Divertissement

J’Ai Jeté Mon Champagne Au Visage De Ma Belle-Mère Le Jour De Mon Mariage — Puis Une Inconnue En Rouge A Révélé Le Secret Que Mon Mari Cachait Depuis Neuf Ans

Le silence qui suivit fut si lourd que j’entendis distinctement ma mère respirer à l’autre bout du téléphone. Véronique, elle, ne me quittait plus des yeux. Toute arrogance avait disparu de son visage. Cette femme qui, quelques heures plus tôt, dirigeait le château comme si chaque fleur et chaque invité lui appartenaient semblait soudain chercher une sortie.

— Pourquoi Véronique te croyait morte ? demandai-je.

— Camille, pas au téléphone.

— Je viens d’apprendre le jour de mon mariage que mon mari m’a approchée parce que je ressemble à son ancienne petite amie, que mon certificat de naissance aurait été falsifié et que l’homme qui m’a élevée n’est pas mon père. Alors tu vas parler maintenant.

Ma mère se tut.

Puis j’entendis une voix masculine derrière elle.

— Sophie, raccroche.

Je reconnus immédiatement Marc.

— Papa ?

Le mot m’échappa par réflexe.

Un nouveau silence.

— Camille, écoute ta mère, dit-il. Viens à la maison.

— Est-ce que tu savais ?

— Ce n’est pas...

— Est-ce que tu savais que tu n’étais pas mon père biologique ?

Sa réponse arriva après quelques secondes.

— Oui.

Je fermai les yeux.

Ce simple mot me fit plus mal que toutes les révélations précédentes. Marc m’avait appris à faire du vélo. Il m’avait accompagnée à l’école, consolée après ma première rupture, marché avec moi jusqu’à l’autel quelques heures plus tôt. Pourtant, il m’avait caché quelque chose d’assez grave pour qu’une inconnue enquête sur mon acte de naissance.

— Depuis quand ?

— Depuis toujours.

Je raccrochai.

Julien fit un pas vers moi.

— Camille...

— Ne me touche pas.

Élodie regardait Véronique.

— Pourquoi croyiez-vous Sophie morte ?

Véronique se laissa tomber sur une chaise.

— Parce qu’Antoine me l’avait dit.

— Quand ?

— Il y a vingt-six ans.

Mon sang se glaça.

J’avais vingt-six ans.

Je posai lentement mon téléphone.

— Quel rapport mon âge a-t-il avec tout ça ?

Véronique me regarda longtemps avant de répondre.

— Sophie travaillait pour Antoine.

— Comme quoi ?

— Comptable. Officiellement.

Julien fronça les sourcils.

— Tu ne m’as jamais parlé d’elle.

— Ton père avait beaucoup de collaborateurs dont tu ignorais l’existence.

Elle se tourna vers moi.

— Antoine dirigeait plusieurs sociétés. Certaines opérations n’étaient pas aussi propres qu’il le prétendait. Sophie avait découvert des transferts d’argent vers des comptes étrangers. Elle voulait partir avec des copies des dossiers.

— Et mon père biologique ?

Véronique serra les lèvres.

— Je ne sais pas qui c’est.

Je compris immédiatement qu’elle mentait.

— Regardez-moi et répétez-le.

Elle n’y parvint pas.

Julien s’approcha de sa mère.

— Qui est son père ?

— Cela n’a aucune importance.

— Apparemment, si.

Élodie ouvrit le carnet d’Anaïs.

— Ma sœur avait écrit autre chose.

Elle tourna plusieurs pages. Une feuille pliée était coincée dans la reliure. Elle la déplia sur la table.

Un arbre généalogique grossièrement dessiné apparut.

Plusieurs noms étaient reliés par des flèches : Antoine Delcourt, Sophie Laurent, Anaïs Mercier.

Et au centre, une simple lettre.

C.

À côté, Anaïs avait écrit : « Vérifier maternité Saint-Augustin, 17 octobre. »

Ma date de naissance.

Julien recula.

— Non.

Je tournai la tête vers lui.

— Quoi, non ?

Il regardait sa mère.

— Dis-lui.

Véronique secoua la tête.

— Julien...

— DIS-LUI.

Sa voix fit vibrer les vitres.

Véronique ferma les yeux.

— Antoine entretenait une relation avec Sophie.

Je cessai de respirer.

Julien devint blanc.

— Tu veux dire...

— Je ne sais pas si Camille est sa fille.

Mais quelque chose dans sa façon de prononcer ces mots disait exactement le contraire.

Je regardai Julien.

L’homme que je venais d’épouser.

Puis Véronique.

Puis l’arbre généalogique.

