Divertissement

Mon Mari M’a Jetée Dehors Enceinte… Puis Le Milliardaire Le Plus Redouté De France A Découvert Le Secret De Mes Quatre Bébés

Pendant plusieurs secondes, je crus que les médicaments avaient brouillé mon esprit. Je regardais Nicolas, puis mon ventre, puis de nouveau Nicolas. Quatre battements réguliers apparaissaient encore sur le moniteur. Quatre vies que j’avais considérées, depuis le premier test positif, comme le dernier lien entre l’homme que j’avais aimé et moi.

« Répète. »

Nicolas déglutit.

« Le spécialiste m’a dit que je ne pouvais pas avoir d’enfant naturellement. »

« Et tu l’as appris il y a sept mois ? »

« Oui. »

Je calculai malgré moi. Sept mois. Ma grossesse remontait à six mois.

« Tu savais avant que je tombe enceinte. »

Il détourna les yeux.

Cette fois, je compris pourquoi il avait été si distant lorsque je lui avais annoncé ma grossesse. Je m’étais raconté qu’il avait peur. Qu’il était dépassé. Puis Chloé était apparue.


Mais peut-être avait-il simplement cru que je l’avais trompé.

« C’est pour ça que tu m’as traitée comme ça ? »

« Au début, j’ai pensé que… »

Il s’interrompit.

« Dis-le. »

« Que les enfants n’étaient pas de moi. »

Les larmes me montèrent aux yeux.

« Et au lieu de me poser une seule question, tu as pris une maîtresse, préparé un divorce et organisé ma ruine financière ? »

« Chloé était là avant les résultats. »

Je laissai échapper un rire brisé.


Même sa tentative d’explication réussissait à aggraver les choses.

« Magnifique. »

Élodie intervint froidement.

« Un diagnostic d’infertilité n’est pas toujours synonyme d’impossibilité absolue de conception. Il faut consulter les résultats exacts avant d’en tirer une conclusion. »

Lucien observait Nicolas avec une attention étrange.

« Qui vous a fait passer ces examens ? »

Nicolas fronça les sourcils.

« Une clinique privée à Neuilly. »

« Le nom. »

« Clinique Saint-Augustin. »


Lucien sortit immédiatement son téléphone.

« Élodie, vérifiez l’actionnariat. »

Quelques minutes suffirent.

Elle releva les yeux de son écran.

« La clinique appartient à Medaris Santé. »

Nicolas pâlit.

Je ne comprenais pas.

« Et alors ? »

Lucien répondit.

« Medaris appartenait autrefois à Philippe Delcourt. »


Le père de Nicolas.

Un frisson me parcourut.

« Vous pensez que ses résultats ont été falsifiés ? »

« Je pense que nous devons cesser de croire les documents uniquement parce qu’ils portent un logo officiel. »

Nicolas s’approcha de la fenêtre.

« Mon père est mort il y a quatre ans. »

« Ses sociétés, elles, existent toujours », répondit Lucien.

Je fermai les yeux. J’étais épuisée. Pourtant, chaque réponse ouvrait une porte plus sombre. Mon mariage arrangé sans que je le sache. Une fiducie mystérieuse. Trente-deux millions versés par Philippe Delcourt. Mon père mort après les avoir découverts. Maintenant, la paternité de mes enfants elle-même devenait une énigme.

« Je veux le test », dis-je.

Nicolas se retourna.


« Camille… »

« Un test de paternité prénatal non invasif. Je veux savoir. »

Le médecin, revenu vérifier mes constantes, m’expliqua qu’aucune décision ne serait prise dans la précipitation et que toute procédure devrait être évaluée pour éviter un stress supplémentaire. J’acceptai. Je ne voulais prendre aucun risque pour mes bébés.

Lorsque Nicolas voulut rester, je refusai.

« Va-t’en. »

« Je peux attendre dehors. »

« Non. »

Il resta immobile.

« Si les enfants sont les miens… »

« Ils ne deviennent pas soudainement précieux parce qu’un laboratoire te donne la réponse que tu veux. »


Il baissa la tête.

Puis il partit.

Lucien, lui aussi, se dirigea vers la porte.

« Vous restez. »

Il s’arrêta.

« Je veux savoir pourquoi mon père m’a dit de ne pas vous faire confiance. »

Il revint lentement.

« Antoine avait de bonnes raisons de se méfier de moi. »

« Lesquelles ? »

Lucien resta silencieux un moment.


