Divertissement

Mon Ex Avait Refusé De Devenir Père — 18 Mois Plus Tard, Il A Vu Nos Triplés À L’Aéroport Et Son Téléphone Lui Est Tombé Des Mains… Mais Le Secret De Sa Mère A Tout Changé

La voix de Victor Delcourt traversa le hall avec une assurance qui me donna immédiatement envie de rapprocher les enfants de moi. Éléonore, elle, ne bougea pas. Pourtant, sa main se referma si fort sur le dossier d’une chaise que ses jointures blanchirent. Alexandre plia lentement le rapport génétique et le glissa dans la poche intérieure de sa veste.

« Ne le laissez pas entrer », ordonna Éléonore à la gouvernante.

Trop tard.

Victor apparut dans l’encadrement de la porte quelques secondes plus tard. Il devait avoir une soixantaine d’années, peut-être davantage, mais il possédait cette élégance particulière des Delcourt : costume sombre parfaitement coupé, cheveux gris impeccablement coiffés, posture droite. Ce qui me troubla pourtant n’avait rien à voir avec ses vêtements.

C’étaient ses yeux.

Bleu-gris.

Les mêmes que ceux d’Alexandre.

Les mêmes que ceux de mes enfants.

Victor s’arrêta lorsqu’il aperçut les triplés. Son expression se transforma, mais pas comme celle d’Alexandre à l’aéroport. Il ne semblait pas surpris de leur existence.

Il semblait surpris de les trouver ici.


« Alors c’était vrai », murmura-t-il.

Alexandre se plaça immédiatement entre lui et nous.

« Vous saviez qu’ils existaient ? »

Victor eut un sourire amer.

« Je savais beaucoup de choses avant que ta mère décide de me faire disparaître de cette famille. »

« Sortez de chez moi », lança Éléonore.

Victor tourna la tête vers elle.

« Chez toi ? Voilà qui est intéressant. Ton mari aurait probablement une opinion différente. »

Le silence devint glacial.

Alexandre fronça les sourcils.


« Mon père est mort il y a sept ans. »

Victor le regarda longtemps.

« C’est ce qu’on t’a dit. »

Je sentis mon estomac se nouer.

Éléonore traversa brusquement la pièce.

« Ça suffit. »

Mais Alexandre leva une main.

« Non. Plus personne ne quitte cette pièce avant que j’aie compris ce qui se passe. »

Il sortit le rapport.

« Vous connaissez ça ? »


Victor aperçut le document et son visage changea.

« Où l’as-tu trouvé ? »

« Dans le coffre de ma mère. »

Victor regarda Éléonore.

« Tu l’avais donc gardé. »

« Vous l’avez déjà vu », dit Alexandre.

Ce n’était pas une question.

Victor s’approcha, mais Alexandre recula d’un pas.

« Pas avant que vous m’expliquiez pourquoi l’ADN des enfants de Camille a été comparé à deux hommes quatre jours après leur naissance. »

Victor ne répondit pas immédiatement. Son regard passa sur moi, puis sur les triplés. Je sentis quelque chose de presque protecteur dans son expression, ce qui ne fit qu’augmenter mon malaise.


« Camille », dit-il doucement, « je suis désolé que vous soyez entraînée là-dedans. »

« Je n’ai pas besoin de vos excuses. Je veux savoir qui a prélevé l’ADN de mes enfants. »

Victor acquiesça.

« Moi aussi. »

Éléonore éclata d’un rire bref.

« Quel merveilleux comédien. »

Victor se retourna.

« Tu veux vraiment parler de mensonges, Éléonore ? »

Alexandre frappa le rapport contre la table.

« Les Sujets A et B. Qui sont-ils ? »


Cette fois, Victor hésita.

Puis il répondit :

« Le Sujet A était ton père, Henri Delcourt. »

Alexandre se figea.

Je regardai le document.

Compatibilité pratiquement nulle.

Quelqu’un avait donc cherché à savoir si mes enfants étaient biologiquement liés au père d’Alexandre.

Mais pourquoi ?

« Et le Sujet B ? » demanda Alexandre.

Victor regarda Éléonore.


Elle secoua imperceptiblement la tête.

Ce geste minuscule n’échappa à personne.

« Dites-le », soufflai-je.

Victor inspira.

« Le Sujet B était moi. »

J’eus l’impression que l’air quittait la pièce.

Alexandre resta parfaitement immobile.

« Mes enfants ont une compatibilité familiale de 99,9 % avec vous ? »

« Ce rapport ne dit pas nécessairement que je suis leur père », répondit Victor. « Une proximité génétique aussi forte peut s’expliquer autrement selon les marqueurs analysés. »

Alexandre eut un rire incrédule.


« Merci, je sais comment fonctionne une famille. Vous êtes mon oncle. Ils devraient évidemment partager certains marqueurs avec vous. Alors pourquoi comparer leur ADN au vôtre et à celui de mon père ? »

Victor fixa Éléonore.

« Parce que quelqu’un cherchait probablement à vérifier quelque chose qui n’avait rien à voir avec les enfants. »

Je compris avant Alexandre.

« Ils se servaient des enfants pour vérifier la filiation d’Alexandre. »

Personne ne parla.

Alexandre se tourna lentement vers sa mère.

« Est-ce que mon père était vraiment mon père ? »

Éléonore pâlit.

