Divertissement

Mes Parents Ont Séché Ma Remise De Diplôme Pour Le Match De Mon Frère — Puis Un Colonel Décoré M’a Saluée Devant Tout Le Monde

Pendant quelques secondes, personne ne bougea.

Le couteau vibrait encore légèrement dans le bois de la table.

Je relus le message une deuxième fois.

**Emma, Balard n’est plus sûr. Ton père est déjà dans la maison.**

Mon père.

Je levai brusquement les yeux vers le couloir sombre par lequel Robert venait de disparaître.

« Laurent, avec moi », ordonna Renaud.

Le capitaine ne baissa pas son arme.

« Personne ne quitte cette pièce tant que je ne sais pas qui vient de briser cette vitre. »

« Robert vient de s’enfuir. »


« Justement. »

Laurent attrapa son téléphone et activa la lampe.

« Nina, restez avec Madame Moreau et Lucas. Emma, derrière moi. »

Je détestais qu’il me donne cet ordre.

Mais pour une fois, j’obéis.

Nous traversâmes le salon.

Des morceaux de verre recouvraient le parquet près de la porte-fenêtre. Le rideau bougeait doucement sous l’air froid de la nuit.

Je m’accroupis.

« Il n’est pas passé par ici. »

Laurent me lança un regard.


« Pourquoi ? »

Je montrai les éclats.

La majorité se trouvait à l’extérieur.

« La vitre a été frappée depuis l’intérieur. »

Renaud s’immobilisa.

Le silence qui suivit fut bien pire que le bruit du verre brisé.

Quelqu’un se trouvait déjà dans la maison avant que les lumières ne s’éteignent.

Laurent se retourna immédiatement.

« Nina, verrouillez la porte de la pièce où vous êtes. N’ouvrez à personne. »

Sa voix changea lorsqu’il ajouta :


« Même si cette personne prétend être militaire. »

Nous progressâmes dans le couloir.

Cuisine.

Vide.

Bureau.

Vide.

Garage.

La voiture de mon père était toujours là.

Je sentis une pression dans ma poitrine.

« Il n’a pas pu aller loin. »


« À moins qu’il ait préparé une autre sortie », répondit Laurent.

Renaud observait les murs comme s’il redécouvrait une maison qu’il connaissait déjà.

Je le remarquai.

« Vous êtes déjà venu ici. »

Il ne répondit pas.

Je me plaçai devant lui.

« Mon colonel. »

Ses yeux rencontrèrent les miens.

« Une fois. Il y a dix-huit ans. »

Mon sang se glaça.


« Après Black Ridge ? »

« Trois jours après. »

Laurent serra la mâchoire.

« Pourquoi ne l’avez-vous jamais dit ? »

Renaud regarda vers l’escalier menant au sous-sol.

« Parce que j’étais venu récupérer quelque chose. »

Maman apparut au bout du couloir.

Elle avait ignoré l’ordre de rester enfermée.

« La mallette », murmura-t-elle.

Renaud hocha lentement la tête.


« Oui. »

Maman porta une main à sa bouche.

« Robert m’avait dit que personne ne savait qu’elle était ici. »

« Quelqu’un le savait. »

Renaud descendit la première marche.

Laurent l’arrêta.

« Vous restez derrière moi. »

Nous descendîmes.

Je connaissais ce sous-sol depuis mon enfance.

Des étagères remplies de cartons.


Une vieille chaudière.

Les décorations de Noël.

Les outils de mon père.

Et, tout au fond, une porte métallique que je n’avais jamais vue ouverte.

J’avais toujours cru qu’elle cachait simplement son matériel professionnel.

Maman fixa la serrure.

« Robert gardait la clé sur lui. »

Laurent examina la poignée.

« Plus maintenant. »

La porte était entrouverte.


À l’intérieur, une ampoule de secours projetait une lumière rougeâtre sur une petite pièce sans fenêtre.

Le mur du fond était couvert de documents.

Photographies.

Cartes.

Coupures de journaux.

Rapports militaires.

Mon visage apparut sur plusieurs images.

Je m’arrêtai net.

Il y avait des photographies de ma première rentrée à l’académie.

De ma remise de médaille de deuxième année.


D’un exercice de terrain.

De moi sortant d’une gare.

