Divertissement

Une Petite Fille M’a Accusé De Mentir À Sa Mère — Puis J’ai Découvert Pourquoi Ma Famille Lui Cachait La Vérité Depuis 15 Ans

La voix s’est tue, mais sa dernière phrase continuait de résonner dans ma tête.

« Vous auriez vraiment dû laisser les morts tranquilles. »

Je regardais le téléphone posé au sol. L’appareil était bon marché, sans coque, sans carte de visite, sans rien qui permette de comprendre à qui il appartenait. Je me suis penché pour le ramasser, tandis que Sophie serrait Camille contre elle.

« Ne touchez à rien », ai-je dit.

Laurent s’est figé.

« Pourquoi ? »

« Parce que quelqu’un vient de nous appeler avec ce téléphone. Et je veux savoir qui l’a laissé ici. »

J’ai pris un mouchoir sur la table de la bibliothèque avant de saisir l’appareil. L’écran était verrouillé. Une notification venait pourtant d’apparaître.

**Message reçu — Antoine Delorme.**

Mon estomac s’est noué.


Je l’ai ouverte.

Il n’y avait que quatre mots.

**« Nous devons parler. Maintenant. »**

Laurent a aperçu le nom.

Son visage s’est fermé.

« Monsieur, ne lui répondez pas. »

Je me suis tourné vers lui.

« Pourquoi ? »

« Parce qu’il sait déjà que vous avez trouvé la pièce. »

« Comment pourrait-il le savoir ? »


Laurent n’a pas répondu.

Cette fois, je n’ai pas ressenti de colère. Seulement une inquiétude froide, beaucoup plus dangereuse.

Quelqu’un nous observait.

Peut-être depuis longtemps.

J’ai regardé autour de moi. La bibliothèque semblait toujours aussi paisible : les livres alignés, la vieille horloge, les rideaux immobiles. Pourtant, pour la première fois, chaque détail me paraissait suspect.

« Sophie, prenez Camille et allez dans le salon principal. »

« Et vous ? »

« Je dois régler quelque chose. »

Elle a hésité.

« Monsieur, je ne veux pas vous laisser seul avec lui. »


« Vous ne me laissez pas seul. »

J’ai désigné Laurent.

« Lui reste ici. »

Laurent a compris immédiatement.

« Monsieur… »

« Vous allez rester avec moi jusqu’à ce que je sache exactement ce qui s’est passé dans cette maison. »

Sophie a pris la main de Camille et s’est éloignée.

Quand la porte s’est refermée, je me suis tourné vers Laurent.

« Maintenant, dites-moi pourquoi Antoine Delorme vous fait peur. »

Il a soupiré.


« Parce que votre père avait découvert qu’Antoine n’était pas seulement son avocat. »

« Qu’était-il ? »

« L’intermédiaire. »

« Entre qui et qui ? »

Laurent a regardé le sol.

« Entre votre père et quelqu’un qui voulait contrôler une partie de sa fortune. »

« Élodie ? »

Il a secoué la tête.

« Non. »

« Alors qui ? »


Il a relevé les yeux.

« Votre mère. »

Je suis resté silencieux.

« Ma mère ? »

« Votre père soupçonnait qu’elle savait beaucoup plus de choses qu’elle ne le disait. »

Je me suis rappelé les dernières années de leur mariage. Les disputes à voix basse. Les portes qui se fermaient. Les voyages séparés. Et surtout cette nuit, quand j’avais quinze ans, où mon père m’avait dit de ne jamais croire quelqu’un simplement parce qu’il portait notre nom.

À l’époque, je pensais qu’il parlait des affaires.

Peut-être pas.

« Ma mère est morte il y a six ans », ai-je murmuré.

« Oui. »


« Alors pourquoi quelqu’un continue-t-il d’utiliser les mêmes comptes ? »

Laurent n’a pas répondu.

Mon téléphone personnel a soudain sonné.

Étienne.

