Divertissement

Mon Mari M’a Chassée Parce Que Je Ne Pouvais Pas Avoir D’Enfants — Trois Ans Plus Tard, Nos Triplés Sont Entrés À Son Mariage Et Un Secret Vieux De 34 Ans A Tout Bouleversé

Marianne regarda l’écran noir plusieurs secondes après la fin de la vidéo. Autour d’elle, l’appartement semblait soudain trop silencieux. Alexandre avait entendu la dernière phrase. Il ne demanda pas qui était le père de Vanessa, ne manifesta même pas la surprise qu’elle attendait. Il se contenta de fermer les yeux.

— Vous le saviez, murmura Marianne.

— Je le soupçonnais.

Cette nuance la mit hors d’elle.

— Depuis combien de temps ?

Alexandre s’approcha du bureau et ouvrit un tiroir.

— Gérard Caron était stérile. Je l’ai appris lorsque j’enquêtais sur la Fondation Saint-Aurèle. Vanessa est née pendant la période où Béatrice et Gérard travaillaient avec Étienne. Je n’avais aucune preuve concernant sa paternité.

— Mais Béatrice, elle, en avait une.

— Apparemment.

Marianne pensa à Vanessa installée dans son salon, un verre de vin à la main, puis au mariage que Romain préparait avec elle. Si Vanessa était la fille d’Étienne, son rapprochement avec Romain n’avait peut-être jamais été sentimental. Mais quelque chose ne collait toujours pas.


— Pourquoi épouser Romain ? demanda-t-elle. Je suis celle qui porte les droits Beaumont.

Alexandre répondit avec prudence :

— Parce que tant que votre divorce n’est pas définitif, Romain reste juridiquement lié à vous. Peut-être veulent-ils contrôler ce qu’il sait, ce qu’il possède… ou vous pousser à signer quelque chose.

La clé numéro 17.

Marianne attrapa son manteau.

— Où allez-vous ?

— Voir Romain.

— Béatrice vient de disparaître.

— Justement.

Elle refusa qu’Alexandre l’accompagne.


Romain lui ouvrit la porte d’un appartement du seizième arrondissement peu avant minuit. Il semblait épuisé.

— Marianne ? Qu’est-ce qui se passe ?

— Ta mère a disparu.

Il blêmit.

— Quoi ?

Elle lui montra la vidéo, mais l’arrêta avant la révélation concernant Vanessa.

— Tu possèdes une clé avec le numéro 17 ?

Romain fronça les sourcils.

— Comment tu sais ça ?

Le cœur de Marianne accéléra.


Romain disparut dans sa chambre et revint avec une petite boîte en bois. À l’intérieur se trouvait une vieille montre, quelques photographies de son père et une clé en laiton portant une plaque ovale : 17.

— Mon père me l’a donnée deux jours avant sa mort. Il m’a dit de ne jamais la remettre à ma mère.

— Pourquoi ne m’en as-tu jamais parlé ?

— Parce que je pensais que c’était la clé d’un casier qu’il avait oublié de vider.

Marianne prit une photographie de la clé et l’envoya à Maître Delmas, sans prévenir Alexandre.

— Ton père connaissait-il Valombre ?

Le visage de Romain changea.

— Oui.

Marianne se figea.

Romain sortit une photographie de la boîte. On y voyait son père devant les grilles du domaine de Valombre, accompagné de Claire.


— J’ai trouvé ça après sa mort, dit-il. Je n’ai jamais compris qui était cette femme.

Marianne sentit ses yeux se remplir de larmes.

— C’est ma mère.

Romain resta pétrifié.

Pour la première fois, Marianne lui raconta une partie de ce qu’elle avait découvert. L’identité de Claire. L’héritage. Étienne. La fondation. Elle ne parla ni des triplés comme héritiers ni des soupçons concernant Alexandre.

Romain s’assit lentement.

— Mon père connaissait donc ta mère avant notre rencontre.

— Apparemment.

Il passa les mains sur son visage.

— Marianne, il faut que je te dise quelque chose.


Son ton avait changé.

— Ma mère m’a poussé vers toi.

Elle ne bougea plus.

— Quand je t’ai rencontrée, elle savait déjà qui tu étais ?

— Je ne crois pas qu’elle m’ait tout expliqué. Elle m’avait montré ta photo quelques semaines auparavant. Elle disait connaître ta mère et pensait que nous nous entendrions bien.

Marianne sentit une douleur sourde.

Même leur rencontre n’avait peut-être pas été un hasard.

— Et Vanessa ?