Certaines avaient été prises de si loin que je n’avais jamais pu remarquer le photographe.

« Qui a fait ça ? »

Ma voix ne ressemblait plus à la mienne.

Laurent se rapprocha du mur.

« Pas Robert. »

« Comment pouvez-vous en être sûr ? »

Il désigna une photographie récente.

On y voyait mon père entrant dans cette même maison.


La date, imprimée dans un coin, remontait à cinq jours plus tôt.

Quelqu’un surveillait également Robert.

Renaud arracha presque une autre photo du mur.

Son visage se vida de toute couleur.

Je m’approchai.

L’image montrait le colonel devant un bâtiment administratif à Paris.

À côté de lui se trouvait un homme aux cheveux gris, vu de dos.

Sur le bord inférieur, une phrase avait été écrite à la main.

**Deux survivants. Un seul témoin.**

« Qui est cet homme ? » demandai-je.

Renaud resta silencieux.

Je pris la photographie.

« Qui est-ce ? »

« Je ne sais pas. »

« Vous mentez. »

« Emma… »

« Arrêtez de me protéger avec des demi-vérités. Ça n’a protégé personne jusqu’ici. »

Il baissa les yeux.

Pour la première fois depuis que je le connaissais, Philippe Renaud semblait vieux.

« Je pensais qu’il était mort. »

Mon cœur manqua un battement.

Laurent se rapprocha.

« Qui ? »

Renaud allait répondre lorsque quelque chose craqua derrière nous.

Je me retournai.

Le bruit venait d’une armoire métallique placée contre le mur.

Laurent leva son arme.

« Reculez. »

Il ouvrit la porte d’un coup.

Personne.

Seulement plusieurs dossiers suspendus et une boîte en acier.

Sur le couvercle, trois lettres étaient gravées.

**A.V.**

Je cessai de respirer.

Antoine Valette.

Mes mains tremblaient lorsque Laurent posa la boîte sur une table.

Elle n’était pas verrouillée.

À l’intérieur se trouvaient une plaque militaire, une montre arrêtée et plusieurs lettres enveloppées dans un plastique jauni.

Maman poussa un petit cri.

Je reconnus immédiatement l’écriture.

La même que celle du billet de train.

Celle de mon père biologique.

Je pris la première enveloppe.

Elle portait une date.

Deux semaines après sa disparition officielle.

« Impossible », murmurai-je.

Renaud ne disait rien.

J’ouvris la lettre.

Il n’y avait qu’une seule phrase.

**Si Emma lit ceci un jour, dites-lui que je ne suis pas mort à Black Ridge.**

Le sol sembla se dérober sous mes pieds.

Lucas, qui venait de nous rejoindre malgré les protestations de Nina, murmura derrière moi :

« Alors… il est vivant ? »

Je ne pus répondre.

Laurent prit une seconde enveloppe.

Elle était beaucoup plus récente.

La date remontait à trois mois.

Cette fois, il ne l’ouvrit pas.

Il me la tendit.

Mon nom était écrit dessus.

**Emma Moreau.**

Sous mon nom figurait une instruction.

**À ouvrir uniquement si Robert tente de fuir.**

Je déchirai l’enveloppe.

À l’intérieur se trouvait une petite clé et un morceau de papier.

Une adresse.

Paris.

Un box de stockage situé à moins de deux kilomètres du quartier Balard.

Puis une dernière phrase.

**Ne crois aucun des hommes qui étaient sur la photo. Pas même moi.**

Je relevai lentement la tête vers Renaud.

Il semblait aussi bouleversé que moi.

Soudain, mon téléphone vibra.

Numéro masqué.

Un message.

**Le train était un test. Tu as choisi de chercher la vérité. Maintenant, viens chercher ce que Robert a essayé de détruire.**

Une seconde notification apparut presque immédiatement.

Une photographie.

Prise quelques secondes plus tôt.

On m’y voyait dans le sous-sol, la lettre d’Antoine à la main.

Je levai brusquement les yeux vers le plafond.

Quelqu’un nous observait encore.

Puis un troisième message arriva.

**Et Emma… quand j’ai écrit que ton père était déjà dans la maison, je ne parlais pas de Robert.**

À suivre — cliquez sur la Partie 4 pour lire la suite.

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