« Oui ? »

« Monsieur, j’ai retrouvé quelque chose. »

« Je vous écoute. »

« J’ai comparé les anciennes transactions de votre père avec celles effectuées depuis votre prise de contrôle de la propriété. Il y a une structure qui se répète. Tous les dix-huit mois environ, une société est fermée puis remplacée par une autre. Les noms changent, mais les comptes finaux sont les mêmes. »

« Lesquels ? »

« Une fondation. Et un compte privé en Suisse. »


« À quel nom ? »

Étienne a hésité.

« Celui de votre mère. »

Je me suis appuyé contre le bureau.

« Impossible. »

« Je le pensais aussi. Mais le compte est toujours actif. »

« Depuis combien de temps ? »

« Depuis vingt-deux ans. »

Vingt-deux ans.

Je me suis souvenu d’un détail.


Quand j’étais enfant, ma mère avait toujours refusé de parler de certaines années de sa vie. Elle disait que mon père avait rencontré beaucoup de difficultés financières avant que leur fortune ne prenne son essor.

Mais selon les relevés que je venais de découvrir, l’argent avait commencé à circuler avant même la création de la première entreprise familiale.

« Étienne, peux-tu me dire qui a accès à ce compte aujourd’hui ? »

« Une seule personne est officiellement autorisée. »

« Qui ? »

« Antoine Delorme. »

J’ai fermé les yeux.

Tout se rejoignait.

Laurent.

Antoine.


La Fondation Saint-Clair.

Le compte de ma mère.

Les paiements à Claire Martin.

Et maintenant, le compte d’Édouard.

Mais une pièce manquait encore.

Édouard.

« Étienne, fais-moi une dernière vérification. Je veux savoir si Édouard Martin est réellement mort. »

« Nous avons déjà un certificat de décès. »

« Je ne vous demande pas ce que dit le papier. Je vous demande de vérifier l’homme. Sa naissance, ses assurances, ses comptes, ses déplacements, tout. »

« Je comprends. »


« Et ne passez par personne de notre groupe. »

« Très bien. »

J’ai raccroché.

Laurent me regardait.

« Vous commencez à comprendre. »

« Non. Je commence seulement à comprendre que tout ce qu’on m’a raconté était peut-être faux. »

Il a baissé les yeux.

« Votre père avait peur que vous découvriez la vérité trop tôt. »

« Quelle vérité ? »

« Que votre famille n’a pas construit sa fortune uniquement avec ses entreprises. »

Je l’ai fixé.

« Qu’est-ce que cela signifie ? »

Laurent a ouvert la bouche.

Mais avant qu’il ne puisse répondre, un bruit de verre brisé a retenti dans le salon.

Nous avons couru.

Sophie se tenait au milieu de la pièce, blanche comme un linge.

Camille était à genoux près de la cheminée.

Un cadre venait de tomber du mur.

Je me suis approché.

La photographie à l’intérieur représentait mes parents le jour de leur mariage.

Mais derrière la photo, quelque chose était tombé du cadre.

Une enveloppe.

Sophie l’a ramassée.

« Monsieur… votre nom est écrit dessus. »

Je l’ai prise.

Cette écriture, je la connaissais.

C’était celle de ma mère.

Mes doigts tremblaient lorsque j’ai ouvert l’enveloppe.

À l’intérieur se trouvait une lettre.

Je n’ai eu le temps de lire que la première phrase.

**« Mon fils, si tu lis cette lettre, c’est que Claire Martin n’est jamais revenue me voir comme elle l’avait promis. »**

J’ai poursuivi.

**« Je dois te dire une chose que ton père ne t’a jamais révélée : Édouard n’est pas le seul enfant que Claire a eu. »**

J’ai relevé lentement les yeux vers Camille.

Elle me regardait.

Et, derrière moi, Laurent venait de murmurer d’une voix presque inaudible :

« Maintenant, vous allez comprendre pourquoi votre père avait si peur de cette petite fille. »

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