Divertissement

Lors De Ma Remise De Diplôme, J’ai Vu Mon Père Verser Une Poudre Dans Ma Coupe — Mais Quand Ma Sœur L’a Bue À Ma Place, Un Secret Vieux De 23 Ans A Éclaté

Je ne compris pas immédiatement. Mon cerveau refusait simplement d’assembler les mots. Madeleine me regardait comme si elle venait de voir un fantôme, ma mère avait les deux mains plaquées contre sa bouche, et Richard, lui, restait debout au milieu du salon avec cette tranquillité insupportable qui l’avait accompagné depuis le début.

— Tu viens de dire que je suis la fille de Madeleine ?

— J’ai dit que le bébé qu’on lui a déclaré mort cette nuit-là était toi.

Madeleine chancela.

— Pourquoi ?

Richard posa son manteau sur une chaise.

— Parce que personne ne devait savoir qu’elle avait survécu.

— Arrête de parler comme si j’étais un dossier ! criai-je. Qui est mon père ?

Pour la première fois, Richard hésita.

Madeleine détourna le regard.


Je compris immédiatement.

— Vous savez.

— Nathalie…

— Vous savez qui est mon père.

Ses yeux se remplirent de larmes.

— Je connaissais son nom. Je ne savais pas ce qu’il était réellement.

Richard eut un rire sans joie.

— Voilà enfin une phrase honnête.

Madeleine se retourna vers lui.

— Tais-toi.


— Pourquoi ? Elle réclame la vérité depuis hier. Donnons-la-lui.

Il s’approcha de l’ordinateur et désigna le registre.

— Madeleine travaillait déjà pour Auguste avant ta naissance, sous son véritable nom. Pas comme domestique. Elle était assistante dans l’un des laboratoires financés par la famille.

Je pensai au Programme Héritage.

— Et Victor ?

— Victor dirigeait les recherches médicales.

Tout s’emboîtait enfin : sa signature sur mon rapport, sa présence autour de la famille, le mensonge concernant son métier.

— Le père de Nathalie n’avait rien à voir avec vos expériences, dit Madeleine.

— Vraiment ? demanda Richard. Alors dis son nom.

Elle resta silencieuse.


— Dites-le-moi, insistai-je.

Madeleine me regarda.

— Gabriel Moreau.

Ce nom ne signifiait rien pour moi.

— Où est-il ?

— Je l’ignore.

Richard secoua la tête.

— Encore un mensonge.

Il sortit son téléphone, chercha quelque chose puis le posa devant moi. Une photographie apparut.

Victor.


À côté de lui se tenait un homme plus jeune, souriant.

Sous l’image figurait une légende : Dr Gabriel Moreau et Dr Victor Lemaire — Institut Valmont, 2002.

— Gabriel travaillait avec Victor, dit Richard. Et il était l’un des fondateurs du programme.

Madeleine secoua violemment la tête.

— Il voulait le fermer.

— Après avoir participé pendant six ans.

— Parce qu’il avait compris ce qu’Auguste voulait en faire !

— Quoi ? demandai-je.

Ils se turent tous les deux.

Je frappai la table.


— Qu’est-ce que mon grand-père voulait faire ?

Richard me fixa.

— Le Programme Héritage ne cherchait pas une maladie. Il cherchait une caractéristique génétique extrêmement rare présente dans plusieurs branches anciennes de la famille Dubois. Auguste était convaincu qu’elle pouvait expliquer pourquoi certains descendants réagissaient différemment à plusieurs molécules neurologiques.

Je repensai à la coupe.

— Tu voulais tester ma réaction.

— Je voulais vérifier si les résultats de ta naissance étaient vrais.

— En mettant une substance dans mon champagne ?

— Une dose calculée pour provoquer une somnolence temporaire.

— Camille aurait pu être blessée !

Quelque chose passa dans son regard.


— Je n’avais pas prévu qu’elle boive cette coupe.

— Pourtant, ce n’est pas ta coupe qui l’a rendue malade, dis-je.

Richard se figea.

Je lui racontai l’échange effectué par Camille.

Sa réaction fut immédiate.

— Où est Camille maintenant ?

— Pourquoi ?

— Nathalie, réponds-moi.

Son calme venait de disparaître.

