Divertissement

Mon Mari A Arraché Ma Couverture D’Hôpital… Puis Il A Vu Les Ecchymoses Que Sa Famille Voulait Cacher

Je gardai les yeux fixés sur Julien jusqu’à ce qu’il détourne enfin le regard.

Le message brûlait encore dans ma mémoire.

**Vérifiez les comptes de la Fondation Delcourt. Commencez par les versements au docteur Laurent.**

Pendant des années, la Fondation Delcourt avait été le joyau public de la famille.

Dîners de charité.

Galas.

Photos dans les journaux.

Éléonore posant devant des enfants malades avec ce sourire parfaitement étudié qui faisait croire au monde entier qu’elle consacrait sa vie aux autres.

Je connaissais pourtant une règle simple.

Plus une organisation dépensait d’énergie à paraître irréprochable, plus ses chiffres méritaient d’être regardés attentivement.


« Julien, j’ai besoin de mon ordinateur. »

Il releva la tête.

« Maintenant ? »

« Maintenant. »

« Claire, tu viens d’accoucher. »

« Et ta famille vient d’essayer de me faire interner et de prendre notre enfant. Je pense que mon ordinateur peut attendre moins longtemps que mon repos. »

Il ne discuta pas.

« Il est à la maison. »

« Dans mon bureau. Deuxième tiroir du meuble gris. »

Il sortit son téléphone.


« Je vais demander au chauffeur de— »

« Non. »

Il s’arrêta.

« Personne de ta famille. Personne qui travaille pour ta mère. »

Il comprit.

Finalement, il appela un service de livraison privé et demanda qu’un coursier récupère l’appareil en présence du gardien de l’immeuble.

Lorsqu’il raccrocha, je vis dans ses yeux qu’il voulait encore poser des questions.

Mais mon téléphone vibra.

Cette fois, c’était l’application de surveillance de la caméra.

Un mouvement avait été détecté dans le couloir.


J’ouvris discrètement l’image.

Éléonore.

Elle n’était donc pas partie.

Elle se tenait près des ascenseurs avec Damien.

Je montai le son.

La qualité était mauvaise, mais leurs voix restaient reconnaissables.

« Julien commence à poser des questions », murmura Damien.

« Il cessera. »

« Et si Claire parle ? »

Éléonore regarda autour d’elle.


« Qui va croire une femme qu’un médecin a déclarée instable ? »

Je sentis ma gorge se serrer.

Damien répondit quelque chose que je n’entendis pas.

Puis Éléonore ajouta :

« Laurent doit terminer le dossier avant demain matin. Après ça, ce qu’elle dira n’aura plus d’importance. »

Je coupai le son.

Julien avait remarqué mon expression.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Je le regardai.

J’aurais pu tout lui montrer.


Mais le message anonyme revenait sans cesse dans ma tête.

**Ne dites pas à Julien que je vous ai contactée.**

Je décidai de tester quelque chose.

« Est-ce que tu connais les finances de la Fondation Delcourt ? »

Il eut l’air surpris.

« Un peu. Pourquoi ? »

« Qui autorise les gros paiements ? »

« Ma mère supervise la fondation. Damien vérifie les contrats importants. »

« Et toi ? »

Il fronça les sourcils.


« Je suis membre du conseil d’administration, mais je ne gère pas les opérations quotidiennes. »

« Tu signes quoi ? »

« Les rapports annuels. Certaines résolutions. Pourquoi ces questions ? »

Je ne répondis pas immédiatement.

« Quand as-tu vérifié les comptes pour la dernière fois ? »

Un silence.

« Je ne les vérifie pas vraiment. »

Voilà.

C’était exactement ce qu’Éléonore attendait de lui.

Pas qu’il soit complice.


Qu’il ne regarde jamais.

Environ quarante minutes plus tard, mon ordinateur arriva.

Julien alla lui-même le récupérer à l’accueil.

Dès qu’il quitta la chambre, je sortis la carte mémoire cachée sous mon oreiller.

Je ne l’insérai pas dans l’ordinateur.

Pas encore.

Je commençai par me connecter à une base publique contenant les rapports financiers de la Fondation Delcourt.

Trois années de comptes.

Des centaines de paiements.

Je téléchargeai tout.


Lorsque Julien revint, je travaillais déjà.

« Tu cherches quoi ? »

« Des anomalies. »

« Dans les comptes de ma famille ? »

Je levai les yeux vers lui.

« Tu préfères ne pas savoir ? »

Il resta silencieux.

Puis il tira une chaise et s’assit à côté du lit.

Ce geste me surprit davantage que je ne voulais l’admettre.

Je commençai par rechercher le nom de Laurent.


Rien.

Puis celui de sa clinique.

Toujours rien.

Je réfléchis.

Les familles comme les Delcourt ne versaient jamais directement de l’argent lorsqu’elles voulaient éviter une question embarrassante.

Je recherchai donc les sociétés ayant reçu des paiements réguliers dans la catégorie Conseil médical et programmes de bien-être.

Trois noms apparurent.

Deux étaient facilement vérifiables.

Le troisième attira mon attention.

**L.M. Conseil Santé.**


« Tu connais cette société ? »

Julien secoua la tête.

Je consultai son numéro d’enregistrement.

Puis son adresse.

Mon cœur se mit à battre plus vite.

L’adresse administrative correspondait au cabinet privé du docteur Laurent.

