Divertissement

J’Ai Jeté Mon Champagne Au Visage De Ma Belle-Mère Le Jour De Mon Mariage — Puis Une Inconnue En Rouge A Révélé Le Secret Que Mon Mari Cachait Depuis Neuf Ans

Je gardai le téléphone contre mon oreille plusieurs secondes après la coupure, comme si la voix d’Étienne Valmont pouvait revenir et retirer les mots qu’elle venait de déposer dans ma vie. Personne ne parlait. Marc regardait le sol. Élodie tenait toujours le carnet d’Anaïs ouvert entre ses mains. Julien, lui, me fixait avec cette expression que je connaissais trop bien : celle qu’il avait chaque fois qu’il savait quelque chose qu’il n’osait pas encore dire.

— Qu’est-ce qu’il voulait dire ?

Marc releva lentement la tête.

— Je ne sais pas.

— Arrête.

— Camille...

— Depuis ce soir, chaque fois que quelqu’un me dit « je ne sais pas », cinq minutes plus tard je découvre qu’il me ment depuis dix ans. Alors réfléchis bien avant de recommencer.

Marc encaissa sans protester.

Élodie posa le carnet sur la table.

— Peut-être qu’Anaïs avait trouvé quelque chose sur la maternité.

Nous parcourûmes ses notes. Certaines pages n’étaient que des suites de dates et de numéros. Puis je remarquai que le 17 octobre, ma date de naissance, apparaissait quatre fois. À côté d’une occurrence, Anaïs avait écrit : « Deux bracelets. Même heure. Registre corrigé à 04 h 12. »

— Deux bracelets ? murmurai-je.

Julien se pencha.

— Des bracelets de naissance.

Mon ventre se noua.

Marc s’assit brusquement.

— Non.

Je tournai vers lui le carnet.

— Tu sais ce que ça signifie ?

Il passa les mains sur son visage.

— Sophie a toujours eu un doute.

— Quel doute ?

Il resta silencieux trop longtemps.

— Quand elle s’est réveillée après l’accouchement, on lui a présenté un bébé. Toi. Mais elle disait que quelque chose n’allait pas.

— Quoi ?

— Elle avait aperçu son enfant immédiatement après la naissance. Quelques secondes seulement. Elle affirmait avoir remarqué une petite marque derrière son oreille. Quand on t’a ramenée plusieurs heures plus tard, elle ne la retrouvait plus.

Je portai instinctivement les doigts derrière mon oreille.

Rien.

— Et personne n’a vérifié ?

— Valmont était le médecin présent cette nuit-là. Il lui a dit que les médicaments brouillaient ses souvenirs.

Élodie se leva.

— C’est pour ça qu’Anaïs enquêtait sur lui.

Julien parcourut les autres pages.

— Regardez.

Un nom revenait plusieurs fois : Claire Beaumont.

« Chambre 214. Accouchement 03 h 47. Fille. »

Puis :

« Sophie Laurent. Chambre 216. Accouchement 03 h 51. Fille. »

Quatre minutes d’écart.

Je sentis ma gorge se serrer.

— Qui est Claire Beaumont ?

Personne ne répondit.

Élodie prit son téléphone et chercha le nom, mais des dizaines de résultats apparurent.

Marc, lui, était devenu étrangement immobile.

— Tu la connais, dis-je.

— Pas personnellement.

— Marc.

— Son nom figurait dans les documents que Sophie avait volés à Antoine.

Julien releva la tête.

— Pourquoi ?

— Claire était la femme de Gabriel Moreau.

Le silence retomba.

Je dus m’asseoir.

— Donc Gabriel pensait que j’étais sa fille alors que sa propre femme accouchait dans la chambre voisine ?

— À l’époque, nous ignorions qu’elle se trouvait là, répondit Marc.

— Mais Valmont le savait.

Élodie referma brusquement le carnet.

— Il était médecin des deux familles.

Tout s’assembla sans encore former une image complète. Deux femmes. Deux bébés. Quatre minutes. Un registre modifié au milieu de la nuit. Un médecin lié à Antoine et Gabriel.

— Il y a eu un échange, murmurai-je.

Marc secoua la tête.

— Nous n’en avons aucune preuve.

— Alors trouvons-en une.

Nous retournâmes au coffre. Sous les cassettes se trouvait une pochette que personne n’avait encore ouverte. À l’intérieur, Élodie découvrit une photocopie du registre de Saint-Augustin.

Deux lignes avaient été entourées en rouge.

Laurent, Sophie : enfant féminin, 03 h 51.

Beaumont, Claire : enfant féminin, 03 h 47.

Dans la colonne « identification nouveau-né », les numéros avaient été corrigés manuellement.

214-B était devenu 216-B.