« J’avais vingt-neuf ans lorsqu’il a découvert les transferts financiers. Beaumont Industries traversait une période difficile. Mon père venait de mourir. Je voulais sauver l’entreprise à n’importe quel prix. »

« Vous avez participé aux transferts ? »

« J’ai accepté de l’argent dont je n’ai pas suffisamment vérifié l’origine. »

Élodie le regarda, surprise.

« Lucien… »

« Camille mérite de savoir. »

Il continua.

« Antoine pensait que Philippe Delcourt utilisait plusieurs acquisitions pour blanchir des fonds et dissimuler des prises de participation. Lorsque votre père m’a prévenu, j’ai d’abord refusé de le croire. Nous nous sommes disputés. »

« Et le lendemain, il est mort. »

« Oui. »


La culpabilité dans ses yeux semblait vieille de six ans.

« C’est pour ça que vous m’avez reconnue dans le bus. »

« Je vous avais déjà vue en photographie. »

« Vous me surveilliez ? »

« Non. Mais lorsque vous avez épousé Nicolas, j’ai compris qu’Antoine avait probablement échoué à vous protéger de quelque chose. »

« Et vous n’avez rien fait. »

Il encaissa ma phrase.

« Non. Et je le regrette. »

À cet instant, Élodie reçut un appel. Elle s’éloigna, parla quelques minutes, puis revint avec une expression tendue.

« Nous avons retrouvé le véhicule utilisé par Hélène. Abandonné près du quai Branly. Aucun signe d’elle. »


Mon cœur se serra.

« Elle a été enlevée ? »

« Nous ne savons pas. »

Élodie posa ensuite une enveloppe transparente sur la table.

« Mais la sécurité a trouvé ceci sous le siège. »

Une carte magnétique.

Dessus figurait le logo de la Banque privée Saint-Honoré et le numéro 417.

Je sortis la petite clé qu’Hélène m’avait donnée.

Deux éléments d’un même coffre.

« J’irai demain », dis-je.


Lucien secoua immédiatement la tête.

« Pas dans votre état. »

« Alors la banque viendra ici. »

Élodie me regarda.

« Avec une ordonnance et l’accord de l’établissement, nous pouvons peut-être organiser l’ouverture sécurisée à distance, ou faire transférer le contenu sous contrôle d’huissier. »

Trois heures plus tard, alors que Paris approchait de l’aube, la banque accepta une procédure exceptionnelle. Deux représentants arrivèrent accompagnés d’un huissier. Un coffret métallique gris fut apporté dans ma chambre.

Je glissai la clé dans la serrure.

Mes mains tremblaient.

À l’intérieur se trouvaient trois dossiers, une clé USB et une enveloppe portant mon prénom.

Je reconnus immédiatement l’écriture de mon père.

**Pour Camille. À ouvrir avant tout le reste.**

Je déchirai l’enveloppe.

Une lettre.

*Ma chérie, si tu lis ceci, c’est que je n’ai pas réussi à revenir vers toi.*

Ma vision se brouilla.

Je continuai.

*Tu dois savoir que l’argent placé à ton nom par Philippe Delcourt n’était pas un cadeau. C’était le prix de son silence.*

Je levai les yeux.

« Son silence sur quoi ? »

Lucien prit l’un des dossiers.

Son visage se figea.

À l’intérieur se trouvaient des analyses médicales, des actes notariés et plusieurs photographies anciennes.

Élodie en saisit une.

Philippe Delcourt y apparaissait aux côtés d’Hélène.

Très proches.

La photographie avait été prise dans une maternité.

Hélène tenait un nouveau-né dans ses bras.

Au dos, mon père avait écrit :

**Camille — 12 avril. Philippe refuse toujours de reconnaître ce qu’il a fait.**

Je sentis le monde se dérober sous moi.

« Pourquoi Philippe Delcourt était-il là le jour de ma naissance ? »

Personne ne répondit.

Je repris la lettre avec des doigts tremblants.

Il restait une dernière phrase.

*Camille, Hélène t’a donné la vie, mais Philippe Delcourt est la raison pour laquelle nous avons dû cacher qui tu étais réellement.*

Je relevai les yeux vers Nicolas.

Il venait de revenir dans l’encadrement de la porte.

Son regard était fixé sur la photographie.

Puis sur moi.

Et pour la première fois, nous comprîmes tous les deux la même possibilité terrifiante.

Si Philippe Delcourt était mon père biologique, Nicolas et moi pouvions appartenir à la même famille.

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