Divertissement

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« Adrien. »

La voix de Camille était à peine audible sous le masque à oxygène, pourtant entendre mon prénom sur ses lèvres faillit faire voler en éclats toutes les barrières que j’avais érigées depuis cinq ans.

Puis le moniteur se mit à hurler.

Ses yeux se refermèrent et sa tension s’effondra.

« Docteur Delcourt ! » cria l’anesthésiste.

Je forçai mes mains à rester parfaitement stables.

« Extraction en urgence. Maintenant. »

Les minutes suivantes se fondirent en une succession de sang, d’ordres lancés à voix haute et de gestes désespérément rapides.

Le premier bébé naquit dans un silence terrifiant.

Puis un minuscule cri déchira le bloc opératoire.


Le second suivit quelques instants plus tard, plus petit, en difficulté respiratoire, mais vivant.

« Deux garçons », annonça le médecin de néonatologie.

J’aurais dû ressentir du soulagement.

Au lieu de cela, mon regard tomba sur une petite tache de naissance près de l’épaule du premier bébé.

Un croissant sombre.

Exactement comme le mien.

Mes mains devinrent glacées.

C’était impossible.

Camille était enceinte de trente-deux semaines.

Je ne l’avais pas vue depuis cinq ans.


Avant même que je puisse comprendre ce que cela signifiait, son rythme cardiaque devint irrégulier.

« On la perd ! »

Je maîtrisai l’hémorragie pendant qu’un autre chirurgien m’assistait. Chaque seconde ressemblait à une punition pour cette nuit où je l’avais abandonnée.

Enfin, le saignement ralentit.

Camille survécut.

Quelques heures plus tard, je me tenais devant le service de réanimation lorsque ma mère, Véronique Delcourt, apparut dans un manteau blanc impeccable.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? » demandai-je.

Elle jeta un regard à travers la vitre, en direction de Camille.

« J’ai appris qui était ta patiente. »

Son calme me noua l’estomac.


« Tu savais qu’elle était à Paris ? »

Véronique ne répondit pas.

Je fis un pas vers elle.

« Tu m’avais dit qu’elle avait disparu après nous avoir volés. »

« C’était le cas. »

« Alors explique-moi les fausses preuves. »

Pour la première fois, son expression changea.

Une infirmière nous interrompit en apportant les effets personnels de Camille.

Dans le sac se trouvaient le bracelet en argent, une vieille photo de Camille et moi, ainsi qu’une enveloppe scellée portant l’écriture de mon père.

Mon père était mort trois ans plus tôt.


Je déchirai l’enveloppe.

Adrien,

Si Camille revient un jour, crois-la. Ta mère m’a payé pour l’aider à vous séparer. Les enfants ont un lien avec toi, mais pas de la manière que tu imagineras d’abord.

Sous la lettre se trouvait un compte rendu médical.

Les jumeaux avaient été conçus grâce à un transfert d’embryons.

Le père génétique indiqué sur le document était moi.

Je fixai ma mère.

Elle murmura :

« Ces embryons étaient censés avoir été détruits. »

À cet instant, l’alarme du moniteur de Camille retentit de nouveau.


Un homme en tenue de bloc surgit de sa chambre en courant, une seringue vide à la main.
À suivre — cliquez sur la Partie 3 pour continuer.

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