Divertissement

Il Lui Agita Un Soutien-Gorge Rouge Sous Le Nez — Puis L’Officière Des Commandos Marine Décida De Répondre Sans Un Mot

Manon abaissa lentement ses jumelles.

« Ils nous ont repérés. »

Le chef d’équipe tourna la tête vers elle.

« On décroche ? »

« Non. »

Elle observa de nouveau la zone de stockage.

Vasseur n’avait pas cherché à fuir.

C’était précisément ce qui l’inquiétait.

L’homme en civil tenait toujours la mallette contenant le faux registre. L’officier supérieur restait près de la voiture, parfaitement calme.

Ils les attendaient.


Manon prit son téléphone sécurisé.

« Deuxième équipe, ne bougez pas. Personne n’entre dans la zone avant mon ordre. »

Le commandant répondit depuis le véhicule placé plus loin.

« Lefèvre, s’ils savent que nous sommes là, l’opération est compromise. »

« Pas nécessairement. »

Elle fixa l’ancienne installation.

Des bâtiments abandonnés.

Des entrepôts.

Une seule route principale.

Un endroit idéal pour dissimuler un transfert.


Mais aussi un endroit idéal pour enfermer ceux qui venaient observer.

Manon comprit soudain.

« La mallette ne les intéresse plus. »

Le chef d’équipe fronça les sourcils.

« Pourquoi ? »

« Parce que Vasseur sait qu’elle est fausse. »

« Comment pourrait-il le savoir ? »

Manon pensa au hangar.

Au téléphone laissé volontairement.

Aux photos reçues en temps réel.


Aux horaires toujours connus à l’avance.

« Parce qu’ils voient encore une partie de nos communications. »

Elle saisit immédiatement son téléphone.

« Coupez tout. Téléphones, transmissions numériques, géolocalisation. Maintenant. »

Quelques secondes plus tard, les appareils furent éteints.

Manon regarda la zone.

Vasseur venait de sourire.

Confirmation suffisante.

« Il attendait qu’on réagisse. »

Elle ouvrit la portière.


« On continue à pied. »

Le chef d’équipe la suivit.

Ils contournèrent la clôture par un talus couvert de végétation et approchèrent par l’arrière des entrepôts.

Cette fois, aucune communication.

Aucun dispositif connecté.

Seulement des gestes.

Du silence.

Et ce que Manon savait faire depuis le début : observer.

À travers une ouverture dans une tôle, elle aperçut l’intérieur du bâtiment principal.

Plusieurs caisses y étaient empilées.


Les mêmes dimensions.

Les mêmes marquages militaires.

Les mêmes numéros qu’elle avait déjà vus dans les documents récupérés après l’incendie.

Le réseau n’avait pas seulement existé.

Il fonctionnait encore.

L’homme en civil posa la mallette sur une table.

Vasseur l’ouvrit.

Il regarda rapidement les premières pages.

Puis il éclata de rire.

« Vous aviez raison », dit-il à l’officier supérieur. « Elle a essayé de nous faire sortir. »


L’homme ne sourit pas.

« Et elle est venue elle-même. »

Manon reconnut immédiatement sa voix.

Le vice-amiral Philippe Delcourt.

L’homme qui avait reçu son rapport.

L’homme qui avait validé son affectation.

L’homme qu’elle avait cru suffisamment haut placé pour garantir qu’une anomalie serait examinée sérieusement.

Elle sentit quelque chose se briser en elle.

Pas de la peur.

La dernière trace de confiance.


Delcourt referma la mallette.

« Lefèvre ! »

Sa voix résonna dans l’entrepôt.

« Vous avez fait tout ce chemin. Inutile de vous cacher maintenant. »

Manon ne bougea pas.

Vasseur leva les yeux vers les passerelles.

« Si vous ne sortez pas, nous faisons disparaître tout ce qui est ici avant l’arrivée de votre renfort. »

Manon regarda les caisses.

Ils bluffaient.

Ils ne pouvaient pas déplacer autant de matériel en quelques minutes.


Mais ils pouvaient le détruire.

Elle indiqua silencieusement au chef d’équipe de contourner le bâtiment.

Puis elle entra seule.

Delcourt la regarda apparaître entre les caisses.

« Lieutenant de vaisseau Lefèvre. »

Manon s’arrêta à plusieurs mètres.

« Vice-amiral. »

Il eut presque l’air déçu.

« Vous auriez pu laisser votre rapport mourir dans une archive. »

« Et vous auriez continué. »


« Bien sûr. »

Aucun déni.

Aucune tentative pour se justifier.

Vasseur se plaça légèrement sur le côté.

Manon le remarqua.

« Les deux militaires blessés vous gênaient aussi ? »

Delcourt répondit avec une froideur terrifiante.

« Ils étaient devenus imprévisibles. »

« Comme moi. »

« Vous étiez pire. »


Il s’approcha d’une caisse.

« Vous aviez vu les numéros. Puis vous aviez demandé pourquoi certaines cargaisons apparaissaient deux fois dans les registres. Ce genre de curiosité peut devenir très coûteux. »

Manon fixa Vasseur.

