Le Jour Où Je Suis Retournée Dans Ma Maison Au Bord Du Lac, Ma Famille Était En Train De Me Voler Ma Vie — Puis J’ai Découvert Le Secret Que Mon Grand-Père Avait Caché Pendant 30 Ans

Je suis restée devant la voiture vide avec la feuille entre les mains, incapable de décider si j’étais davantage terrifiée par ce qu’elle disait ou par ce qu’elle ne disait pas. Mon grand-père avait-il réellement acheté la maison pour me cacher ? Et surtout, de qui voulait-il me cacher ? Derrière moi, j’entendais les pas de Mathieu sur le gravier. Il s’est arrêté à quelques mètres de moi.

« Qu’est-ce qu’il y a écrit ? »

Je lui ai tendu la feuille.

Il l’a lue, puis son regard s’est durci.

« Tu ne vas pas y aller. »

« Je n’ai pas encore décidé. »

« Aurélie, cet homme vient de déposer une enveloppe avec une adresse et une heure. Après tout ce qui vient de se passer, tu ne peux pas sérieusement envisager de te rendre seule là-bas. »

Je me suis tournée vers lui.

« Il y a quelques heures, tu étais en train de détruire ma maison sans mon autorisation. Maintenant tu veux me protéger ? »

Il a encaissé mes paroles sans répondre.

Je regrettais presque immédiatement de les avoir prononcées. Mathieu avait fait quelque chose de grave, mais je commençais à comprendre qu’il n’était peut-être pas le véritable responsable de tout ce qui se passait. Quelqu’un l’avait manipulé. Quelqu’un avait utilisé ses dettes et sa faiblesse pour entrer dans ma vie.

Nous sommes retournés dans la maison. Ma mère était assise dans le salon éventré, les mains jointes sur ses genoux. Élodie se tenait près d’une fenêtre brisée. Les trois hommes continuaient leur inspection.

J’ai posé la feuille devant Sylvie.

« Tu connais cette adresse ? »

Elle l’a regardée.

Son visage a changé.

« Oui. »

Je me suis immobilisée.

« Où est-ce ? »

« Une ancienne maison de ton grand-père. »

« Il en avait une autre ? »

« Pas officiellement. »

J’ai senti ma patience disparaître.

« Arrête de me donner des réponses incomplètes. »

Elle a respiré difficilement.

« Elle se trouve à environ quarante minutes d’ici. Il y a longtemps, ton grand-père y conservait certains documents professionnels. Il ne voulait pas que quiconque sache qu’elle existait. »

« Même moi ? »

« Surtout toi. »

Cette réponse m’a frappée plus violemment que je ne l’aurais voulu.

« Pourquoi surtout moi ? »

Sylvie a baissé les yeux.

« Parce que tu étais la seule personne qu’il voulait protéger. »

L’homme en costume, qui avait entendu la conversation, s’est approché.

« Il faut que nous y allions avant vingt-deux heures trente. »

Je l’ai regardé.

« Vous savez ce qu’il y a là-bas ? »

« Non. Mais si cette personne vous a donné cette adresse, elle pense que vous y trouverez quelque chose. »

« Et si c’est un piège ? »

« Alors nous devons être préparés. »

Nous avons quitté la maison peu après vingt et une heures. Mathieu voulait venir. J’ai accepté, malgré mes doutes. Je ne voulais plus que quelqu’un prenne une décision à ma place, mais je savais aussi que la présence de mon frère pouvait être importante. Il avait rencontré l’homme. Il pouvait le reconnaître.

La route traversait une forêt sombre. Les arbres formaient une voûte au-dessus de la chaussée et les phares découpaient des morceaux de brouillard. Pendant près de vingt minutes, personne n’a parlé.

Puis Mathieu a brisé le silence.

« Aurélie… je suis désolé. »

Je regardais la route à travers la vitre.

« Je sais. »

« Je pensais vraiment que maman avait réglé les choses. »

« Pourquoi ne m’avoir jamais appelée ? »

Il a hésité.

« Parce que j’avais honte. »

J’ai tourné la tête vers lui.

« De tes dettes ? »

« De tout. »

Il a baissé les yeux.

« L’homme m’a dit que si je refusais de l’aider, certaines personnes viendraient réclamer leur argent directement chez moi. J’ai paniqué. »

Je n’ai rien répondu.

Il a ajouté :

« Mais il y a quelque chose que je ne t’ai pas dit. »

Mon cœur s’est serré.

« Quoi ? »

« La première fois que je l’ai rencontré, il ne m’a pas parlé de la maison. »

« Alors de quoi ? »

Mathieu a regardé devant lui.

« De toi. »

La voiture est devenue silencieuse.

« Il connaissait ton nom, ton travail, tes habitudes. Il savait même que tu venais à la maison du lac seulement quelques fois par an. »

Un frisson m’a parcouru.

Tout à coup, la phrase sur l’enveloppe prenait un autre sens.

Mon grand-père n’avait peut-être pas seulement voulu me protéger d’un problème financier ou juridique.

Il avait peut-être voulu me protéger de quelqu’un.

Nous sommes finalement arrivés devant une vieille maison presque entièrement cachée par les arbres. Les volets étaient fermés. Une seule lumière brillait à l’étage.

Je suis descendue de voiture.

« Il y a quelqu’un », ai-je murmuré.

Nous avons avancé jusqu’à la porte.

Elle était entrouverte.

À l’intérieur, l’air était froid et sentait le papier ancien. Sur les murs étaient accrochées plusieurs photographies. Certaines représentaient mon grand-père. D’autres représentaient des personnes que je ne connaissais pas.

Puis j’ai aperçu une photographie récente.

J’ai fait un pas en arrière.

C’était moi.

Moi, devant la maison du lac.

La photo avait été prise quelques jours seulement avant mon retour.

Mathieu s’est approché.

« Quelqu’un te surveillait. »

Sur la table, un magnétophone s’est soudain mis en marche.

La voix de mon grand-père a rempli la pièce.

« Aurélie, si tu entends cet enregistrement, c’est que les choses sont allées beaucoup plus loin que je ne le craignais. »

Je me suis figée.

Puis sa voix a prononcé une phrase qui a fait disparaître toute chaleur de mon corps.

« L’homme que tu cherches n’est pas ton ennemi. Il travaille pour quelqu’un de beaucoup plus proche de toi. »

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