Romain hésita.

— Même chose.


Cette fois, Marianne lui montra la fin de la vidéo.

Lorsqu’il entendit que Vanessa était la fille d’Étienne, il se leva si brusquement que sa chaise tomba.

— Non.

— Béatrice l’affirme.

— Vanessa m’a dit que Gérard était son père.

— Peut-être qu’elle ignore elle-même la vérité.

Romain secoua lentement la tête.

— Non. Elle sait quelque chose.

Il sortit son téléphone. Trois jours auparavant, Vanessa lui avait envoyé une photographie d’un document de divorce accompagnée d’un message : « Dès que Marianne signe la renonciation patrimoniale, nous pourrons enfin avancer. »

Marianne prit le téléphone.


— Quelle renonciation ?

— Je croyais qu’elle parlait de la villa.

Ils ouvrirent les documents transmis par l’avocat de Vanessa. Au milieu des clauses financières se trouvait effectivement une déclaration par laquelle Marianne reconnaissait ne posséder aucun droit successoral non déclaré susceptible d’affecter le patrimoine du couple.

Elle sentit son sang se glacer.

Vanessa connaissait donc l’existence de l’héritage.

Romain regarda Marianne.

— Je n’ai jamais lu cette partie.

— C’est justement comme ça que ta mère m’a fait signer l’annexe de notre contrat.

La honte passa sur son visage.

— Je suis désolé.


Onze ans plus tôt, Marianne aurait donné n’importe quoi pour entendre ces mots. Maintenant, ils arrivaient trop tard.

Son téléphone vibra.

Maître Delmas avait identifié la clé.

Le numéro et le poinçon correspondaient aux anciens coffres privés du domaine de Valombre.

Ils partirent avant l’aube.

Romain conduisait. Marianne regardait Paris disparaître derrière eux, consciente de l’étrangeté de la situation : l’homme qui l’avait chassée quelques jours auparavant était désormais le seul à posséder la clé laissée par son père pour atteindre un secret caché par sa propre mère.

Valombre apparut dans la brume matinale, immense demeure de pierre derrière des grilles rouillées.

La clé 17 n’ouvrait aucune porte principale.

Ils la trouvèrent finalement dans l’ancienne bibliothèque. Derrière une rangée de livres, une plaque métallique portait dix-sept petits compartiments.

La clé entra parfaitement dans le dernier.


À l’intérieur reposaient un registre, une enveloppe cachetée et un petit magnétophone.

Romain prit l’enveloppe.

Son nom était écrit dessus.

« Pour Romain, quand il sera assez vieux pour comprendre ce que sa mère a fait. »

Il reconnut immédiatement l’écriture de son père.

Ses mains tremblaient lorsqu’il ouvrit la lettre.

Marianne observa son visage changer à mesure qu’il lisait.

— Qu’est-ce qu’il dit ?

Romain releva enfin les yeux.

— Mon père savait que Béatrice avait organisé notre rencontre.


— Pourquoi ?

Romain continua de lire, puis s’arrêta.

— Parce qu’elle voulait te garder près d’elle.

Marianne fronça les sourcils.

— Pour me surveiller ?

— Au début, oui. Mais mon père écrit qu’après la mort de ta mère, Béatrice avait fait une promesse : tant qu’elle pourrait contrôler ta vie, Étienne ne pourrait pas t’atteindre.

Marianne sentit sa colère se mêler à quelque chose de plus douloureux.

— Elle m’a sacrifiée pour me protéger.

Romain tourna la page.

Puis il pâlit.

— Il y a autre chose.

Au même instant, un bruit de moteur retentit dehors.

Une voiture venait de s’arrêter devant Valombre.

Puis une deuxième.

Romain s’approcha de la fenêtre.

— Marianne…

Elle le rejoignit.

Vanessa descendait de la première voiture.

De la seconde sortit un homme âgé, grand, appuyé sur une canne, mais encore parfaitement droit.

Marianne ne l’avait jamais vu.

Pourtant, lorsqu’elle aperçut son visage, elle reconnut immédiatement les traits d’Alexandre.

Romain serra la lettre de son père.

— Il y a son nom ici.

— Qui ?

Il regarda l’homme avancer vers la demeure.

— Étienne Beaumont.

Puis Romain baissa les yeux vers la dernière ligne écrite par son père.

« Si Étienne revient à Valombre, ne cherchez pas Béatrice. Cherchez d’abord Alexandre. C’est lui qui sait ce qui est réellement arrivé à Claire la nuit de sa mort. »

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