Divertissement

Pendant Quinze Ans, Mes Parents M’ont Traitée De Ratée — Jusqu’au Jour Où Mamie A Envoyé Un Message Codé Qui A Révélé Leur Terrible Secret

Le déclic de la serrure fut presque imperceptible.

Mais je l’entendis.

Après quinze années passées à écouter des suspects mentir, à repérer les silences qui duraient une seconde de trop et à observer les gestes que les gens faisaient lorsqu’ils pensaient que personne ne les regardait, je savais reconnaître le moment précis où une situation changeait de nature.

Ma mère venait de verrouiller la porte.

Et elle souriait.

Je me relevai lentement sans quitter Catherine des yeux.

« Maman, éloigne-toi de la porte. »

Son sourire s’élargit à peine.

« Toujours aussi autoritaire, Manon. Qui aurait cru que ma fille incapable de garder un emploi plus de quelques mois finirait par donner des ordres à tout le monde ? »

Le commandant Morel fit un pas dans sa direction.


« Madame, ouvrez cette porte. Maintenant. »

Elle ne bougea pas.

Derrière moi, l’un des policiers maintenait toujours l’homme au sol tandis que l’autre venait de passer les menottes à mon père. Philippe semblait soudain beaucoup plus vieux que quelques minutes auparavant. Il fixait Catherine avec une expression que je n’avais jamais vue sur son visage.

Pas de colère.

Pas de honte.

De la peur.

Je compris immédiatement que quelque chose clochait.

Mon père n’avait pas l’air d’un homme qui venait d’être arrêté avec sa complice.

Il avait l’air d’un homme qui venait de comprendre qu’il avait été sacrifié.

« Catherine… » murmura-t-il.


Elle tourna la tête vers lui.

« Tais-toi. »

Deux mots.

Rien de plus.

Mais Philippe obéit.

Mamie serra ma main.

Je sentis ses doigts trembler.

« Elle sait pour la clé », souffla-t-elle.

Je glissai discrètement la petite clé USB dans la poche intérieure de ma veste.

Ma mère le remarqua.


Bien sûr qu’elle le remarqua.

« Donne-la-moi. »

« Non. »

« Tu ne sais même pas ce qu’il y a dessus. »

« Toi, si. »

Pour la première fois, son expression changea.

Un léger durcissement autour de la bouche.

Je poursuivis.

« Papa a dit à cet homme qu’on lui avait garanti que les transactions étaient intraçables. Ça signifie qu’il ne maîtrisait pas le système. Quelqu’un lui fournissait les instructions, les comptes et les documents. »

Je regardai l’ordinateur sur la table.


« Et si Mamie dit vrai, cette clé contient quelque chose que tu ne voulais surtout pas qu’elle conserve. »

Catherine eut un petit rire.

« Tu crois encore que tout peut être compris avec des métadonnées et des adresses IP. »

« Non. Je crois que les gens font des erreurs. »

Je regardai mon père.

« Et les gens qui ont peur parlent souvent trop. »

Philippe leva les yeux vers moi.

Ma mère se retourna brutalement.

« Ne la regarde pas. »

Cette fois, Morel intervint.


« Madame, vous allez ouvrir cette porte et placer vos mains là où je peux les voir. »

Catherine soupira.

Puis elle sortit lentement quelque chose de la poche de son pantalon.

Le policier près de moi porta immédiatement la main à son arme.

« Les mains ! »

Ma mère leva un téléphone.

Rien d’autre.

Mais son écran affichait un compte à rebours.

Quatre minutes et trente-deux secondes.

Je sentis mon estomac se contracter.


« Qu’est-ce que c’est ? »

Elle me regarda.

« Une assurance. »

Morel fit un nouveau pas.

« Posez le téléphone. »

« Si je ne saisis pas un code avant la fin du compte à rebours, plusieurs fichiers sont envoyés automatiquement. »

Je savais ce qu’elle décrivait.

Un mécanisme de diffusion différée.

Un système simple pouvait être configuré pour envoyer des documents, des identifiants ou des instructions si l’utilisateur ne désactivait pas l’envoi à intervalles réguliers.

Une sorte de bouton de l’homme mort numérique.


« Quels fichiers ? » demandai-je.

« Ceux qui feront très mal à certaines personnes. »

« À qui ? »

« Tu poses la mauvaise question. »

Trois minutes cinquante-huit.

Morel me regarda.

Je secouai légèrement la tête.

Pas encore.

Saisir le téléphone de force pouvait déclencher autre chose. Effacement à distance, envoi immédiat, suppression d’un serveur.

Je ne savais pas.


Et ma mère comptait précisément là-dessus.

Mamie prit soudain la parole.

« Catherine, arrête. »

Ma mère tourna vers elle un regard glacé.

« Tout ça est arrivé parce que tu n’as jamais su rester à ta place. »

Mamie pâlit.

Je fis un pas devant elle.

« Ne lui parle pas comme ça. »

« Tu crois la protéger ? »

Catherine désigna la poche de ma veste.


« Elle t’a donné cette clé parce qu’elle pense qu’elle contient des preuves contre moi. Elle ne t’a pas dit comment elle les a obtenues. »

Je me tournai vers Mamie.

Elle baissa les yeux.

Une seconde.

Une seule.

Mais je la vis.

