Divertissement

Je Suis Rentré de Mission et J’ai Trouvé Ma Femme en Réanimation — Puis J’ai Vu Qui Souriait Dans le Couloir

Le verrou claqua derrière moi.

L’homme en blouse blanche ne ressemblait à aucun médecin que j’avais croisé depuis mon arrivée. Pas de badge visible. Pas de stéthoscope. Ses chaussures étaient trop propres pour quelqu’un qui avait passé la journée dans un service de réanimation, et surtout, il se tenait trop droit.

Comme un homme habitué à attendre qu’on lui donne un ordre.

Le moniteur de Tessa accéléra encore.

Je me plaçai immédiatement entre elle et lui.

— Qui êtes-vous ?

Il ne répondit pas.

Sa main droite disparut sous sa blouse.

Je bondis avant qu’il ait le temps d’en sortir quoi que ce soit.

Je saisis son poignet, le plaquai contre la porte et frappai son avant-bras contre le métal. Une seringue tomba sur le sol.


Le liquide à l’intérieur était transparent.

L’homme tenta de me donner un coup de tête.

Je l’évitai, pivotai derrière lui et verrouillai son bras dans son dos.

— Qu’est-ce qu’il y a dans cette seringue ?

— Va te faire foutre.

Je resserrai légèrement ma prise.

— Mauvaise réponse.

Derrière moi, Tessa gémit faiblement.

Le son suffit à faire disparaître le peu de patience qui me restait.

J’appuyai sur l’appel d’urgence fixé près du lit.


Presque aussitôt, des pas précipités retentirent dans le couloir.

L’homme se débattit soudain avec une violence désespérée.

— Ils vont tous mourir, souffla-t-il.

Je cessai de respirer pendant une fraction de seconde.

— Qui ?

Il sourit malgré son visage écrasé contre la porte.

— Ceux qui parlent.

La sécurité entra moins de trente secondes plus tard.

Deux agents le maîtrisèrent pendant qu’une infirmière ramassait prudemment la seringue.

Le médecin de Tessa apparut derrière eux, pâle.


— Cet homme ne travaille pas ici.

Je le savais déjà.

— Faites analyser ça.

Le médecin acquiesça et emporta la seringue dans un sachet scellé.

Je me tournai vers Tessa.

Elle tremblait.

Pas de douleur.

De peur.

Je repris sa main.

— Tessa, regarde-moi.


Ses paupières s’ouvrirent difficilement.

— Tu as dit mon frère.

Ses doigts se refermèrent faiblement autour des miens.

— Raven…

Mon ancien nom de guerre dans sa bouche me glaça plus que tout le reste.

Tessa ne m’appelait jamais ainsi.

Jamais.

— Qu’est-ce que tu veux me dire ?

Elle inspira avec difficulté.

— Il… n’est pas mort.


Mon esprit refusa immédiatement les mots.

Onze ans plus tôt, j’avais identifié son corps.

Ou ce que je croyais être son corps.

Thomas avait été tué lors d’une opération à l’étranger. Une explosion. Un cercueil fermé. Un rapport signé. Une cérémonie militaire où ma mère avait pleuré jusqu’à ne plus pouvoir tenir debout.

J’avais posé ma main sur son cercueil.

J’avais enterré mon frère.

— Qui t’a dit ça ?

Tessa tenta de parler, mais une quinte de toux lui arracha un gémissement.

Je me penchai davantage.

— Ne force pas.


Elle secoua la tête.

Elle voulait continuer.

— J’ai… vu son nom.

— Où ?

— Les documents.

La clé USB.

Mon sang se refroidit.

— Thomas travaillait avec Victor ?

Une larme glissa au coin de son œil.

Puis elle murmura :


— Pas avec lui.

Elle ferma les yeux quelques secondes.

— Au-dessus.

Avant que je puisse lui poser une autre question, le médecin revint précipitamment.

— Monsieur, il faut la laisser se reposer.

Je voulus protester, mais Tessa serra mes doigts.

Je compris.

Elle avait déjà trop parlé.

Je me penchai et embrassai doucement son front.

— Je reviens.


Dans le couloir, mon téléphone sécurisé vibra.

Moreau.

Je décrochai.

— Parle.

Sa voix était plus tendue que d’habitude.

— Le type du café n’était pas envoyé directement par Victor.

Je m’arrêtai.

— Explique.

— Le SUV appartient à une société de sécurité privée appelée Argos Protection.

— Une société-écran ?


— Peut-être. Mais il y a mieux.

J’entendis des touches de clavier de son côté.

