Divertissement

Le Milliardaire Que J’aimais En Secret Découvrit Mes Ecchymoses… Puis Il Révéla Le Secret Qui Changea Toute Ma Vie

Le mot resta suspendu entre nous.

« Votre père ? »

Étienne ne détourna pas les yeux de la vidéo. Sur l’écran, l’image tremblait légèrement, comme si la caméra avait été posée à la hâte. Mon père se tenait près de mon lit d’hôpital. Antoine Valmont lui faisait face. Le troisième homme demeurait hors champ, mais Étienne venait de reconnaître sa voix.

« Henri Caron », murmura-t-il.

Je connaissais ce nom comme tout Paris. Fondateur du groupe Caron, mécène célébré, entrepreneur dont les journaux avaient transformé la mort, cinq ans plus tôt, en deuil national.

« Pourquoi votre père était-il là ? »

Étienne secoua lentement la tête.

« Je l’ignore. »

Je le regardai.

Pour la première fois depuis que je le connaissais, je ne savais pas s’il me disait toute la vérité.


Je relançai la vidéo.

« Laurent, votre fille n’aurait jamais dû survivre à cette nuit-là », répétait Henri.

Mon père s’avança vers lui.

« Ne parlez pas de Camille comme d’une erreur. »

Antoine intervint.

« Ce n’est pas ce qu’Henri voulait dire. »

« Alors qu’il m’explique pourquoi son nom apparaît sur les autorisations. »

Un bruit couvrit les secondes suivantes. Puis mon père prononça distinctement :

« Projet Aube. Vingt-trois enfants. Combien d’autres avant que vous arrêtiez ? »

La vidéo s’interrompit.


Fichier corrompu.

Je restai immobile.

« Votre fondation existait déjà ? »

« Pas sous sa forme actuelle. Mon père finançait plusieurs programmes médicaux. Quand j’ai repris le groupe, j’ai créé la Fondation Caron pour centraliser et contrôler ces financements. »

Une pensée atroce s’imposa.

« Et si l’argent de votre famille avait financé ce qu’ils m’ont fait ? »

Étienne encaissa la question sans chercher à se défendre.

« Alors je découvrirai exactement ce qui s’est passé. Et je vous donnerai toutes les preuves, même si elles détruisent le nom Caron. »

Son téléphone vibra.

L’un des agents s’approcha.


« Monsieur, quelqu’un a tenté d’effacer à distance le contenu de la clé. Nous devons partir. »

Nous remontâmes immédiatement.

Dans la voiture, Étienne envoya une copie chiffrée des fichiers à son équipe juridique. Moi, je regardais Paris sans réellement le voir.

Puis mon téléphone s’alluma.

**Adrien.**

Sept appels manqués.

Un message.

*Où es-tu ?*

Un second arriva.

*Ne m’oblige pas à venir te chercher.*


Je montrai l’écran à Étienne.

« Ne répondez pas. »

Mais je compris soudain quelque chose.

« Il faut que je rentre chez lui. »

Étienne tourna brusquement la tête.

« Absolument pas.

— Mes affaires sont dans son appartement.

— Elles sont remplaçables.

— Pas toutes. »

Je pensais à une boîte que j’avais transportée de déménagement en déménagement depuis la mort de mon père. Des papiers, quelques photographies, son ancien carnet.


Adrien avait insisté pour que je débarrasse la cave où elle était rangée. Deux semaines auparavant, il avait même demandé ce qu’elle contenait.

À l’époque, je n’avais pas compris son intérêt.

Maintenant, oui.

« Le carnet de mon père est chez Adrien. »

Étienne resta silencieux quelques secondes.

« Vous n’y entrez pas seule. »

Quarante minutes plus tard, nous étions devant l’immeuble d’Adrien. Les lumières de son appartement étaient éteintes. Deux agents restèrent dans le hall pendant qu’Étienne m’accompagnait.

J’ouvris avec ma clé.

Tout semblait normal.

Trop normal.


Je me dirigeai vers le petit bureau.

La boîte n’était plus dans le placard.

« Elle était là. »

Étienne examina la pièce.

« Ne touchez à rien. »

Un tiroir était entrouvert.

