Divertissement

J’ai Envoyé Par Erreur Un Message Au Mauvais Homme À L’Hôpital — Le Parrain De La Mafia A Donné Son Nom À Ma Fille, Puis J’ai Découvert Pourquoi

Je fixai le message jusqu’à ce que les lettres deviennent floues.

**Le coffre 317 ne vous appartient pas.**

Personne, à l’exception des quatre personnes présentes dans cette chambre, n’aurait dû connaître ce numéro. Je venais de lire la lettre de ma mère à voix haute moins d’une minute auparavant.

Moretti comprit avant moi.

Son regard se leva lentement vers le plafond.

« Sortez les téléphones. Tous. »

Julien fronça les sourcils.

« Quoi ? »

« Maintenant. »

Il prit son propre téléphone, l’éteignit et le posa sur la table. Son garde fit de même. Julien hésita, puis obéit. Moretti s’approcha ensuite de mon appareil.


« Je peux ? »

Je hochai la tête.

Il l’éteignit.

Puis il parcourut la chambre du regard : télévision, détecteur de fumée, lampe articulée, prises électriques.

La jeune femme en blouse blanche se tenait toujours près de la porte. Elle tremblait tellement que ses mains semblaient incapables de rester immobiles.

« Qui vous a envoyée ? » demanda Moretti.

« Je vous l’ai dit, le docteur Bernard. »

« Le docteur Bernard est mort. »

Elle se mit à pleurer.

« Je ne savais pas ! Un homme m’a appelée au poste de soins. Il connaissait mon prénom, mon service… Il a dit qu’un prélèvement avait été oublié. »


« À quel moment ? »

« Il y a peut-être quinze minutes. »

Quinze minutes.

Quelqu’un savait donc non seulement où nous étions, mais suivait ce qui se passait presque en temps réel.

Le garde de Moretti inspecta le détecteur de fumée. Quelques secondes plus tard, il en retira un minuscule dispositif noir.

Une caméra.

Mon sang se glaça.

Julien murmura :

« Ils nous regardaient. »

Moretti écrasa l’appareil sous son talon.


« Plus maintenant. »

La jeune femme fut conduite dehors. Avant de partir, elle se retourna vers moi.

« Je suis désolée. Je vous jure que je ne savais pas. »

Je voulais la croire. Mais je ne savais déjà plus à qui faire confiance.

Ma fille dormait contre ma poitrine.

Je regardai son visage minuscule.

Quelques heures seulement après sa naissance, quelqu’un avait essayé d’obtenir son sang.

« Pourquoi son sang ? » demandai-je.

Moretti resta silencieux.

« Ma mère savait que ça arriverait. Pourquoi ? »


Julien regarda la lettre.

« Le coffre doit contenir la réponse. »

Je tournai les yeux vers lui.

« Et tu comptes encore décider à ma place de ce que je dois savoir ? »

Il encaissa la phrase sans répondre.

Moretti prit alors une décision.

« Nous allons à Saint-Victor. »

Je crus qu’il plaisantait.

« Je viens de subir une césarienne. »

« Pas vous. Moi. »


« Avec ma clé ? »

« Je vous rapporte ce qu’il y a dans le coffre. »

Je refermai immédiatement les doigts autour de la petite clé.

« Non. »

Il me fixa.

« Émilie— »

C’était la première fois qu’il prononçait mon prénom.

« Ma mère a laissé cette clé pour moi. Si quelqu’un doit ouvrir ce coffre, ce sera moi. »

« Vous pouvez à peine vous lever. »

« Alors il restera fermé. »


Un silence tendu s’installa.

À ma surprise, Moretti ne discuta pas.

« Demain matin », dit-il finalement.

« Quand le médecin vous autorisera à sortir. »

Julien secoua la tête.

« Attendre est une mauvaise idée. »

Moretti le regarda.

« Vous connaissez une meilleure solution ? »

« Oui. »

Julien sortit une carte pliée de son portefeuille.


« Claire m’avait également donné ça. »

Je sentis la colère remonter.

« Encore quelque chose ? »

« Je n’avais pas compris ce que c’était avant aujourd’hui. »

Il déplia la carte sur la table.

C’était un vieux plan du quartier Saint-Victor. Un cercle rouge entourait un immeuble proche de l’abbaye.

À côté, ma mère avait écrit trois mots :

**Entrée par Moretti.**

L’homme au costume noir resta immobile.

« Qu’est-ce que ça signifie ? » demandai-je.


Il fixa l’écriture.

« Je n’en sais rien. »

Julien eut un sourire amer.

