Divertissement

Lors De Ma Remise De Diplôme, J’ai Vu Mon Père Verser Une Poudre Dans Ma Coupe — Mais Quand Ma Sœur L’a Bue À Ma Place, Un Secret Vieux De 23 Ans A Éclaté

Je fixais ma mère sans parvenir à comprendre les mots qui venaient de sortir de sa bouche. Étienne Dubois. Le frère aîné de Richard. Mon véritable père. Tout autour de moi semblait soudain appartenir à la vie de quelqu’un d’autre : les boîtes d’archives, les portraits de famille dans le couloir, cette propriété où j’avais grandi en croyant connaître ma place. Je regardai de nouveau le certificat. Le papier tremblait entre mes doigts.

— Tu me mens.

Élisabeth baissa les yeux.

— J’aurais préféré pouvoir te dire que oui.

— Pendant vingt-trois ans, tu m’as laissé appeler Richard « papa ».

— Nathalie…

— Pendant vingt-trois ans !

Ma voix résonna dans la petite pièce. Madeleine resta silencieuse près de la porte.

— Où est Étienne ?

Ma mère releva enfin les yeux.


— Je ne sais pas.

Je ris nerveusement.

— Bien sûr. Encore un secret.

— Il a disparu quelques semaines avant ta naissance.

— Disparu comment ?

Élisabeth s’assit lentement sur une caisse.

— Étienne était l’héritier principal de ton grand-père, Auguste Dubois. Richard était le second fils. Ils étaient très différents. Étienne ne voulait pas seulement reprendre les affaires familiales, il voulait comprendre certaines choses que ton grand-père cachait depuis des années. Des comptes, des sociétés, des propriétés transférées sous de faux noms… Il avait commencé à rassembler des preuves.

— Et toi ?

Elle hésita.

— J’aimais Étienne.


Cette phrase me fit presque plus mal que la première.

— Richard le savait ?

— Oui.

Madeleine intervint enfin.

— Et c’est précisément pour cela qu’il avait besoin qu’Étienne disparaisse.

Ma mère se retourna brutalement.

— Ne va pas plus loin.

— Elle mérite la vérité.

— Pas celle que tu crois connaître.

Leurs regards se croisèrent et je compris qu’elles partageaient une histoire dont je ne savais toujours rien.


Je posai le certificat devant elles.

— Je veux tout savoir.

Élisabeth inspira profondément.

— La dernière fois que j’ai vu Étienne, j’étais enceinte de presque trois mois. Il était terrifié. Il disait avoir découvert pourquoi Auguste avait créé une clause particulière dans son testament.

— Quelle clause ?

Madeleine sortit un autre dossier.

— Celle-ci.

Le document portait le sceau d’une étude notariale parisienne. Plusieurs pages étaient couvertes d’annotations manuscrites. Je lus lentement. Une partie du patrimoine Dubois — propriétés, participations dans plusieurs sociétés et un fonds familial dont je n’avais jamais entendu parler — devait revenir à la descendance directe du premier héritier, Étienne.

Je levai les yeux.

— Moi.


— Si Étienne est votre père, oui, répondit Madeleine.

Une idée atroce se forma.

— Richard savait donc que s’il reconnaissait mon existence…

— Il perdait le contrôle d’une grande partie de ce qu’il considère aujourd’hui comme sien.

Je repensai à mon enfance. Richard préférant systématiquement Camille. Richard refusant de m’emmener aux réunions familiales. Richard répétant que je n’avais « aucun instinct Dubois ». Pendant toutes ces années, j’avais cru qu’il me trouvait simplement insuffisante.

Peut-être avait-il surtout eu peur de moi.

Mon téléphone vibra.

Un message de Camille.

**Je suis consciente. Ne dis rien à papa. Viens seule à l’hôpital. J’ai quelque chose qui appartenait à Étienne.**

Mon cœur s’arrêta presque.


Je montrai l’écran à ma mère.

Son visage changea immédiatement.

— Comment Camille connaît-elle ce prénom ?

Madeleine semblait tout aussi surprise.

— Elle ne devrait pas.

Je quittai les archives sans attendre.

À l’hôpital, Camille était seule dans une chambre d’observation. Elle avait retrouvé quelques couleurs. Les médecins avaient expliqué que la substance absorbée semblait être un puissant sédatif, mais qu’elle était désormais hors de danger. Je fermai la porte derrière moi.

— Qu’est-ce que tu sais sur Étienne ?

Camille me fixa.

— Donc maman te l’a dit.


— Réponds-moi.

Elle ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en sortit une petite clé métallique attachée à une plaque portant le numéro 317.

— J’ai trouvé ça il y a six mois dans le bureau de papa.

— Pourquoi fouillais-tu son bureau ?

Elle détourna le regard.

— Parce qu’il me demandait de faire des choses pour lui.

— Quelles choses ?

— Te surveiller.

Je restai immobile.

Camille commença à pleurer.


— Il voulait savoir avec qui tu parlais, où tu allais, si tu cherchais des informations sur la famille. Au début, je pensais qu’il était simplement obsédé par le contrôle. Puis il m’a demandé de photographier tes papiers, tes analyses médicales…

— Mes analyses ?

— C’est là que j’ai commencé à avoir peur.

Elle me tendit la clé.

— J’ai trouvé une enveloppe avec celle-ci. Dessus, il y avait écrit : « E.D. — Gare Montparnasse — consigne 317 ».

— Pourquoi ne m’avoir rien dit ?

— Parce que deux jours après, papa m’a demandé si j’avais ouvert son tiroir. Il savait.

Je repensai à la réception.

— Et la coupe ?

Camille ferma les yeux.


— J’avais échangé ta coupe avant que tu arrives. J’avais peur qu’il essaie réellement quelque chose. Celle que tu m’as donnée n’était donc pas celle qu’il avait préparée.

— Alors pourquoi t’es-tu effondrée ?

Elle me regarda droit dans les yeux.

— Parce que quelqu’un avait aussi trafiqué la deuxième coupe.

Le froid remonta le long de ma colonne vertébrale.

Richard n’avait peut-être pas été le seul à agir ce soir-là.

Camille serra ma main.

— Nathalie, il y a autre chose.

— Quoi ?

— Quand j’ai trouvé cette clé, il y avait une photographie dans l’enveloppe.


Elle prit son téléphone et ouvrit une image qu’elle avait photographiée en secret.

Un homme d’une trentaine d’années se tenait devant cette même propriété, bien avant notre naissance. Il ressemblait étrangement à Richard, mais ses yeux étaient différents.

Je compris immédiatement qu’il s’agissait d’Étienne.

À côté de lui se trouvait une jeune Madeleine.

Mais ce fut l’homme placé derrière eux qui attira mon attention.

Je connaissais ce visage.

Je l’avais vu moins d’une heure auparavant à notre réception.

Parmi les invités.

Camille agrandit l’image.

— Cette photo date de vingt-quatre ans, murmura-t-elle. Pourtant cet homme n’a pratiquement pas vieilli.


Je sentis ma gorge se serrer.

Sous la photographie originale, Richard avait écrit une seule phrase :

**« Si Nathalie découvre qui est cet homme, tout est terminé. »**

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