Divertissement

Lors De Ma Remise De Diplôme, J’ai Vu Mon Père Verser Une Poudre Dans Ma Coupe — Mais Quand Ma Sœur L’a Bue À Ma Place, Un Secret Vieux De 23 Ans A Éclaté

Je m’approchai de la vitre jusqu’à sentir mon souffle revenir contre mon visage. Sur l’écran du téléphone de Victor, Gabriel était assis sous une lumière blanche, les poignets libres mais le visage marqué par l’épuisement. Il semblait plus âgé que sur la photographie qu’Étienne m’avait montrée, pourtant je reconnus immédiatement ses yeux. Mes yeux. Cette ressemblance, que je n’avais jamais vue chez Richard ni chez Étienne, me frappa avec une violence presque physique.

— Faites-le parler.

Victor sourit.

— Toujours aussi pragmatique. Gabriel aurait apprécié.

— Je veux l’entendre.

Il retourna son téléphone et activa le haut-parleur.

— Gabriel ? Quelqu’un souhaite vous parler.

L’homme à l’écran releva lentement la tête.

— Nathalie ?

Un seul mot. Pourtant ma gorge se serra.


— Vous êtes Gabriel Moreau ?

— Oui.

— Mon père ?

Il ferma les yeux une seconde.

— Oui.

Madeleine avait donc dit vrai.

— Pourquoi avez-vous disparu ?

Victor coupa immédiatement le son.

— Les retrouvailles attendront.

Étienne frappa contre la porte.


— Laisse-les parler !

Victor l’ignora.

— Nathalie, votre père possède la première autorisation biologique. Vous êtes la seconde. Ensemble, vous pouvez ouvrir le dépôt créé en 2003.

— Et vous voulez ce qu’il contient.

— Je veux récupérer ce qui m’appartient.

Étienne eut un rire amer.

— Tes falsifications ?

Le visage de Victor se durcit.

— Les recherches de toute une vie.

— Fondées sur des mensonges.


Victor s’éloigna de la vitre.

— Vous avez trente minutes pour décider.

Puis il disparut.

Camille se précipita vers la porte.

— Il nous a enfermés !

Étienne inspecta les fenêtres. Elles étaient condamnées par d’anciennes plaques métalliques.

Je regardai autour de moi. Quelque chose me dérangeait. Victor savait que nous viendrions. Pourtant il s’était montré presque immédiatement. Pourquoi nous enfermer plutôt que prendre directement ce dont il avait besoin ?

— Il ne peut pas ouvrir le dépôt sans moi, murmurai-je.

— Exact, répondit Étienne.

— Donc il ne veut pas nous faire disparaître. Il veut me faire peur.


Étienne acquiesça.

— Et Gabriel est son levier.

Camille se tourna vers lui.

— Vous saviez que Victor serait ici ?

Le silence d’Étienne fut trop long.

Je le regardai.

— Répondez.

— Je pensais qu’il nous suivrait.

— Vous nous avez utilisées comme appât ?

— Je voulais le forcer à montrer où Gabriel était détenu.


Camille recula, écœurée.

— Vous n’êtes pas différent des autres.

Cette phrase sembla atteindre Étienne.

— Peut-être pas assez.

Je sentis alors mon téléphone vibrer. Aucun réseau, mais un message venait d’arriver quelques secondes avant que le signal disparaisse.

Richard.

**« Nous sommes dehors. Ne fais rien. Victor n’est pas seul. »**

Je montrai l’écran à Étienne.

Il pâlit.

— Combien d’hommes ?


Je n’eus pas le temps de répondre. Un bruit métallique retentit dans le couloir. Puis la porte s’ouvrit.

Victor se tenait devant nous.

— Nathalie vient avec moi.

— Non, dit Camille.

Victor la regarda presque avec amusement.

— Vous avez déjà bu à sa place une fois. N’en faites pas une habitude.

Je sentis Camille se raidir.

— C’était vous, la deuxième coupe.

Victor ne nia pas.

— Une dose légèrement supérieure à celle prévue par Richard. Il fallait créer suffisamment de chaos pour accélérer les événements.


— Vous auriez pu lui faire du mal.

— Elle devait seulement dormir quelques heures.

Je compris alors que toute la soirée avait été une confrontation invisible entre deux hommes : Richard testant mon organisme, Victor observant le résultat, chacun utilisant Camille et moi comme des pièces sur un échiquier.

— Je viens, dis-je. Mais Camille sort d’ici.

— Nathalie…

— C’est ma condition.

Victor réfléchit puis fit un signe. Un homme apparut derrière lui et escorta Camille vers la sortie.

Étienne voulut me suivre.

— Pas vous.

Victor referma la porte sur lui.


Je fus conduite dans les sous-sols de l’Institut. Au bout d’un corridor se trouvait une pièce éclairée.

Gabriel était là.

Cette fois, sans écran entre nous.

Il se leva dès qu’il me vit.

Aucun de nous ne savait quoi faire.

Puis il murmura :

— Tu ressembles à Madeleine.