Une nausée violente me souleva.

— Vous êtes en train de me dire qu’Antoine Delcourt pourrait être mon père ?

Personne ne répondit.

Je me précipitai vers la salle de bains du petit salon et vomis. Lorsque je revins, Élodie m’attendait près de la porte avec un verre d’eau.

Julien n’avait pas bougé.

— Si c’est vrai... murmura-t-il.

— Ne termine pas cette phrase.

Notre mariage venait de prendre une dimension monstrueuse.

Véronique se leva.

— C’est précisément pour cela que j’ai essayé d’empêcher cette cérémonie.

Je la fixai.

— Vous avez payé le château.

— Pour tout contrôler. Je pensais pouvoir découvrir la vérité avant aujourd’hui.

— Vous auriez pu simplement nous parler.

— Avec quoi ? Des soupçons vieux de vingt-six ans ?

Une pensée me frappa.

— Le dossier dans la consigne.

Véronique pâlit.

— Vous avez dit qu’il contenait des documents concernant Antoine. Est-ce qu’il y avait une preuve sur ma naissance ?

— Je n’ai pas tout vu.

Élodie secoua la tête.

— Encore un mensonge.

Je pris la clé.

— Alors nous allons l’ouvrir.

Julien tenta de m’arrêter.

— Camille, il est presque minuit. Lyon est à plus d’une heure.

— Parfait.

— Et si ce qu’on trouve confirme...

— Je préfère une vérité insupportable à une vie construite sur vos mensonges.

Élodie prit son manteau.

— Je viens avec toi.

Nous quittâmes le château sans changer de vêtements. Ma robe de mariée traînait encore sur les marches lorsque je montai dans la voiture d’Élodie. Julien voulut nous suivre, mais je lui interdis de monter.

Pourtant, lorsqu’Élodie démarra, je vis ses phares apparaître derrière nous.

Il nous suivait.

Une heure plus tard, nous atteignîmes Lyon.

La clé ne correspondait pas aux consignes modernes de la gare. Julien, arrivé quelques minutes après nous, nous conduisit vers une ancienne galerie de stockage privée située dans une rue derrière Perrache.

— Anaïs louait un coffre ici, expliqua-t-il.

Le gardien de nuit examina la clé.

— Ancien modèle. Sous-sol.

Le coffre numéro 317 s’ouvrit après neuf années de silence.

À l’intérieur se trouvaient une boîte métallique, trois cassettes audio, des photographies et une enveloppe portant le nom de Sophie.

Mais aucun certificat de naissance.

Élodie prit une cassette.

— Il faut trouver de quoi l’écouter.

Le gardien avait encore un vieux lecteur dans son bureau.

Nous insérâmes la première cassette.

Des parasites.

Puis la voix d’Anaïs.

Plus jeune. Tremblante.

« Si quelqu’un écoute ceci, c’est qu’Antoine a compris ce que j’ai découvert. Sophie Laurent n’est pas morte. L’enfant non plus. Véronique ignore encore une partie de la vérité. »

Je serrai le bord de la table.

La voix continua.

« Camille n’est pas la fille d’Antoine. »

Julien expira brutalement.

Pendant une seconde, un soulagement presque douloureux traversa mon corps.

Puis Anaïs prononça la phrase suivante.

« Son véritable père est l’homme qui se trouvait avec nous la nuit de l’accident. Antoine le protégeait depuis vingt-six ans. »

Julien fixa le lecteur.

— Mais mon père conduisait. Il n’y avait personne d’autre dans la voiture.

La cassette grésilla.

« Si vous voulez son nom, cherchez la photographie prise à Saint-Augustin le jour de la naissance de Camille. Sophie sait où elle est. Mais ne faites confiance à personne qui prétend que Marc Laurent est seulement son père adoptif. »

Je sentis le froid envahir mes bras.

Puis un bruit retentit derrière nous.

La porte du bureau venait de s’ouvrir.

Marc se tenait sur le seuil.

Mon père.

Celui que je venais de laisser au château quelques heures auparavant.

Il regarda la cassette, puis moi.

Et dans sa main se trouvait une vieille photographie.

— Tu n’aurais jamais dû entendre cet enregistrement, Camille.

Je regardai la photo qu’il tenait.

— Qui est mon père ?

Marc entra et verrouilla doucement la porte derrière lui.

— Avant que je te donne son nom, il faut que tu comprennes une chose.

Sa voix trembla.

— Anaïs ne cherchait pas à découvrir qui était ton père.

Il posa la photographie face cachée sur la table.

— Elle cherchait à comprendre pourquoi quelqu’un avait fait croire à trois familles différentes que tu étais leur enfant.

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