Divertissement

J’ai Découvert les Ecchymoses de Ma Fille Enceinte — Puis Elle M’a Suppliée de Ne Pas Défier Son Mari, Directeur de l’Hôpital

Pendant quelques secondes, personne ne parla.

La voix enregistrée de mon ancien supérieur semblait encore suspendue dans l’air, comme une fumée toxique impossible à chasser.

Chloé avait pâli.

Sa main reposait sur son ventre, immobile, protectrice.

« Maman… qu’est-ce que ça veut dire ? »

Je connaissais cette voix.

Le général Antoine Varenne avait été mon supérieur pendant près de neuf ans. Il avait signé deux de mes citations militaires, recommandé ma promotion au grade de générale et assisté au mariage de Chloé.

Il l’avait regardée marcher vers l’autel.

Il avait serré Julien dans ses bras.

Et maintenant, je venais d’entendre sa voix parler de la mort de ma fille comme d’une simple étape logistique.


Je tendis la main.

« Faites repasser l’enregistrement. »

Évelyne ne posa aucune question.

La voix de Varenne retentit de nouveau.

« Une fois que la fille de la générale sera morte, Delorme nous remettra le bébé. »

Puis celle de Julien.

Plus basse.

Plus tendue.

« Et si elle survit ? »

Un silence.


Puis Varenne répondit :

« Elle ne survivra pas. C’est précisément pour cela que nous vous avons placé à la tête de cet établissement. »

Chloé étouffa un sanglot.

Je ne bougeai pas.

À l’intérieur, quelque chose venait pourtant de se briser définitivement.

Pas la confiance.

Elle avait disparu dès que j’avais reconnu la voix.

Non.

Ce qui venait de disparaître, c’était toute hésitation.

Marc coupa l’enregistrement.


« Il y a davantage. »

Je tournai les yeux vers lui.

« Depuis combien de temps savez-vous que Varenne est impliqué ? »

Il baissa légèrement la tête.

Je reconnus immédiatement ce geste.

Un officier qui s’apprête à annoncer quelque chose qu’il aurait préféré taire.

« Depuis quarante-sept minutes. »

« Expliquez. »

« Dès réception de votre message, nous avons lancé un croisement prioritaire entre les dossiers financiers de Delorme, les décès suspects, les communications sécurisées et certains marchés publics liés au ministère de la Défense. Le nom de Varenne est apparu à travers trois sociétés écrans. »

Chloé secoua lentement la tête.


« Mais pourquoi mon bébé ? »

Cette question me fit plus mal que tout le reste.

Marc regarda l’enquêteur.

L’homme ouvrit une chemise grise.

« Nous ne savons pas encore exactement. Mais nous savons que votre grossesse a été suivie de manière anormalement précise depuis le premier trimestre. »

Il sortit plusieurs feuilles.

« Analyses sanguines copiées sans autorisation. Échantillons transférés vers un laboratoire privé. Résultats génétiques consultés à plusieurs reprises par des utilisateurs n’ayant aucune raison médicale d’y accéder. »

Je pris les documents.

« Quel laboratoire ? »

Il me montra le nom.


Mon estomac se contracta.

Centre de recherche biomédicale Saint-Rémy.

Je connaissais cet endroit.

Pas publiquement.

Saint-Rémy apparaissait officiellement comme un laboratoire étudiant certaines maladies héréditaires rares.

Dans les faits, plusieurs unités militaires y avaient envoyé des prélèvements biologiques pendant des années dans le cadre de programmes médicaux classifiés.

Moi comprise.

Je relevai les yeux.

« Ils avaient accès à mon dossier génétique. »

Marc acquiesça.


Chloé me regarda.

« Ton dossier génétique ? »

Je pris quelques secondes avant de répondre.

« Après une exposition chimique pendant une mission extérieure, plusieurs membres de mon unité ont été suivis pendant des années. Prises de sang, examens, analyses génétiques. Ils nous avaient dit que c’était uniquement pour surveiller les effets à long terme. »

L’enquêteur referma la chemise.

« Il semble que quelqu’un ait conservé ces données. »

Un froid terrible me traversa.

Tout à coup, le mariage de Chloé avec Julien me parut différent.

Sa rencontre avec elle lors d’un gala médical.

Ses attentions.


Sa patience.

La façon dont il s’était intégré à notre famille avec une facilité presque parfaite.

Rien n’avait peut-être été laissé au hasard.

Chloé murmura :

« Il m’a choisie. »

Je pris son visage entre mes mains.