216-B était devenu 214-B.

Julien murmura :

— Quelqu’un a inversé les bracelets.

Je regardai Marc.

— Où est l’autre fille ?

Il pâlit.

— Camille...

— OÙ EST-ELLE ?

— Je ne sais pas.

Cette fois, je le crus.

Élodie, cependant, fixait une note au bas de la photocopie.

— Attendez.

Une troisième inscription apparaissait, presque illisible :

« Transfert nourrisson Beaumont, 06 h 20, clinique Valmont. »

— Elle a été transférée, dit-elle.

Julien fronça les sourcils.

— Pourquoi transférer un bébé en bonne santé ?

Personne n’eut le temps de répondre.

Mon téléphone vibra.

Cette fois, c’était ma mère.

Je décrochai immédiatement.

— Maman.

Elle pleurait.

— Camille, Marc est avec toi ?

— Oui.

— Mets le haut-parleur.

Je le fis.

— Sophie ? dit Marc.

— Ils sont revenus.

Marc se leva.

— Qui ?

— Je ne sais pas. Quelqu’un était devant la maison. J’ai réussi à partir.

— Où es-tu ?

— Sur la route. Mais écoutez-moi. Valmont m’a appelée.

Je serrai le téléphone.

— Il m’a appelée aussi.

Ma mère cessa de respirer une seconde.

— Qu’est-ce qu’il t’a dit ?

— Que je ne suis pas l’enfant que tu as mise au monde.

Un sanglot étouffé traversa le haut-parleur.

— Maman... tu le savais ?

— Je le soupçonnais.

— Depuis quand ?

— Depuis vingt-six ans.

Je fermai les yeux.

— Et tu ne m’as jamais rien dit.

— Parce que tu étais ma fille. Je ne voulais pas qu’un doute transforme ta vie en enquête.

Sa voix se brisa.

— Mais il y a six mois, j’ai fait un test ADN en secret.

Je pensai immédiatement au document aperçu sur la photographie.

— Avec qui ?

Un silence.

— Avec la seule personne que je pensais pouvoir être l’autre enfant.

Élodie s’approcha.

— Vous l’avez retrouvée ?

— Oui.

Mon cœur battait douloureusement.

— Qui est-elle ?

Ma mère hésita.

— Je ne connais pas son nom actuel. Seulement celui sous lequel elle a vécu ses premières années : Louise Valmont.

Je regardai les autres.

— Valmont l’a élevée ?

— Pas exactement. Elle a été placée dans une famille à l’étranger quand elle avait trois ans.

— Et le test ?

Ma mère se mit à pleurer davantage.

— Il confirme que Louise est ma fille biologique.

Le monde sembla s’arrêter.

Cela signifiait qu’une inconnue quelque part portait le sang de Sophie.

Et que moi, je venais d’une autre femme.

— Alors Claire Beaumont est ma mère biologique ?

— C’est ce que je pensais.

— Pensais ?

Sophie inspira difficilement.

— J’ai ensuite comparé ton ADN à un échantillon attribué à Claire.

Je fermai les yeux.

— Et ?

— Aucune correspondance.

Julien se rapprocha du téléphone.

— Alors il y avait un troisième bébé ?

— Non, répondit Sophie.

Sa voix était devenue presque inaudible.

— C’est pire.

Un bruit de moteur retentit derrière elle.

— Maman, où es-tu ?

— Camille, écoute-moi. Le registre que vous avez trouvé est faux. Anaïs l’avait compris juste avant son accident.

— Comment le sais-tu ?

— Parce qu’elle m’a appelée cette nuit-là.

Élodie devint blanche.

— Anaïs connaissait Sophie ?

— Oui.

Ma mère reprit précipitamment :

— Elle m’a dit qu’elle avait découvert le véritable registre et qu’elle allait rencontrer quelqu’un pour le récupérer. Elle m’a donné un nom au cas où elle ne reviendrait pas.

— Quel nom ?

Un klaxon retentit. Puis Sophie poussa un cri.

La communication grésilla.

— Maman !

— Camille... ne crois pas Valmont. Trouve Hélène.

— Quelle Hélène ?

— Hélène Delcourt.

Julien se figea.

— Impossible.

Je me tournai vers lui.

— Qui est Hélène Delcourt ?

Il ne répondit pas immédiatement.

Ce fut Marc qui murmura :

— La sœur cadette d’Antoine.

Julien secoua lentement la tête.

— Hélène est morte à la maternité Saint-Augustin.

Je regardai le téléphone.

La communication avec ma mère venait d’être coupée.

Puis Élodie retourna brusquement la photocopie du registre.

Au verso, Anaïs avait écrit une seule phrase :

« Hélène n’est pas morte le 17 octobre. Son bébé non plus. »

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