« Alors vous m’avez fait venir sur cette base pour fabriquer un accident. »

Delcourt secoua la tête.

« Nous vous avons offert plusieurs sorties. »

Manon comprit.

Renaud.

Les humiliations.

La pression.

Les provocations.

« Vous espériez que je quitte l’exercice. »

« Cela aurait été plus simple. Une officière qui demande son retrait après un conflit avec ses camarades. Votre rapport aurait ensuite été discrédité comme celui de quelqu’un incapable de supporter la pression. »

Manon regarda Vasseur.

« Et quand je suis restée ? »

Cette fois, ce fut lui qui répondit.

« La liste des pertes. »

Le chef d’équipe avait donc eu raison.

Les humiliations n’étaient pas seulement du mépris.

Elles avaient aussi fourni une couverture parfaite.

Manon se tourna de nouveau vers Delcourt.

« Pourquoi ces caisses ? »

Il resta silencieux.

Elle observa les marquages.

Transmissions.

Optique.

Systèmes de guidage.

Matériel sensible assez coûteux pour financer un réseau entier s’il était détourné et revendu.

« Vous ne déplaciez pas seulement du matériel », dit-elle.

Delcourt la fixa.

« Vous remplaciez les caisses officielles par des copies administratives, puis vous faisiez sortir les vraies cargaisons pendant les rotations interarmées. »

Le silence confirma son raisonnement.

« Les exercices vous donnaient le volume nécessaire pour cacher les écarts. »

Vasseur sourit.

« Vous comprenez vite. C’est précisément votre problème. »

Manon entendit alors trois petits coups métalliques derrière le mur.

Le signal du chef d’équipe.

Il avait atteint l’autre côté.

Elle continua à parler.

« Renaud n’était jamais censé connaître l’ensemble du système. »

« Non », répondit Delcourt. « Il était utile parce qu’il voulait prouver qu’il était indispensable. Les hommes orgueilleux sont remarquablement faciles à manipuler. »

Manon pensa aux humiliations dans le réfectoire.

Au soutien-gorge rouge.

Renaud avait été responsable de ses actes.

Mais quelqu’un avait exploité exactement ce qu’il était.

Delcourt regarda sa montre.

« Maintenant, cela suffit. »

Vasseur sortit un petit dispositif de sa poche.

Manon reconnut immédiatement le même type de commande que dans le hangar.

Son regard se porta vers les caisses.

Plusieurs petits voyants étaient fixés sous les structures métalliques.

« Vous allez détruire les preuves. »

« Et faire croire qu’un stock abandonné contenait des munitions instables », répondit Vasseur.

Manon ne bougea pas.

« Avec nous à l’intérieur. »

Delcourt la regarda presque avec regret.

« Votre nom figurait déjà sur la liste. »

Vasseur leva le pouce vers l’interrupteur.

À cet instant, toutes les lumières de l’entrepôt s’éteignirent.

Le chef d’équipe avait coupé l’alimentation.

Manon plongea immédiatement derrière une rangée de caisses.

Un cri retentit.

Puis un choc métallique.

Vasseur venait de perdre le dispositif.

Manon avança dans l’obscurité, guidée par la position qu’elle avait mémorisée.

Elle atteignit la table.

Quelqu’un surgit devant elle.

Vasseur.

Ils se heurtèrent brutalement.

Il tenta de la repousser, mais Manon pivota, utilisa son élan contre lui et l’envoya contre le bord métallique de la table.

Le dispositif glissa au sol.

Delcourt se précipita vers lui.

Manon fut plus rapide.

Son pied se posa dessus.

« Terminé. »

Une lumière extérieure traversa soudain les fenêtres.

Puis une autre.

Les véhicules de la deuxième équipe entraient dans la zone.

Des ordres retentirent à l’extérieur.

Delcourt recula.

Pour la première fois, son calme disparut.

Vasseur, lui, regarda vers une porte latérale.

Manon comprit immédiatement.

« Ne le laissez pas sortir ! »

Le chef d’équipe surgit dans son passage.

Vasseur changea de direction, mais plusieurs silhouettes apparurent déjà aux deux entrées.

Il était encerclé.

Delcourt regarda les hommes entrer.

Puis Manon.

« Vous croyez avoir gagné parce que vous avez trouvé cet entrepôt ? »

Elle ne répondit pas.

Il eut un sourire glacial.

« Vous ne savez même pas où la dernière cargaison a été envoyée. »

Manon sentit son attention se fixer sur ces mots.

Dernière cargaison.

Delcourt comprit trop tard qu’il venait d’en dire davantage qu’il ne le voulait.

Manon regarda immédiatement la mallette.

Sous le faux registre qu’ils avaient apporté se trouvait désormais un véritable bordereau que l’homme en civil avait posé là en arrivant.

Une destination était imprimée au bas de la page.

Un quai militaire.

Une heure de départ.

05 h 30.

Le lendemain matin.

Manon regarda sa montre.

Il leur restait moins de neuf heures.

Et pour la première fois, ils savaient exactement où le réseau comptait faire disparaître sa dernière preuve.

**À suivre — cliquez sur la Partie 9 pour continuer.**

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