Divertissement

Mon Mari M’a Jetée Dehors Enceinte… Puis Le Milliardaire Le Plus Redouté De France A Découvert Le Secret De Mes Quatre Bébés

Lucien retourna son téléphone si vite que j’aurais pu croire avoir imaginé la phrase. Mais je l’avais lue. Chaque mot s’était imprimé dans mon esprit avec une précision terrifiante. Elle finira comme lui. Pendant quelques secondes, je ne sentis même plus la douleur dans mon ventre. Le bip régulier du moniteur semblait venir de très loin, tandis que les lumières de secours projetaient une lueur pâle sur le visage de Lucien.

« Donnez-moi votre téléphone. »

« Camille… »

« Donnez-le-moi. »

Ma voix tremblait, mais je ne baissai pas les yeux. Élodie observa Lucien en silence. Lui resta immobile quelques secondes, puis me tendit finalement l’appareil. Je relus le message. Une fois. Deux fois.

« Mon père est mort dans un accident de voiture. »

Lucien ne répondit pas.

« C’est ce qu’on m’a toujours dit. »

« C’est ce que le rapport officiel affirme. »

Cette nuance me glaça.


« Et vous, qu’est-ce que vous affirmez ? »

Une alarme résonna dans le couloir. Des pas précipités passèrent devant la chambre. Quelques secondes plus tard, l’électricité revint et les plafonniers se rallumèrent brutalement. Lucien se dirigea vers la porte, échangea quelques mots avec l’un de ses agents de sécurité, puis revint.

« La panne n’a touché que cet étage. »

Élodie fronça les sourcils. « Une coïncidence ? »

« Je ne crois plus aux coïncidences depuis longtemps. »

Il prit une chaise et s’assit face à moi. Pour la première fois, l’homme que toute la France décrivait comme impossible à intimider semblait hésiter.

« Votre père s’appelait Antoine Moreau. Il était expert-comptable spécialisé dans les restructurations industrielles. »

J’acquiesçai lentement. Je savais cela. Papa travaillait énormément, mais parlait rarement de ses dossiers.

« Six mois avant sa mort, poursuivit Lucien, il travaillait pour Beaumont Industries. Nous étions sur le point d’acquérir plusieurs sociétés appartenant à un consortium privé. Votre père a découvert des mouvements financiers impossibles à justifier. Des sociétés écrans. Des transferts vers l’étranger. Des dizaines de millions d’euros. »

« Quel rapport avec Nicolas ? »


Lucien serra la mâchoire.

« Le nom Delcourt apparaissait dans certains documents. »

Mon estomac se noua.

« Nicolas ? »

« Je ne sais pas. À l’époque, son père dirigeait encore une grande partie des affaires familiales. Nicolas était jeune, mais déjà impliqué dans plusieurs holdings. Antoine devait me remettre toutes les preuves le lendemain de sa mort. »

Je sentis mes doigts devenir froids.

« Et il est mort la veille. »

« Oui. »

La pluie continuait de battre les vitres.

« Pourquoi ne m’avez-vous jamais contactée ? »


Lucien détourna brièvement les yeux. « Parce que votre père m’avait fait promettre de ne jamais vous mêler à cette affaire tant que personne ne vous chercherait. »

« Personne ne me cherchait ? J’ai épousé Nicolas Delcourt. »

Cette fois, le silence de Lucien fut plus inquiétant que n’importe quelle réponse.

Je compris avant même qu’il parle.

« Vous pensez que notre rencontre n’était pas un hasard. »

Élodie se tourna brusquement vers lui.

Lucien inspira lentement.

« Je pense qu’il faut envisager cette possibilité. »

Je revis notre première rencontre avec Nicolas cinq ans plus tôt. Une exposition caritative dans le huitième arrondissement. J’avais renversé mon verre sur sa manche. Il avait ri. Il m’avait invitée à dîner deux jours plus tard. J’avais toujours raconté cette histoire comme si le destin nous avait réunis.

Et si ce n’était pas le destin ?


Une douleur traversa soudain mon ventre.

Je me pliai en deux.

« Camille ? »

Lucien se leva immédiatement. Une infirmière entra presque aussitôt, suivie du médecin. On me demanda de respirer, de ne plus parler. Les contractions s’étaient rapprochées.

Pendant les vingt minutes suivantes, tout ce qui concernait Nicolas, mon père et les trente-deux millions disparut derrière une seule peur : garder mes enfants en moi.

Finalement, les médicaments commencèrent à agir. Le rythme des contractions ralentit.

Le médecin me regarda sévèrement.

« Vous devez éviter tout stress inutile. Chaque heure compte maintenant. »

J’aurais presque ri si je n’avais pas été aussi épuisée.

Lorsque nous fûmes de nouveau seuls, Élodie referma les documents.


« Plus aucune discussion ce soir. »

Mais je secouai la tête.

« Une seule question. Pourquoi trente-deux millions ? »

Lucien hésita.

« Je l’ignore. Votre père avait placé cet argent dans une structure fiduciaire protégée. Elle devait vous être révélée dans certaines circonstances. »

« Lesquelles ? »

Élodie consulta les informations reçues.

Son expression changea.

« Une grossesse. »

Je la fixai.


« Pardon ? »

« Le mécanisme de déblocage devait être activé lorsque vous auriez un descendant légalement reconnu. »

Tout mon corps se raidit.

Nicolas venait d’apprendre que j’attendais des triplés.

Quelques heures plus tard, ses avocats réclamaient déjà des droits sur eux.

Ce n’était peut-être pas seulement une question d’héritiers Delcourt.

« Il savait », murmurai-je.

Lucien ne répondit pas, mais je vis dans ses yeux qu’il pensait la même chose.

Élodie ouvrit son ordinateur. « Il faut déterminer quand Nicolas a découvert l’existence de cette fiducie. »

« Et surtout comment », ajouta Lucien.


Mon téléphone vibra sur la table.

Nous nous figeâmes tous les trois.

Ce n’était pas Nicolas.

Le numéro de l’hôpital apparaissait.

Je décrochai.

« Madame Moreau ? Ici l’accueil de nuit. Une femme demande à vous voir. »

« Qui ? »

Un silence.

« Elle affirme être votre mère. »

Mon cœur rata un battement.


Je regardai Lucien.

« C’est impossible. »

Ma mère, Isabelle Moreau, était morte lorsque j’avais quinze ans.

Je le dis à l’employée.

Elle resta silencieuse quelques secondes avant de répondre :

« Madame… elle possède vos actes de naissance originaux. Et elle vient de nous donner le mot de passe de sécurité attaché à votre dossier médical. »

Je n’avais jamais communiqué ce mot de passe à Nicolas.

Une seule personne le connaissait autrefois.

Mon père.

Lucien se leva.


« Quel est son nom ? »

Je répétai la question à l’employée.

Des voix étouffées résonnèrent à l’autre bout de la ligne.

Puis la réponse arriva.

« Elle dit s’appeler Hélène Vasseur. »

Le visage de Lucien se vida instantanément de toute expression.

Il connaissait ce nom.

« Non », murmura-t-il.

Je raccrochai lentement.

« Qui est Hélène Vasseur ? »


Lucien regarda Élodie, puis moi.

« La femme qui travaillait avec votre père sur le dossier Delcourt. »

Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale.

« Pourquoi prétend-elle être ma mère ? »

Avant que Lucien puisse répondre, quelqu’un frappa trois fois contre la porte.

Deux coups rapides.

Une pause.

Puis le troisième.

Lucien pâlit.

« C’était le signal d’Antoine. »

La poignée commença lentement à s’abaisser.

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