« Bien sûr. »


« Alors pourquoi ce test ? »

« Je n’en sais rien. »

Victor secoua la tête.

« Toujours la même méthode. Nier jusqu’à ce que les preuves deviennent impossibles à enterrer. »

Alexandre s’approcha de lui.

« Si vous insinuez que vous êtes mon père, dites-le clairement. »

Victor soutint son regard.

« Je n’insinue rien. »

« Alors dites-moi la vérité. »

« La vérité est que je ne sais pas. »


Cette réponse sembla frapper Alexandre plus durement qu’un aveu.

Victor poursuivit :

« Il y a trente-six ans, Éléonore et moi avons eu une liaison. »

Alexandre recula.

Éléonore ferma les yeux.

Je compris que nous venions de franchir une limite dont personne ne pourrait revenir.

« Pendant combien de temps ? » demanda Alexandre.

« Quelques mois. »

« Quand ? »

Victor ne répondit pas.


Alexandre regarda sa mère.

« Quand ? »

Éléonore murmura :

« L’année précédant ta naissance. »

Alexandre détourna le visage. Il passa une main sur sa bouche et marcha jusqu’à la fenêtre. Pendant plusieurs secondes, il resta dos à nous.

Je voulais être en colère contre lui. Une partie de moi l’était toujours. Mais devant moi se tenait maintenant un homme qui, en quelques heures, avait découvert trois enfants, une signature falsifiée, des lettres interceptées et la possibilité que l’homme qu’il avait appelé père toute sa vie ne soit pas son père biologique.

Ma fille au pull jaune s’approcha alors d’Alexandre.

Elle lui tendit de nouveau son biscuit.

« T’es triste ? »

Il baissa les yeux.

Ses yeux se remplirent de larmes.

« Un peu. »

Elle réfléchit sérieusement, puis déposa le biscuit dans sa main.

« Ça aide. »

Alexandre eut un rire étranglé.

Je détournai les yeux avant que cette scène ne fissure les défenses que j’avais mis dix-huit mois à construire.

Victor, lui, observait Alexandre.

Une émotion étrange traversa son visage.

Puis il murmura :

« Tu faisais exactement ça quand tu étais petit. »

Alexandre se retourna brusquement.

« Comment pouvez-vous savoir ça ? Vous avez été exclu de la famille quand j’avais seize ans. »

« Parce qu’avant ça, j’étais souvent avec toi. Beaucoup plus souvent que tu ne t’en souviens. »

Éléonore intervint.

« Ne l’écoute pas. »

Victor sortit alors une petite clé métallique de sa poche.

« Je ne suis pas venu discuter de génétique. Je suis venu récupérer une boîte. »

Éléonore devint blanche.

« Quelle boîte ? » demanda Alexandre.

Victor désigna le plafond.

« Dans l’ancien bureau de ton père. Derrière le panneau de bois, à gauche de la cheminée. »

Alexandre regarda sa mère.

« Vous connaissez cette boîte ? »

« Non. »

Victor sourit tristement.

« Alors tu ne verras aucun inconvénient à ce qu’on l’ouvre. »

Nous montâmes tous au premier étage. Je gardai les enfants près de moi. Dans le bureau d’Henri Delcourt, Victor appuya sur une moulure presque invisible. Un panneau s’entrouvrit.

Derrière se trouvait un petit coffre métallique.

La clé fonctionna.

À l’intérieur, il n’y avait ni bijoux ni argent.

Seulement des dossiers, une cassette audio ancienne et une enveloppe portant l’écriture d’Henri Delcourt.

Alexandre prit l’enveloppe.

Son nom était inscrit dessus.

**Pour Alexandre. À ouvrir si Éléonore lui cache un jour la vérité sur sa naissance.**

Alexandre fixa sa mère.

Elle semblait sur le point de s’effondrer.

Il déchira l’enveloppe.

À l’intérieur se trouvait une lettre de plusieurs pages et une photographie ancienne représentant Henri, Victor et Éléonore.

Alexandre lut silencieusement les premières lignes.

Puis ses mains commencèrent à trembler.

« Qu’est-ce qu’il dit ? » demandai-je.

Alexandre releva les yeux.

« Mon père savait pour leur liaison. »

Victor fronça les sourcils.

Même lui semblait surpris.

Alexandre poursuivit sa lecture, puis s’arrêta soudain.

« Non… »

« Quoi ? »

Il me tendit la lettre.

Une phrase avait été soulignée deux fois par Henri :

**Alexandre n’a jamais été le véritable enjeu de cette histoire. Si cette lettre est ouverte, cherchez l’enfant né avant lui.**

Je relus la phrase.

« Quel enfant ? »

Alexandre regarda sa mère.

Victor aussi.

Éléonore ne nia pas cette fois.

Elle s’assit lentement dans le fauteuil de son défunt mari.

Puis, d’une voix presque inaudible, elle murmura :

« Alexandre n’était pas mon premier enfant. »

Alexandre resta pétrifié.

« Où est-il ? »

Éléonore leva les yeux vers lui.

« Elle. C’était une fille. »

Un silence.

Puis elle ajouta :

« Et tu l’as rencontrée, Alexandre. »

Il pâlit.

« Quand ? »

Éléonore regarda alors directement vers moi.

« Le soir où tu as rencontré Camille à Lyon. »

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