Divertissement

J’ai Découvert les Ecchymoses de Ma Fille Enceinte — Puis Elle M’a Suppliée de Ne Pas Défier Son Mari, Directeur de l’Hôpital

Marc n’eut pas besoin qu’on lui répète l’ordre.

Il s’éloigna aussitôt avec deux agents tandis qu’Évelyne accompagnait Chloé vers l’aile sécurisée.

Je marchais à côté du brancard, une main posée sur son épaule.

« Maman, souffla-t-elle, va avec eux. »

Je baissai les yeux vers elle.

« Je ne te laisse pas seule. »

« Je ne suis plus seule. »

Elle regarda Évelyne, puis les agents qui encadraient le couloir.

« Si d’autres familles sont en danger à cause de ce qui vous est arrivé… trouve-les. »

Pendant une seconde, je revis la petite fille avec ma casquette militaire.


Puis je vis la femme qu’elle était devenue.

« Je reviens. »

Elle serra mes doigts.

« Je sais. »

Je rejoignis Marc dans une salle de consultation transformée en poste de commandement improvisé.

Trois ordinateurs étaient ouverts.

Des listes défilaient à l’écran.

« Nous avions vingt-deux militaires dans votre unité au moment de l’exposition », dit Marc. « Sept sont morts depuis. Quatre vivent à l’étranger. Onze sont encore en France. »

« Enfants ? »

« Nous vérifions. »


Un analyste leva brusquement la tête.

« Colonel. J’ai quelque chose. »

Il fit apparaître un tableau.

Plusieurs noms étaient associés à des dossiers de Saint-Rémy.

Le mien figurait en haut.

Puis celui du capitaine Laurent Perrin.

Je sentis mon ventre se nouer.

Laurent.

Il avait servi à mes côtés pendant douze ans.

Nous avions respiré le même nuage toxique lors de cette mission.


« Où est-il ? »

« Toulouse. »

« Sa famille ? »

L’analyste hésita.

« Une fille. Camille Perrin. Trente ans. Enceinte de trente-neuf semaines. »

Personne ne parla.

Marc consulta rapidement une autre fenêtre.

« Son dossier obstétrical a été transféré il y a trois semaines. »

« Où ? »

L’analyste tourna l’écran vers nous.


Je lus le nom.

Une clinique privée appartenant au même groupe financier que l’hôpital de Julien.

« Appelez Laurent. Maintenant. »

Marc composa.

Une sonnerie.

Deux.

Trois.

Puis une voix masculine répondit.

« Allô ? »

Je pris le téléphone.


« Laurent, c’est moi. »

Silence.

« Mon général ? »

Il utilisait encore le titre après toutes ces années.

« Écoute-moi attentivement. Où est Camille ? »

Sa respiration changea.

« À la clinique. Ils l’ont appelée il y a une heure. Ils ont dit qu’ils devaient déclencher l’accouchement. Pourquoi ? »

Je fermai les yeux une fraction de seconde.

Le protocole Varenne.

« Laurent, tu vas faire exactement ce que je te dis. Tu ne préviens personne à la clinique. Tu ne rappelles aucun médecin. Tu quittes ton domicile et tu attends les instructions de Marc. »


« Qu’est-ce qui se passe ? »

« Camille est en danger. »

Le silence à l’autre bout fut terrible.

Puis l’ancien soldat répondit simplement :

« Compris. »

Marc donna immédiatement l’ordre à une équipe judiciaire de Toulouse d’intervenir.

L’analyste continua ses recherches.

« Il y en a d’autres. »

Cinq descendants directs de membres de notre ancienne unité apparaissaient dans des bases de données médicales reliées à Saint-Rémy.

Trois avaient eu des enfants au cours des quatre dernières années.


Deux de ces naissances avaient été suivies par des établissements appartenant au réseau financier de Delorme.

Mon regard se fixa sur une ligne.

Un nourrisson déclaré mort vingt minutes après sa naissance.

Aucun certificat d’autopsie.

Aucune trace de crémation.

« Marc. »

Il suivit mon regard.

Son visage se ferma.

« Je vois. »

« Ce bébé n’est peut-être jamais mort. »


Un agent entra précipitamment.

« Nous avons retrouvé la trace de Delorme. »

Il posa une tablette devant nous.