Je pris mon téléphone et appelai ma sœur.


Pas de réponse.

Une deuxième fois.

Messagerie.

Richard jura à voix basse.

— Qu’est-ce qui se passe ?

— Si quelqu’un a préparé une seconde coupe, alors quelqu’un savait exactement ce que je faisais.

— Victor ?

Richard attrapa ses clés.

— Probablement.

— Pourquoi s’en prendre à Camille ?


Il me regarda.

— Peut-être qu’il ne s’en prenait pas à elle.

Nous retournâmes précipitamment à l’hôpital. La chambre de Camille était vide.

Une infirmière nous expliqua qu’elle était sortie environ quarante minutes plus tôt.

— Avec qui ?

— Un membre de sa famille, je crois.

— Quel membre ?

L’infirmière consulta le dossier.

— Monsieur Étienne Dubois.

Le monde sembla s’arrêter.


Ma mère s’agrippa au mur.

— Étienne est vivant.

Richard ne paraissait pourtant pas surpris.

Je me tournai vers lui.

— Tu le savais.

Il ne répondit pas.

— Tu savais qu’Étienne était vivant !

— Depuis quatre ans.

Élisabeth le gifla.

Le bruit claqua dans le couloir.


— Quatre ans ?

Richard encaissa sans réagir.

— Il m’a contacté après vingt ans de silence. Il voulait récupérer certains documents et savoir où se trouvait Nathalie.

— Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?

— Parce qu’il m’avait demandé de ne jamais te révéler son retour.

Ma mère semblait brisée.

Je pensai soudain à Camille.

— Pourquoi l’emmener ?

Richard regarda Madeleine.

— Parce qu’Étienne croit probablement encore que Camille est la naissance numéro 46.

Je fronçai les sourcils.

— Comment pourrait-il l’ignorer ?

— Parce que j’ai falsifié les dossiers après votre naissance.

Enfin, Richard venait d’admettre quelque chose sans détour.

— J’ai fait enregistrer Nathalie comme fille d’Élisabeth et d’Étienne. Puis, deux ans plus tard, lorsque Camille est réellement née d’Élisabeth et de moi, j’ai utilisé le même système administratif pour brouiller les traces du registre original.

Madeleine murmura :

— Tu as caché Nathalie.

— Oui.

— Pourquoi ?

Richard me regarda.

Cette fois, il n’y avait plus de froideur dans ses yeux.

— Parce que Victor voulait la récupérer.

Je restai sans voix.

— Tu prétends maintenant m’avoir protégée ?

— Je ne prétends rien. Je t’ai protégée et je t’ai utilisée. Les deux peuvent être vrais.

Cette réponse me fit plus peur qu’un mensonge.

Mon téléphone vibra.

Un message venait du numéro de Camille.

Une photographie.

Elle était assise dans une voiture. À côté d’elle se trouvait l’homme de la vieille photographie.

Étienne.

Plus âgé, amaigri, mais parfaitement reconnaissable.

Sous l’image, un message :

**« Nat, je vais bien. Étienne dit que papa ment depuis le début. Il veut que tu viennes seule. Il sait où se trouve Gabriel Moreau. »**

Une adresse suivait.

Madeleine lut par-dessus mon épaule et pâlit.

— Je connais cet endroit.

— Où est-ce ?

— L’ancien Institut Valmont.

Richard arracha presque le téléphone de mes mains.

— Tu n’y vas pas.

— Mon père biologique pourrait être là.

— Justement.

Je repris mon téléphone.

— Cette fois, tu ne décideras pas pour moi.

Je fis quelques pas avant que Richard ne prononce une phrase qui m’arrêta net.

— Gabriel Moreau est mort, Nathalie.

Je me retournai.

— Tu mens.

— J’ai vu son corps.

Madeleine devint livide.

— Quand ?

Richard la fixa.

— La nuit où Nathalie est née.

Personne ne bougea.

Puis il ajouta :

— Et l’homme qui l’a tué se trouvait hier soir à sa fête de remise de diplôme.

Je pensai immédiatement à Victor.

Mais Richard secoua la tête avant même que je prononce son nom.

— Pas Victor.

Il désigna la photographie d’Étienne sur mon téléphone.

— Lui.

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