Divertissement

Mon Mari M’a Battue Jusqu’à L’Inconscience — Puis Mon Frère Médecin A Découvert Qu’Il Avait Aussi Volé Mon Identité

Julien ne toucha pas au sachet.

— Tu connais cet homme ?

— Jérôme Vasseur est directeur financier d’Apex depuis presque quatre ans.

Ma voix était faible, mais mon esprit, lui, venait de redevenir dangereusement clair.

J’avais travaillé trop longtemps dans l’analyse financière pour croire aux coïncidences. Une clé portant les initiales d’un directeur financier ne se retrouvait pas « par hasard » dans la doublure du manteau d’une femme battue quelques heures après avoir demandé un audit indépendant de l’entreprise.

Julien regarda l’infirmière.

— Qui a manipulé le manteau depuis l’arrivée de ma sœur ?

— Les ambulanciers l’ont placé avec ses effets personnels. Ensuite, il est resté au poste de soins.

— Son mari y a eu accès ?

L’infirmière hésita.


— Il était avec elle lorsqu’elle est arrivée. Avant qu’on lui demande d’attendre à l’extérieur, oui.

Je fermai les yeux.

Étienne aurait donc pu placer la clé lui-même.

Mais pourquoi utiliser les initiales de Jérôme ?

Pour l’accuser ?

Ou parce qu’il ignorait qu’elle se trouvait dans mon manteau ?

— Je veux savoir ce qu’il y a dessus, murmurai-je.

Julien secoua immédiatement la tête.

— Pas sur un ordinateur de l’hôpital.

— Je sais.


Je le regardai.

— Et pas avant que la police ne l’ait enregistrée comme pièce potentielle.

Un léger soulagement passa dans ses yeux. Peut-être parce qu’il retrouvait enfin la sœur qu’il connaissait, celle qui réfléchissait avant d’agir.

Une heure plus tard, deux enquêteurs vinrent recueillir ma déclaration.

Raconter ce qu’Étienne m’avait fait fut plus difficile que je ne l’avais imaginé.

Pas parce que j’avais oublié.

Parce que je me souvenais de tout.

La première gifle que je n’avais jamais signalée.

La fois où il avait brisé mon téléphone puis prétendu l’avoir fait tomber.

La serrure ajoutée à la porte de son bureau.


Les accès bancaires modifiés.

Les mots de passe qu’il disait vouloir « centraliser ».

À mesure que je parlais, je comprenais avec une honte presque physique combien de violences j’avais renommées pour pouvoir continuer à vivre avec elles.

Stress.

Jalousie.

Colère.

Accident.

Jamais violence.

L’un des policiers me demanda :

— Votre mari savait-il que vous conserviez des preuves ?


— Il savait que je préparais quelque chose. Pas exactement quoi.

— Et concernant Apex Développement ?

Je pris une inspiration.

— Je soupçonnais des détournements.

Julien tourna brusquement la tête vers moi.

Je ne lui avais jamais dit cela aussi clairement.

— De quel montant ? demanda l’enquêteur.

— Je n’en étais pas encore certaine. Mais les transactions identifiées dépassaient déjà deux millions d’euros.

Le silence changea dans la pièce.

Deux millions n’étaient plus une anomalie comptable.


C’était une structure.

— Et votre mari pouvait autoriser ces paiements ?

— Oui. Mais certains portaient ma signature électronique.

— Vous affirmez qu’elle a été utilisée sans votre accord ?

— Oui.

Je m’arrêtai.

— Et si c’est bien ce qui s’est passé, quelqu’un avait besoin que je sois juridiquement associée aux transferts.

Cette phrase resta suspendue dans l’air.

Pour la première fois, je compris toute la portée du danger.

Étienne ne cherchait peut-être pas seulement à me voler.


Il pouvait être en train de fabriquer une histoire dans laquelle j’étais responsable avec lui.

Ou à sa place.

Lorsque les enquêteurs repartirent avec la clé placée sous scellés, Julien ferma la porte.

— Tu savais qu’il y avait deux millions ?

— Je savais qu’il y avait au moins deux millions.

— Claire…

— C’est pour ça que j’avais demandé l’audit.

Il passa une main sur son visage.