Julien se pencha vers l’écran.

« Ça peut être une société qui lui appartient légalement. »

« Bien sûr. »

Je fis défiler les paiements.

Quarante-huit mille euros.

Soixante-deux mille.

Trente-cinq mille.

Puis, six mois plus tôt, cent vingt mille euros.

Toujours approuvés sous la même catégorie.

**Services de conseil.**

Je cliquai sur les dates.

Le premier paiement important avait été effectué peu après l’annonce de ma grossesse.

Le second, quelques jours après qu’Éléonore avait commencé à insister pour que Laurent devienne mon obstétricien.

Le dernier avait été versé neuf jours avant mon admission à la maternité.

Julien ne respirait presque plus.

« Ce n’est pas possible. »

« Les chiffres ne savent pas mentir. Les gens, oui. »

Je vérifiai les autorisations.

Deux validations apparaissaient.

La première appartenait à Damien.

La seconde portait un code interne correspondant à la présidence de la fondation.

Éléonore.

Julien se leva brutalement.

« Je vais la confronter. »

« Non. »

Il se retourna.

« Claire, elle paie ton médecin depuis des mois ! »

« Justement. Si tu vas la voir maintenant, elle saura ce que nous avons trouvé. »

« Et tu veux faire quoi ? »

« Comprendre pourquoi. »

Je poursuivis l’analyse.

Certains montants avaient été fractionnés.

Une vieille méthode.

Plusieurs petites factures destinées à éviter les contrôles internes déclenchés au-dessus d’un certain seuil.

Puis je trouvai une série étrange.

Des paiements portant des numéros de dossiers au lieu d’une description classique.

D-17.

D-21.

D-26.

Je cliquai sur le dernier.

Une pièce jointe avait été supprimée du rapport public, mais son nom de fichier apparaissait encore dans les métadonnées.

Je lus à voix haute.

« Évaluation familiale — C.D. »

Julien se figea.

C.D.

Claire Delcourt.

Ma main devint froide sur le clavier.

La date du fichier remontait à quatre mois.

Quatre mois avant mon accouchement.

Bien avant mes ecchymoses.

Bien avant les prétendues crises.

Bien avant les documents que Damien m’avait forcée à signer.

Ils avaient commencé à construire le dossier psychiatrique alors que rien ne s’était encore produit.

Julien murmura :

« Ils avaient prévu tout ça. »

Je ne répondis pas.

J’insérai enfin la carte mémoire donnée par Véronique dans un petit lecteur isolé que j’utilisais autrefois pour examiner des supports inconnus.

Un seul dossier apparut.

**DELCOURT_CLAIRE**

À l’intérieur se trouvaient plusieurs fichiers.

Des captures de mon dossier médical.

Des brouillons de rapports psychiatriques.

Et un document audio.

Je lançai l’enregistrement.

La voix du docteur Laurent remplit doucement la chambre.

« Il me faut davantage d’éléments si vous voulez justifier une hospitalisation après la naissance. »

Puis celle d’Éléonore.

Calme.

Froide.

Parfaitement reconnaissable.

« Alors créez-les. Elle sera épuisée après l’accouchement. Quelques épisodes d’agitation, des propos incohérents, une inquiétude excessive concernant le bébé… personne ne remettra votre diagnostic en question. »

Julien ferma les yeux.

Mais l’enregistrement continuait.

Damien parla à son tour.

« Une fois l’évaluation signée, nous pourrons demander la mesure d’urgence. »

Puis Éléonore posa la question qui transforma tout.

« Et combien de temps avons-nous besoin qu’elle reste internée ? »

Laurent répondit :

« Assez longtemps pour que la décision concernant l’enfant devienne difficile à renverser. »

Je coupai l’enregistrement.

Julien avait les mains tremblantes.

« Donne-moi une copie. »

« Non. »

« Claire— »

« Pas encore. »

« C’est aussi mon enfant ! »

Je le regardai droit dans les yeux.

« Et c’est ta famille qui a fait ça pendant que tu refusais de m’écouter. »

Il recula comme si je venais de le frapper.

Je regrettai presque mes mots.

Presque.

Puis un détail attira mon attention dans les propriétés du fichier audio.

La date.

L’heure.

Et surtout l’appareil qui avait réalisé l’enregistrement.

Ce n’était pas mon système.

Ce n’était pas une caméra de l’hôpital.

Le fichier provenait d’un téléphone.

Quelqu’un avait assisté à cette conversation.

Quelqu’un suffisamment proche d’Éléonore, Damien et Laurent pour enregistrer leur plan sans être découvert.

Mon téléphone vibra.

Le numéro inconnu venait de m’envoyer un nouveau message.

**Maintenant vous savez pourquoi ils voulaient vous faire taire. Mais vous n’avez encore trouvé que la moitié de la vérité.**

Puis un second message apparut.

**Regardez qui a validé les comptes annuels de la Fondation.**

Je levai lentement les yeux vers Julien.

Il ne savait pas encore ce que j’étais sur le point de vérifier.

Et pour la première fois, une question que je refusais jusque-là de me poser devint impossible à éviter.

Éléonore avait-elle seulement profité de l’aveuglement de son fils…

ou Julien avait-il signé quelque chose qu’il prétendait ne jamais avoir vu ?

À suivre — cliquez sur la Partie 6 pour continuer.

No comments yet