Je sentis les larmes monter.

— Pourquoi ne m’avez-vous jamais cherchée ?

Son visage se brisa.


— Je t’ai cherchée pendant dix-sept ans.

Victor resta derrière nous.

Gabriel continua :

— On m’avait dit que tu étais morte avec Madeleine. Lorsque j’ai découvert que Madeleine était vivante, Richard t’avait déjà cachée sous une autre identité familiale.

— Pourquoi ne pas être revenu ensuite ?

— Parce que Victor me cherchait aussi.

— Assez, dit celui-ci.

Gabriel me prit doucement la main.

— Le dépôt n’est pas ce qu’il prétend.

Victor s’approcha.


— Gabriel.

— Il doit contenir les résultats originaux du programme, continua mon père. Mais surtout un registre financier. Victor détournait l’argent d’Auguste à travers les sociétés médicales.

Voilà donc la véritable raison.

Pas seulement la science.

Des décennies d’argent détourné.

— Combien ? demandai-je.

Gabriel regarda Victor.

— À l’époque, plusieurs dizaines de millions de francs. Aujourd’hui, avec les investissements réalisés sous de faux noms… probablement beaucoup plus.

Victor resta parfaitement calme.

— Nous allons ouvrir le dépôt.

Il nous conduisit dans une ancienne salle sécurisée sous l’Institut. Un terminal moderne avait été installé devant une porte blindée ancienne.

Gabriel posa sa main sur un lecteur.

Une lumière verte apparut.

Puis ce fut mon tour.

Le système valida mon identité.

La porte s’ouvrit.

À l’intérieur se trouvaient plusieurs boîtes d’archives et un coffre plus petit.

Victor se précipita vers les dossiers.

Gabriel, lui, regardait le petit coffre.

— Nathalie, celui-là.

Je l’ouvris.

À l’intérieur, aucune fortune.

Seulement un disque dur, plusieurs carnets et une enveloppe portant le nom d’Auguste Dubois.

Victor arracha presque le premier carnet.

Son visage se décomposa.

— Non.

Gabriel sourit tristement.

— Tu comprends maintenant.

Je pris le carnet.

Les dernières pages contenaient des signatures, des dates et des virements. Mais une annotation d’Auguste revenait plusieurs fois :

**« V.L. n’est pas le responsable principal. Il agit sur ordre. »**

Je levai les yeux.

— Sur ordre de qui ?

Victor ne répondit pas.

Puis une voix derrière nous le fit.

— De moi.

Richard se tenait dans l’entrée.

Madeleine était derrière lui, accompagnée de deux policiers.

Victor leva les mains.

— Enfin.

Mais quelque chose dans son expression me troubla.

Il ne semblait pas surpris d’être découvert.

Il semblait soulagé.

Richard regarda le carnet entre mes mains.

— Nathalie, donne-moi ça.

— Pourquoi ?

— Parce que tu ne comprends pas ce que tu lis.

Gabriel se plaça devant moi.

— Elle comprend parfaitement.

Les deux hommes se regardèrent.

Puis Gabriel prononça lentement :

— Dis-lui pourquoi tu as vraiment recueilli ma fille.

Richard resta silencieux.

— Tu ne l’as pas sauvée de Victor, poursuivit Gabriel. Tu l’as cachée jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge où le dépôt pourrait être ouvert.

Madeleine regarda Richard avec horreur.

— C’est faux.

Mais Richard ne protesta pas.

Je sentis mon cœur se serrer.

— Dis-moi qu’il ment.

Richard fixa le sol.

Puis il releva les yeux vers moi.

— Je t’ai dit la vérité à l’hôpital. Je t’ai protégée et je t’ai utilisée.

— Pour l’argent ?

— Au début.

Ces deux mots me coupèrent davantage que tout le reste.

— Et ensuite ?

Richard semblait chercher une réponse.

Victor éclata soudain de rire.

— Demande-lui plutôt ce qui est arrivé à Auguste.

Le silence tomba.

— Qu’est-ce que mon grand-père a à voir avec ça ?

Victor désigna le carnet.

— Cherchez la dernière page.

Je tournai les feuilles jusqu’à la fin.

Une note manuscrite apparaissait sous une date remontant à dix-huit ans :

**« Richard a compris que Nathalie est la clé. S’il apprend que j’ai modifié mon testament, il fera avec moi ce qu’il a fait avec Étienne. »**

Je relevai les yeux.

— Mais Étienne n’est pas mort.

— Non, répondit Victor.

Son regard se posa sur Richard.

— Auguste, en revanche, oui.

Richard pâlit.

Victor continua :

— Et avant de mourir, Auguste m’a remis l’unique preuve de ce qui lui est arrivé.

Il sortit lentement de sa veste une petite carte mémoire.

— Ce que vous avez découvert jusqu’ici concerne votre naissance, Nathalie.

Il posa la carte sur la table.

— Ce qu’il y a là-dessus explique pourquoi Richard vous a réellement gardée auprès de lui pendant vingt-trois ans.

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