Divertissement

J’ai Envoyé Par Erreur Un Message Au Mauvais Homme À L’Hôpital — Le Parrain De La Mafia A Donné Son Nom À Ma Fille, Puis J’ai Découvert Pourquoi

« Elle était la fille de son père. »

Les mots de Julien restèrent suspendus dans la chambre, absurdes et pourtant assez lourds pour faire disparaître tout le reste. Je regardai Moretti. Pour la première fois depuis son entrée, cet homme qui semblait capable de contrôler chaque respiration autour de lui avait perdu cette maîtrise glaciale. Ses yeux étaient toujours fixés sur l’écran du téléphone, sur le nom presque effacé sous l’encre noire.

« Donne-moi ça », dit-il.

Julien hésita.

Le garde du corps fit un mouvement, mais Moretti leva simplement deux doigts. Julien finit par lui tendre le téléphone.

« Où avez-vous trouvé ce document ? »

« Dans les affaires de Claire. »

J’eus un sursaut.

« Ma mère s’appelait Claire Lefèvre. »

« En France », répondit Julien.


Je sentis ma poitrine se serrer.

« Arrête. »

Il me regarda.

« Émilie… »

« Arrête de parler de ma mère comme si je ne savais même pas qui elle était. »

Ma fille remua contre moi et poussa un petit gémissement. Ce son suffit à ramener brutalement mon attention vers elle. Je la serrai doucement, malgré la douleur qui traversait mon ventre. Tout ce que ces hommes racontaient appartenait à une histoire vieille de plusieurs décennies. Elle, en revanche, venait de naître. Elle n’avait rien demandé.

Moretti rendit brusquement le téléphone à Julien.

« Son nom de naissance. »

Julien baissa les yeux.

« Chiara Bellandi. »


Cette fois, Moretti recula réellement.

Je le vis échanger un regard avec l’un de ses hommes.

« Vous connaissez ce nom », murmurai-je.

Il resta silencieux.

« Répondez-moi. »

« Oui. »

« Qui sont les Bellandi ? »

« Une famille que mon père aurait préféré voir disparaître. »

Julien eut un rire nerveux.

« Voilà pourquoi Claire avait peur. »


Moretti tourna vers lui un regard tranchant.

« Vous savez beaucoup de choses pour un homme qui prétendait simplement être son petit ami. »

Julien pâlit.

Je compris immédiatement.

« Qu’est-ce que tu ne m’as pas dit ? »

« Je voulais te protéger. »

« Ne dis plus jamais ça. »

Ma voix était basse, mais ma colère la rendait presque méconnaissable.

« Tu m’as laissée enceinte et seule. Tu m’as fait croire pendant quatre mois que tu ne voulais pas de ta propre fille. Si tu savais qu’un danger existait, tu aurais dû rester. »

Julien baissa la tête.


« C’était justement parce que je restais qu’elle était en danger. »

Le silence retomba.

Moretti se rapprocha du lit.

« Expliquez. »

Julien passa la langue sur ses lèvres sèches.

« Deux semaines après qu’Émilie m’a annoncé sa grossesse, quelqu’un est entré dans mon appartement. Rien n’avait été volé. Sur ma table, il y avait seulement une photographie d’Émilie sortant de son travail. Au dos, quelqu’un avait écrit : “Le sang revient toujours.” »

Un froid terrible me parcourut.

« Pourquoi tu ne m’as rien dit ? »

« Parce que le lendemain, j’ai reçu une deuxième photo. »

« De quoi ? »


Il me regarda.

« De ton échographie. »

Mes doigts se resserrèrent autour de la couverture de ma fille.

Cette échographie n’avait jamais été publiée. Je ne l’avais envoyée qu’à Julien.

« Quelqu’un avait accès à ton téléphone ? »

« Non. »

Il marqua une pause.

« À ton dossier médical. »

Moretti se tourna immédiatement vers son garde.

« Fermez tous les accès au dossier de l’enfant. Et trouvez-moi qui a consulté celui d’Émilie pendant sa grossesse. »


L’homme sortit sans poser de question.

« Vous n’avez aucun droit de donner des ordres concernant mon dossier », protestai-je.

Moretti me regarda.

« Vous avez raison. »

Sa réponse me surprit.