— Argos a obtenu trois contrats de sous-traitance du ministère de la Défense au cours des six dernières années.

Mon regard glissa vers la porte de Tessa.

— Victor blanchit l’argent de contrats de défense.

— Oui.

Moreau marqua une pause.

— Mais Victor n’est pas assez haut placé pour créer ces contrats.

Cette phrase confirma exactement ce que Tessa venait de me dire.

Victor n’était pas au sommet.


Il était un intermédiaire.

— Moreau, cherche Thomas.

Le silence à l’autre bout de la ligne devint total.

— Ton frère ?

— Oui.

— Raven…

— Cherche-le.

— Il est mort.

— Cherche-le quand même.

Moreau expira lentement.

— D’accord.

Je raccrochai et retournai vers la salle d’attente où Mathis avait été placé sous surveillance.

Il était assis entre deux agents, le visage gris.

Dès qu’il me vit, il se leva.

— Ils vont me retrouver ici.

— Assieds-toi.

— Vous ne comprenez pas.

— Alors explique-moi.

Mathis regarda les agents.

Je leur fis signe de sortir.

Lorsqu’ils furent seuls dans le couloir, il se pencha vers moi.

— Mon père n’est pas celui que vous devez craindre.

— Je commence à le comprendre.

Ses yeux se remplirent de terreur.

— Il reçoit des ordres.

— De qui ?

Mathis secoua immédiatement la tête.

— Je ne sais pas son vrai nom.

— À quoi ressemble-t-il ?

Il hésita.

— Je ne l’ai vu qu’une fois. Chez mon père. Il y a peut-être six mois.

— Décris-le.

Mathis fixa le sol.

— Grand. Cheveux foncés avec du gris. Une cicatrice près de l’oreille gauche.

Mon cœur s’arrêta presque.

Thomas avait cette cicatrice.

Il l’avait reçue à dix-sept ans après être tombé d’une moto que notre père nous avait interdit d’utiliser.

J’avais moi-même tenu la serviette contre sa tête jusqu’à l’arrivée des secours.

— Quel âge ?

— Quarante ans… peut-être un peu plus.

Thomas aurait eu quarante-deux ans.

Je m’approchai.

— Qu’est-ce qu’il a dit à Victor ?

Mathis déglutit.

— Mon père l’appelait Monsieur V.

— V comme Victor ?

— Non.

Mathis leva lentement les yeux vers moi.

— Mon père s’appelle Victor. Il ne s’appellerait jamais lui-même Monsieur V.

Un frisson me parcourut.

— Tu as entendu autre chose ?

Mathis resta silencieux si longtemps que j’entendis presque le bourdonnement des néons.

Puis il murmura :

— Oui.

— Quoi ?

— Quand il est parti, mon père lui a demandé ce qu’il fallait faire si Tessa découvrait la vérité.

Je ne clignai même pas des yeux.

— Et qu’a-t-il répondu ?

Mathis me regarda.

— Il a dit : « Elle est mariée à Raven. Elle découvrira forcément quelque chose. »

Mon estomac se noua.

Cet homme connaissait mon nom de guerre.

Peu de gens le connaissaient.

Encore moins savaient que Tessa était ma femme.

Mon téléphone vibra de nouveau.

Moreau.

Je décrochai immédiatement.

Sa respiration était rapide.

— Raven…

— Tu as trouvé quelque chose.

— Oui.

Sa voix avait changé.

Pour la première fois depuis que je le connaissais, le colonel Moreau semblait réellement effrayé.

— Le dossier militaire de Thomas a été modifié trois semaines après sa mort.

Je ne répondis pas.

— Par qui ?

— C’est ça le problème.

J’entendis Moreau inspirer.

— L’autorisation vient d’un niveau auquel même moi, je n’ai pas accès.

Puis un bruit sourd éclata à l’autre bout de la ligne.

Des objets tombèrent.

— Moreau ?

Aucune réponse.

— Moreau !

J’entendis un souffle.

Puis une voix inconnue prit le téléphone.

Calme.

Presque familière.

— Tu as toujours été incapable de laisser les morts tranquilles, petit frère.

La ligne se coupa.

Et pour la première fois depuis mon retour, je compris que Tessa n’avait pas seulement découvert le crime de Victor Morel.

Elle avait découvert quelqu’un qui était censé être mort depuis onze ans.

Quelqu’un qui me connaissait assez bien pour savoir exactement comment me faire sortir de l’ombre.

À suivre — cliquez sur la Partie 4 pour continuer.

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