« Écoute-moi. Ce qu’il a fait ne dit rien sur toi. »

« Mais il savait qui j’étais avant même de me rencontrer. »

Je ne mentis pas.

« C’est possible. »


Ses yeux se remplirent de larmes, mais cette fois, elle ne détourna pas le regard.

« Alors on arrête de fuir. »

Je vis quelque chose revenir dans son expression.

La jeune fille qui autrefois refusait de quitter un terrain de sport après s’être ouvert le genou.

Ma fille.

Pas la femme terrorisée que Julien avait essayé de fabriquer.

Évelyne se rapprocha.

« Nous devons agir vite. Julien pense que l’intervention aura lieu ce soir. S’il découvre que nous savons, il peut modifier son plan. »

Marc consulta sa montre.

« Une équipe judiciaire est déjà en route pour saisir les serveurs administratifs. Mais nous avons un problème. »


« Lequel ? »

Il me tendit une tablette.

Une caméra de sécurité montrait Julien traversant un couloir privé de l’hôpital.

Il parlait au téléphone.

Nous n’entendions rien.

Puis il s’arrêta.

Regarda autour de lui.

Et entra dans un ascenseur réservé à la direction.

« Où va-t-il ? »

Évelyne répondit :


« Sous-sol moins trois. »

« Qu’y a-t-il là-bas ? »

Elle hésita.

« Officiellement, des archives et du matériel chirurgical. »

« Et officieusement ? »

Elle regarda Chloé avant de répondre.

« Une unité médicale qui n’apparaît sur aucun plan destiné au personnel. »

Je fixai l’écran.

Marc agrandit l’image.

Au poignet de Julien, sous sa manche, dépassait légèrement un bracelet rouge.

Je le reconnus immédiatement.

Pas parce que Julien en portait souvent.

Parce que j’avais déjà vu ce type de marquage lors d’opérations militaires conjointes.

Un code d’accès temporaire.

Utilisé pour entrer dans des zones sécurisées compartimentées.

« Ce sous-sol n’appartient pas réellement à l’hôpital », dis-je.

Marc me regarda.

Il avait compris la même chose.

À cet instant, le téléphone d’Évelyne vibra.

Elle consulta le message.

Toute couleur disparut de son visage.

« Julien vient de modifier l’heure de la césarienne. »

Chloé se raidit.

« À quelle heure ? »

Évelyne releva lentement les yeux.

« Dans quarante minutes. »

Je pris aussitôt mon téléphone sécurisé.

« Marc, vous restez avec Chloé. Personne ne l’approche sans votre autorisation. »

« Et vous ? »

Je regardai une dernière fois l’image de Julien disparaissant dans l’ascenseur.

« Je vais découvrir ce qu’ils cachent au sous-sol. »

Marc se plaça devant moi.

« Générale, si Varenne est réellement derrière cette opération, nous ne savons pas combien de personnes ici travaillent pour lui. »

Je soutins son regard.

« Alors nous allons le découvrir avant qu’ils ne comprennent que nous les avons identifiés. »

Chloé attrapa mon bras.

« Maman. »

Je me retournai.

Elle avait peur.

Mais elle ne tremblait plus.

« Ramène-moi la vérité. »

Je serrai sa main.

« Je te ramènerai plus que ça. »

Puis je quittai la salle.

Dans le couloir, les infirmières continuaient leur travail. Des familles attendaient des nouvelles. Des nouveau-nés pleuraient derrière des portes fermées.

Tout semblait normal.

C’était justement ce qui rendait la situation si dangereuse.

Je savais désormais que Julien Delorme n’était pas simplement un mari violent protégé par son pouvoir.

Il était un maillon.

Et quelque part sous nos pieds, derrière des portes que même le personnel de l’hôpital ignorait, se trouvait peut-être la raison pour laquelle mon petit-enfant avait été choisi avant même sa naissance.

À l’entrée de l’ascenseur réservé à la direction, j’appuyai sur le bouton du niveau moins trois.

L’écran resta noir.

Accès refusé.

Puis une voix derrière moi murmura :

« Général… si vous descendez là-dessous, il n’y aura plus de retour possible. »

Je me retournai.

Un homme en blouse chirurgicale se tenait à quelques mètres.

Je le reconnus immédiatement.

Il figurait sur l’une des photos du dossier des six décès maternels.

Et il tenait dans sa main un badge d’accès rouge.

À suivre — cliquez sur la Partie 4 pour continuer.

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