Puis il ajouta :

« Mais quelqu’un vient d’essayer d’identifier votre fille quelques heures après sa naissance. Je préfère que vous soyez en colère contre moi demain plutôt que vulnérable ce soir. »

Je voulais lui répondre, mais Julien parla avant moi.

« Le bracelet Moretti va empirer les choses. »

Moretti se retourna.


« Pourquoi ? »

« Parce que maintenant ils penseront que vous avez compris. »

« Compris quoi ? »

Julien resta silencieux.

Moretti fit un pas vers lui.

« Vous avez exactement cinq secondes. »

« Que Claire n’était pas seulement une Bellandi. »

Mon cœur accéléra.

Julien fouilla dans la poche intérieure de sa veste et en sortit une petite enveloppe froissée.

« Elle m’a donné ça trois semaines avant sa mort. Elle m’avait fait promettre de ne l’ouvrir que si Émilie avait un enfant. »


Je le fixai, sidérée.

« Tu l’avais depuis trois ans ? »

« Oui. »

La colère explosa.

« Et tu as attendu aujourd’hui ? »

« J’ai eu peur ! »

Sa voix se brisa enfin.

« Tu crois que je suis parti parce que je ne t’aimais plus ? J’ai changé d’appartement trois fois. J’ai quitté mon travail. J’ai passé quatre mois à essayer de comprendre qui nous surveillait. »

Je détournai les yeux. Une partie de moi voulait le croire. Une autre se souvenait trop clairement de ses derniers mots : Je n’ai jamais demandé ça, Émilie.

Moretti prit l’enveloppe, mais je tendis la main.


« Non. Elle est pour moi. »

Après une hésitation, il me la donna.

Mon nom était écrit dessus de la main de ma mère.

**Pour Émilie, seulement si elle devient mère.**

Mes yeux se remplirent de larmes.

Je déchirai doucement l’enveloppe.

À l’intérieur se trouvaient une petite clé en laiton et une lettre.

Je reconnus immédiatement l’écriture de ma mère.

*Ma chérie, si tu lis ceci, c’est que j’ai échoué à enterrer avec moi une histoire qui n’aurait jamais dû atteindre ton enfant.*

Je dus m’arrêter.


Moretti ne disait rien.

Je continuai.

*Ne fais confiance à personne qui te parlera des Bellandi. Ne fais pas confiance non plus à un Moretti uniquement parce qu’il prétend te protéger. Les deux familles ont menti.*

Moretti se raidit.

La ligne suivante était soulignée deux fois.

*La vérité n’est pas dans notre nom. Elle se trouve dans le coffre 317 de la consigne privée Saint-Victor.*

Je regardai la petite clé dans ma paume.

« Saint-Victor ? »

Moretti connaissait manifestement l’endroit.

« Une ancienne consigne privée près du Vieux-Port. »

Julien secoua vivement la tête.

« Elle a fermé il y a des années. »

« Officiellement », répondit Moretti.

Je repris la lecture.

Il ne restait que quelques lignes.

*Si ton enfant est une fille, ne laisse surtout personne prélever son sang avant d’avoir ouvert ce coffre.*

Mon souffle s’arrêta.

À cet instant précis, la porte s’ouvrit.

Une jeune femme en blouse blanche entra avec un petit plateau médical.

« Excusez-moi, madame Lefèvre. Le pédiatre a demandé un prélèvement complémentaire pour votre bébé. »

Je baissai les yeux.

Sur le plateau se trouvait un minuscule tube destiné à recueillir du sang.

Moretti se plaça immédiatement entre elle et mon lit.

« Quel pédiatre ? »

La jeune femme hésita.

« Le docteur… Bernard. »

Julien fronça les sourcils.

« Émilie, le pédiatre qui nous suivait pendant la grossesse s’appelait Bernard. »

« Et alors ? »

Son visage devint blanc.

« Il est mort il y a six semaines. »

La femme lâcha le plateau.

Le tube roula sur le sol.

Puis elle se retourna brusquement vers la porte.

Mais l’un des gardes de Moretti venait déjà de la refermer.

Et dans le silence qui suivit, mon téléphone vibra sur la table.

Un nouveau message venait d’arriver d’un numéro inconnu.

Une photographie était jointe.

Elle avait été prise quelques secondes plus tôt, depuis le couloir de l’hôpital.

On y voyait la porte de ma chambre.

Sous l’image, une seule phrase :

**« Le coffre 317 ne vous appartient pas. »**

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