À l’intérieur se trouvait mon ancien passeport.

Je ne l’avais pas vu depuis des années.

Nom : Camille Delcourt.

Quelqu’un avait placé un marque-page à la page de mon identité.


Sous le passeport se trouvait une photographie de mon père.

Au verso, Adrien avait écrit une date.

**12 avril 2017.**

Le jour où mon père était mort.

Mon estomac se noua.

« Pourquoi Adrien possède-t-il ça ? »

Étienne ne répondit pas.

J’entendis alors un léger bruit venant de la chambre.

Nous nous immobilisâmes.

Étienne fit signe aux agents.


Ils vérifièrent l’appartement.

Personne.

Mais la fenêtre de la chambre était entrouverte.

Sur le lit, mon ancienne boîte avait été vidée.

Le carnet de mon père avait disparu.

Tout le reste était là.

Quelqu’un ne cherchait qu’une chose.

Je fouillai les photographies éparpillées jusqu’à trouver une enveloppe que je n’avais jamais ouverte. Elle était coincée dans la doublure de la boîte.

À l’intérieur, une feuille pliée portait l’écriture de mon père.

**Camille, si je ne peux plus te parler, ne crois jamais au rapport de police. Je n’ai pas eu d’accident.**


Mes jambes cédèrent presque.

Étienne me rattrapa par réflexe, puis retira immédiatement ses mains, comme s’il se souvenait de mes blessures.

Je continuai à lire.

*J’ai fait une erreur. J’ai cru qu’Henri Caron était responsable. Il ne l’était pas. Il essayait de m’aider.*

Je levai les yeux vers Étienne.

Son visage avait changé.

Je repris.

*Le véritable responsable a utilisé son argent, son nom et ses signatures. Henri a découvert la fraude trop tard.*

Une partie de la feuille avait été déchirée.

Il ne restait qu’une phrase.


*Si quelque chose m’arrive, trouve Antoine. Il connaît le nom de l’homme qui dirige Aube.*

« Votre père essayait donc de protéger le mien », murmura Étienne.

Avant que je puisse répondre, mon téléphone sonna.

Cette fois, ce n’était pas Adrien.

Claire Delaunay.

Je décrochai.

« Claire ? »

Je n’entendis d’abord qu’une respiration précipitée.

Puis sa voix.

« Camille, écoutez-moi. Je n’ai pas beaucoup de temps. Adrien sait pour le coffre. »

« Où êtes-vous ? »

« Ce n’est pas important. Vous devez comprendre quelque chose avant qu’ils effacent tout. Le Projet Aube n’était pas une expérimentation médicale. C’était la couverture. »

« La couverture de quoi ? »

Un silence.

Puis Claire murmura :

« De vingt-trois enfants dont les identités ont été changées. »

Je regardai mon ancien passeport.

« Pourquoi changer leur identité ? »

« Parce que certains n’étaient pas ceux que leurs familles croyaient. »

Mon souffle se bloqua.

Claire poursuivit, presque inaudible :

« Votre père n’a pas découvert Aube parce qu’il contrôlait les comptes. Il l’a découvert parce qu’il a fait analyser votre sang après votre hospitalisation. »

« Je ne comprends pas. »

Elle inspira profondément.

« Camille Moreau n’est pas seulement un nom que vous avez choisi après la mort de votre père. Camille Delcourt n’était déjà pas votre identité d’origine. »

Le téléphone faillit m’échapper.

« Alors qui suis-je ? »

Un bruit violent retentit du côté de Claire.

« Claire ? »

Sa voix revint, précipitée.

« Cherchez le patient numéro un. Votre père avait découvert que vous et lui aviez été enregistrés la même nuit. »

La communication fut coupée.

Étienne avait déjà ouvert la copie du Projet Aube sur sa tablette.

Il descendit jusqu’au premier dossier.

**PATIENT 01.**

Les informations étaient presque entièrement masquées.

Mais pas la date de naissance.

Étienne pâlit.

Je regardai la date.

Puis son visage.

« C’est votre date de naissance. »

Il ne répondit pas.

Sous nos yeux, une dernière ligne venait de se déchiffrer.

**PATIENT 01 — NOM ACTUEL : ÉTIENNE CARON.**

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