demandai de m’attendre dehors. Elle me prit les mains.

— Tu veux vraiment rester seule avec eux ?

Je regardai Antoine.

Je ne savais même plus si je pouvais encore le considérer comme quelqu’un de mon côté.

— Oui.

Lorsque les portes se refermèrent, nous n’étions plus que quatre.

Hélène s’assit lentement sur une chaise du premier rang.

Puis, avec des doigts tremblants, elle retira le collier.

Elle le posa dans ma paume.

Le contact du métal froid me ramena immédiatement dix-sept ans en arrière. Je revoyais ma mère devant le miroir de sa chambre, relevant ses cheveux pendant que je jouais avec le médaillon.

Je le retournai.

S.L.

Et sous les initiales, la petite rayure diagonale que j’avais moi-même faite accidentellement avec une épingle lorsque j’avais neuf ans.

C’était bien le sien.

— Quand vous l’a-t-elle donné ?

Hélène prit une longue inspiration.

— Le 14 octobre.

Mon cœur s’arrêta presque.

C’était la date de sa disparition.

— À quelle heure ?

— Peu après vingt-trois heures.

Je la fixai.

Mon père avait toujours affirmé que Sophie avait quitté la maison vers vingt heures trente. Il disait avoir trouvé sa lettre d’adieu sur la table de la cuisine en rentrant du travail.

Si Hélène l’avait vue à vingt-trois heures, alors ma mère n’était pas partie immédiatement.

— Où ?

Cette fois, Hélène regarda Philippe.

Il murmura :

— Ne fais pas ça.

Elle ferma les yeux.

— À Villefranche-sur-Saône. Dans un ancien cabinet médical qui appartenait à mon père.

Je sentis une nausée monter.

— Pourquoi ma mère était-elle là ?

Hélène hésita.

— Parce qu’elle avait découvert quelque chose.

Antoine se pencha vers elle.

— Quoi ?

— Quelque chose concernant les deux familles.

Je fronçai les sourcils.

— Nos familles ne se connaissaient pas.

Hélène me regarda avec une tristesse étrange.

— C’est ce qu’on vous a fait croire.

Philippe se leva.

— Ça suffit.

— Non, répondit-elle.

Pour la première fois, elle lui parla avec une dureté que je ne lui connaissais pas.

— On a gardé le silence pendant dix-sept ans. Regarde où ça nous a conduits.

Philippe s’approcha d’elle.

— Tu avais promis.

— Et Sophie avait promis de revenir chercher ce médaillon.

Un frisson parcourut mon dos.

— Revenir ?

Hélène hocha lentement la tête.

— Elle m’a demandé de le garder pendant qu’elle allait rencontrer quelqu’un. Elle disait que si cette personne comprenait ce qu’elle avait découvert, elle risquait de vouloir récupérer toutes les preuves.

— Quelle personne ?

Hélène ne répondit pas.

— Qui devait-elle rencontrer ?

Elle serra les lèvres.

Je fis un pas vers elle.

— Pendant dix-sept ans, j’ai cru que ma mère m’avait abandonnée. Si vous savez qui elle devait rencontrer cette nuit-là, vous allez me le dire.

Hélène leva les yeux vers moi.

— Ton père.

Je restai immobile.

— Mon père était au travail.

Philippe détourna immédiatement le regard.

Et je compris avant même qu’Hélène ne parle.

— Non, Camille. Ce soir-là, Laurent n’était pas au travail.

Le prénom de mon père prononcé par Hélène avec une telle familiarité me donna froid.

— Comment pouvez-vous le savoir ?

Elle ne répondit pas immédiatement.

Puis elle se leva et s’approcha de moi.

— Parce que nous étions tous les quatre dans ce cabinet cette nuit-là.

Antoine devint livide.

— Tous les quatre ?

— Sophie. Laurent. Philippe. Et moi.

Je regardai Philippe.

Il semblait soudain avoir vieilli de dix ans.

— Qu’est-ce qui s’est passé ?

Personne ne répondit.

Alors mon téléphone vibra dans mon bouquet posé sur une chaise.

Je faillis l’ignorer.

Il vibra une seconde fois.

Numéro masqué.

J’ouvris le message.

Une photographie apparut.

Je reconnus immédiatement ma mère.

Elle était debout devant une voiture sombre, prise apparemment le soir. La date inscrite dans le coin de l’image était celle de sa disparition.

Mais ce n’était pas cela qui me coupa le souffle.

À côté d’elle se tenait Hélène.

Et entre elles, un homme que je n’avais jamais vu de ma vie.

Sous la photographie, une seule phrase était écrite :

« Si Hélène t’a parlé du cabinet, ne crois pas sa version. Demande-lui plutôt ce qu’elle a fait à Sophie après minuit. »

Je levai lentement les yeux.

Hélène avait vu l’écran.

Toute couleur avait quitté son visage.

— Qui t’a envoyé ça ?

— Je n’en sais rien.

Elle fit un pas vers moi.

— Camille, écoute-moi. Il y a une chose que tu dois comprendre avant de regarder cette photo autrement…

La porte de la salle s’ouvrit brusquement.

Élodie entra, essoufflée, tenant une grande enveloppe beige.

— Camille…

Elle s’arrêta en voyant nos visages.

— Un homme vient de me donner ça devant le domaine. Il est reparti immédiatement.

Sur le devant de l’enveloppe, mon prénom était écrit à la main.

Je reconnus l’écriture avant même de la toucher.

Pendant dix-sept ans, j’avais conservé les cartes d’anniversaire que ma mère m’avait écrites lorsque j’étais enfant.

C’était son écriture.

J’ouvris l’enveloppe.

À l’intérieur se trouvait une feuille pliée en deux.

Et dans le coin supérieur, trois mots avaient été écrits :

« Ma chère Camille… »

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