Une caméra extérieure montrait Julien quittant l’hôpital par une sortie technique.

Il avait abandonné sa blouse.

Un véhicule noir l’attendait.

La plaque fut immédiatement identifiée.

Elle appartenait au ministère des Armées.

Cette fois, même Marc resta silencieux.

« Varenne », dis-je.


« Probablement. »

La vidéo continua.

Julien monta à l’arrière.

La voiture partit.

Mais avant que l’image disparaisse, Julien leva le téléphone de son conducteur vers son oreille.

L’analyste réussit à récupérer quelques secondes d’audio depuis une caméra de sécurité proche de la sortie.

Une voix saturée.

Celle de Julien.

« La fille est perdue. Mais nous avons encore la seconde. »

Une autre voix répondit.


« Alors rejoignez Saint-Rémy. »

Marc me regarda.

« Ils ne parlent pas de Camille. Toulouse est trop loin. »

J’arrivai à la même conclusion.

« Alors la cible secondaire est déjà ici. »

Nous examinâmes toutes les données récupérées.

Puis l’analyste se figea.

« Général… »

Il agrandit un ancien dossier médical.

Le mien.

Sous la rubrique prélèvements familiaux apparaissait une autorisation ancienne.

Je n’en avais aucun souvenir.

Test comparatif héréditaire.

Sujet principal : moi.

Sujet secondaire : enfant biologique.

Chloé.

Et une troisième ligne.

Échantillon néonatal conservé.

Je pointai l’écran.

« Qu’est-ce que c’est ? »

Personne ne répondit immédiatement.

Marc demanda :

« Quand Chloé est née, des prélèvements ont-ils été effectués ? »

« Comme pour tous les nouveau-nés. »

L’analyste secoua la tête.

« Celui-ci ne correspond pas à un dépistage classique. »

Il ouvrit les métadonnées.

Date du prélèvement.

Il y a trente et un ans.

Destination : Saint-Rémy.

Je sentis soudain le sol se dérober sous mes certitudes.

Ils n’avaient pas commencé à surveiller Chloé lorsqu’elle avait rencontré Julien.

Ils l’avaient suivie depuis sa naissance.

Un autre fichier s’ouvrit automatiquement.

Une liste de codes.

L’un d’eux correspondait à Chloé.

À côté, un second code apparaissait.

Même lignée.

Même génération.

Statut : actif.

Je fixai Marc.

« Même génération ? »

L’analyste lança une recherche croisée.

Quelques secondes plus tard, une identité apparut.

Thomas Varenne.

Trente-deux ans.

Fils officiellement déclaré du général Antoine Varenne.

Né dans le même hôpital militaire que Chloé, à neuf jours d’intervalle.

Je compris avant que Marc ne parle.

« Le fils de Varenne. »

Un frisson me parcourut.

Si les deux nouveau-nés avaient été suivis dès leur naissance, alors Varenne n’était peut-être pas seulement l’homme qui contrôlait le programme.

Il pouvait lui-même avoir été recruté par lui.

Un signal retentit sur l’ordinateur.

Le téléphone abandonné par Julien venait d’envoyer automatiquement sa dernière sauvegarde vers les serveurs saisis.

Un fichier audio apparut.

Horodaté de la veille.

Marc lança l’enregistrement.

La voix de Varenne emplit la pièce.

« Delorme, écoutez-moi bien. Si la procédure sur Chloé échoue, vous récupérez Thomas. Saint-Rémy a besoin d’au moins un descendant viable avant minuit. »

Puis Julien demanda :

« Et si Thomas refuse ? »

La réponse de Varenne fut glaciale.

« Il ignore encore ce qu’il est. »

Je regardai l’heure.

Il restait moins de trois heures avant minuit.

Je pris mon manteau.

Marc comprit immédiatement.

« Saint-Rémy ? »

« Oui. »

« Vous n’y allez pas seule. »

Je regardai une dernière fois l’écran affichant le nom de Thomas Varenne.

Pendant trente-deux ans, j’avais cru que la mission qui avait exposé mon unité s’était terminée le jour où nous étions rentrés en France.

Je comprenais enfin la vérité.

Cette mission n’avait jamais pris fin.

Elle avait simplement changé de terrain.

À suivre — cliquez sur la Partie 7 pour continuer.

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