— Et tu continuais à dormir sous le même toit que lui.

— Je pensais qu’il ignorait que j’avais trouvé les transferts.


— Jusqu’à hier.

— Oui.

Julien resta debout devant la fenêtre.

— Tu crois que Vasseur travaille avec lui ?

Je repensai à Jérôme.

Toujours discret.

Toujours impeccable.

Un homme d’une cinquantaine d’années qui parlait peu pendant les réunions, notait tout sur des carnets au lieu d’utiliser une tablette et évitait les plaisanteries d’Étienne.

Depuis des mois, j’avais interprété son comportement comme de la prudence professionnelle.

Puis un souvenir me revint.


Trois semaines plus tôt, à la sortie d’une réunion, Jérôme m’avait retenue quelques secondes dans le couloir.

— Madame Morel, avait-il dit, vous devriez vérifier personnellement les délégations de signature enregistrées cette année.

J’avais cru à une remarque technique.

— Pourquoi ?

Il avait regardé derrière moi avant de répondre.

— Parce que les accès racontent parfois une histoire différente des comptes.

Puis Étienne était arrivé.

Jérôme avait immédiatement changé de sujet.

Je racontai la scène à Julien.

— Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ?


— Parce que je n’avais pas compris que c’était un avertissement.

Mon téléphone ayant disparu, Julien me prêta le sien.

— Tu connais son numéro ?

— Non. Mais son adresse professionnelle est dans ma messagerie sécurisée.

J’hésitai.

— Si Étienne contrôle encore les serveurs d’Apex, je ne veux rien envoyer depuis là.

Je me rappelai alors que Jérôme m’avait donné, plusieurs mois auparavant, une carte de visite personnelle après une réunion fiscale.

Je l’avais photographiée.

Et mes photos étaient sauvegardées dans mon espace chiffré.

Quelques minutes plus tard, nous retrouvâmes le numéro.


Julien composa.

Une sonnerie.

Puis deux.

Puis cinq.

Aucune réponse.

Il rappela.

Même chose.

Je lui demandai de me donner le téléphone et laissai un message.

— Jérôme, c’est Claire. Si vous m’avez laissé quelque chose, j’ai besoin de savoir pourquoi. Ne contactez pas Apex. Appelez-moi uniquement sur ce numéro.

Je raccrochai.

Le téléphone vibra moins d’une minute plus tard.

Pas un appel.

Un message.

Numéro inconnu.

Une seule phrase.

« N’utilisez plus aucun accès Apex. Ils sont tous enregistrés à votre nom. »

Je sentis mon estomac se nouer.

Puis un second message arriva.

« Je n’ai pas mis la clé dans votre manteau. Je l’ai cachée dans votre bureau il y a quatre jours. »

Julien me regarda.

— Donc quelqu’un l’a trouvée.

Je relus les mots.

Une troisième notification apparut.

Cette fois, il y avait une photographie.

Un document interne d’Apex.

En haut figurait mon nom.

CLAIRE MOREL.

Sous mon nom, une délégation électronique autorisant des opérations financières jusqu’à cinq millions d’euros.

La signature semblait être la mienne.

Mais je savais immédiatement qu’elle ne l’était pas.

Je descendis jusqu’à la date.

Six mois plus tôt.

Exactement la semaine où Étienne m’avait convaincue de lui confier mon nouvel ordinateur professionnel, prétextant qu’un technicien d’Apex devait « renforcer sa sécurité ».

Un quatrième message arriva.

« Votre mari n’essayait pas seulement de cacher de l’argent. Il préparait votre responsabilité. »

Je restai immobile.

Toutes les pièces que j’avais observées séparément venaient de changer de forme.

Les comptes communs.

La confiscation de mon téléphone.

Les mots de passe.

Les signatures électroniques.

Les sociétés sous-traitantes.

Même sa colère lorsqu’il avait découvert l’audit.

Il n’avait pas simplement eu peur que je découvre ce qu’il faisait.

Il avait eu peur que je découvre ce qu’il faisait en mon nom.

Puis Julien reçut un dernier message de Jérôme.

Cette fois, seulement cinq mots.

« Demandez pourquoi l’audit précédent a disparu. »

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