« Mamie ? »

« Ce n’est pas le moment. »

Mon instinct se mit à hurler.

Pas parce que je pensais qu’elle me mentait sur le réseau.


Mais parce qu’elle cachait quelque chose sur cette clé.

Deux minutes cinquante-neuf.

Mon père bougea brusquement sur sa chaise.

« Manon, écoute-moi. »

« Philippe ! » cria ma mère.

Morel se plaça immédiatement entre eux.

« Continuez », dit-il à mon père.

Philippe déglutit.

« Elle m’a dit que c’était juste de l’optimisation patrimoniale. Au début, je pensais vraiment que c’était légal. »

Ma mère éclata de rire.

« Pathétique. »

Mon père continua, plus vite.

« Puis j’ai compris que des signatures étaient falsifiées. J’ai voulu arrêter. Elle a dit que c’était trop tard. Que mon nom était déjà sur suffisamment de documents pour que toute l’affaire me retombe dessus. »

Je sentis la pièce se resserrer autour de moi.

« Depuis combien de temps ? »

« Trois ans. Peut-être quatre. »

« Et Mamie ? »

Son visage se décomposa.

« Catherine disait qu’on avait besoin d’un patrimoine propre pour faire transiter une grosse somme. Ta grand-mère devait signer quelques papiers, rien de plus. »

Mamie lui lança un regard rempli de dégoût.

« Vous comptiez vendre ma maison. »

Philippe baissa la tête.

Une minute cinquante-six.

Je regardai Catherine.

« Tu l’as utilisé. »

Elle haussa les épaules.

« Ton père voulait tellement prouver qu’il était plus intelligent que les autres qu’il suffisait de lui montrer une occasion de gagner de l’argent. »

Philippe ferma les yeux.

Je compris alors pourquoi ma mère avait verrouillé la porte.

Elle n’essayait pas réellement de nous empêcher de sortir.

Deux policiers armés se trouvaient dans la maison.

Elle savait parfaitement qu’elle ne pouvait pas nous retenir physiquement.

Elle gagnait du temps.

Je regardai le téléphone.

Une minute vingt-sept.

« Morel. Coupez le Wi-Fi. »

Ma mère cessa de sourire.

Ce fut tout ce dont j’avais besoin.

Le commandant saisit sa radio.

« Faites couper la connexion de la maison. Et brouillez les communications si possible. »

Catherine leva immédiatement le téléphone.

Je bondis.

Elle recula, mais l’un des agents lui attrapa le poignet.

Le téléphone tomba au sol.

L’écran se fissura.

Trente-neuf secondes.

Je le ramassai.

Aucun réseau Wi-Fi.

Mais quatre barres de connexion mobile.

« Elle utilise la 5G ! »

Morel ordonna au policier près de la fenêtre de récupérer le téléphone.

Catherine se débattit.

« Vous n’avez aucune idée de ce que vous faites ! »

« Alors explique-moi », dis-je.

Vingt-deux secondes.

Je regardai l’écran.

Une notification apparut.

**Synchronisation sécurisée en cours.**

Je ne pouvais pas arrêter un système que je ne connaissais pas en moins de vingt secondes.

Alors je fis la seule chose qui me restait.

J’éteignis brutalement le téléphone.

Écran noir.

Silence.

Personne ne bougea.

Trois secondes.

Cinq.

Dix.

Rien.

Catherine me fixa.

Puis elle sourit de nouveau.

« Tu crois vraiment que j’aurais construit un système dépendant d’un seul téléphone ? »

Mon propre portable vibra dans ma poche.

Puis celui de Morel.

Puis celui de mon père.

Trois appareils presque simultanément.

Je sortis le mien.

Un message venait d’une adresse inconnue.

Une seule ligne.

**PHASE DEUX ACTIVÉE.**

Sous le texte se trouvait une photographie.

Une photographie de moi.

Prise ce matin-là devant mon bureau.

Depuis l’autre côté de la rue.

Mon sang se glaça.

Le message suivant arriva immédiatement.

**L’enquêtrice Manon Leclerc est désormais compromise.**

Puis un fichier joint apparut.

Un dossier portant mon numéro professionnel.

Je l’ouvris.

À l’intérieur se trouvaient des copies de rapports confidentiels issus de plusieurs enquêtes que j’avais menées.

Des documents auxquels seuls quelques agents autorisés auraient dû avoir accès.

Morel se pencha vers mon écran.

Son visage changea.

« Ce n’est pas possible. »

Ma mère me regardait toujours.

Mais cette fois, son sourire avait disparu.

« Voilà pourquoi tu aurais dû me donner la clé. »

Je levai les yeux vers elle.

« Qui a accès à mes dossiers ? »

Catherine resta silencieuse.

Mamie se rapprocha de moi.

« Manon… »

Je regardai la clé USB dans ma main.

Puis l’écran.

Puis Morel.

Et une pensée beaucoup plus dangereuse que toutes les précédentes s’imposa à moi.

Si ce réseau pouvait consulter mes dossiers confidentiels, alors il ne s’était jamais contenté de voler des personnes âgées.

Quelqu’un l’avait protégé de l’intérieur.

Et cette personne savait exactement qui j’étais depuis bien avant que je franchisse la porte de mes parents.

**À suivre — cliquez sur la Partie 4 pour lire la suite.**

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