« Pour une fois, je vous crois. »

Moretti ignora la provocation.

Il appela son garde.

« Marco. »

L’homme s’approcha.

« Trouve tout ce que nous possédons sur Saint-Victor. Plans, propriétaires, anciens employés. Et personne ne contacte mon père. »

Marco hésita.


Ce détail ne m’échappa pas.

« Votre père est vivant ? »

Moretti tourna lentement la tête vers moi.

« Oui. »

« Et il connaît ma mère ? »

Cette fois, son silence fut une réponse.

« Je veux le rencontrer. »

« Non. »

Le mot partit immédiatement.

« Pourquoi ? »


« Parce que si Claire a écrit de ne faire confiance à aucun Moretti, mon père est probablement la dernière personne devant laquelle je vous conduirais. »

Quelque chose vibra soudain dans la poche de Julien.

Tous les regards convergèrent vers lui.

« Vous aviez un deuxième téléphone », constata Moretti.

Julien pâlit.

Il sortit un petit appareil que je n’avais jamais vu.

« C’est celui qu’on utilisait pour me contacter. »

« Qui ? »

Julien regarda l’écran.

Son visage se vida de toute expression.

« Justement eux. »

Moretti lui arracha presque l’appareil.

Un message venait d’arriver.

**Tu avais une seule mission : éloigner Émilie de Moretti.**

Je cessai de respirer.

Julien recula.

« Je peux expliquer. »

Je le regardai comme si je ne l’avais jamais vu.

« Depuis quand ? »

« Émilie… »

« Depuis quand tu travailles pour eux ? »

« Je ne travaille pas pour eux. »

Moretti fit défiler les anciens messages.

Il y en avait des dizaines.

Des mois de conversations.

Certains dataient d’avant ma grossesse.

Je sentis les larmes me monter aux yeux.

« Tu me surveillais déjà quand nous étions ensemble. »

« Au début, oui. »

Cette réponse me fit plus mal que je ne l’aurais imaginé.

« Au début ? »

Julien baissa les yeux.

« Je devais simplement me rapprocher de toi. Savoir si Claire t’avait laissé quelque chose. »

« Et ensuite ? »

Il releva les yeux. Ils étaient humides.

« Ensuite je suis tombé amoureux de toi. »

Je détournai le visage.

Je ne voulais pas entendre ça.

Moretti continuait d’examiner le téléphone.

Puis il s’arrêta sur un ancien échange.

Son expression changea.

« Émilie. »

Il me tendit l’appareil.

Un message remontait à sept mois auparavant.

**Si elle tombe enceinte, préviens-nous immédiatement. Peu importe qui est le père.**

La réponse de Julien apparaissait juste dessous.

**Pourquoi ?**

Puis celle de son interlocuteur :

**Parce qu’une fille de sa lignée peut prouver qui devrait réellement hériter de l’empire Moretti.**

Je levai les yeux vers l’homme près de mon lit.

« Hériter de quoi ? »

Moretti ne répondit pas.

Mais Marco entra précipitamment dans la chambre.

Il tenait une tablette.

« Patron, j’ai trouvé le registre de Saint-Victor. Le coffre 317 existe toujours. »

Moretti prit la tablette.

« Au nom de qui ? »

Marco hésita.

« C’est ça le problème. Il n’est pas au nom de Claire Lefèvre. »

Il agrandit le document.

Je vis une date d’ouverture remontant à vingt-huit ans.

Puis le nom du titulaire.

**Vittorio Moretti.**

Moretti resta pétrifié.

« Votre père », murmurai-je.

« Oui. »

Marco fit défiler la page.

« Mais il y a un second bénéficiaire autorisé. »

Il s’arrêta.

Cette fois, ce fut moi qui reconnus le nom.

**Émilie Lefèvre.**

Ma date de naissance figurait juste à côté.

Le coffre avait été ouvert trois mois avant ma naissance.

Je regardai Moretti.

Il semblait aussi bouleversé que moi.

Puis Marco prononça la dernière information.

« Il y a eu une consultation du coffre ce matin à 5 h 17. »

« Par qui ? » demanda Moretti.

Marco releva lentement les yeux.

« Vittorio Moretti lui-même. »

À cet instant, le téléphone de Moretti se ralluma tout seul sur la table.

Un appel entrant apparut.

**PÈRE.**

Moretti ne bougea pas.

L’appel cessa.

Puis un message apparut immédiatement.

**Amène-moi Émilie et l’enfant. Il est temps qu’elle apprenne pourquoi sa mère m’a supplié de la cacher pendant vingt-huit ans.**

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