Divertissement

ELLE A FUI L’HOMME QU’ELLE AIMAIT AVEC SON FILS — 4 ANS PLUS TARD, IL LE RECONNAÎT AU MARCHÉ ET DÉCOUVRE UN SECRET TERRIFIANT

Je relus le message trois fois.

**Ne laisse pas Damien ouvrir la boîte. C’est lui qui a essayé de me tuer.**

Mes doigts devinrent glacés autour du téléphone. Lorsque je relevai les yeux, Damien avait déjà quitté la fenêtre. Il traversait le salon vers la porte d’entrée.

« Arrête. »

Il continua.

« Damien ! »

Cette fois, il se retourna. Quelque chose dans mon visage dut l’alerter, parce qu’il s’immobilisa immédiatement.

« Quoi ? »

Je serrai le téléphone contre moi.

« Tu vas faire quoi ? »


« Découvrir pourquoi mon frère mort depuis cinq ans se tient devant ma maison. »

« Et s’il dit vrai ? »

Un silence lourd tomba entre nous.

Son regard descendit vers ma main.

« Qu’est-ce que tu as reçu ? »

Je reculai instinctivement.

Ce mouvement lui fit plus d’effet qu’une accusation. Je le vis à sa façon de se raidir.

« Émilie… »

« Est-ce que tu as essayé de tuer Adrien ? »

Pendant une seconde, Damien ne sembla même pas comprendre.


Puis son visage se ferma.

« Qui t’a dit ça ? »

« Réponds. »

« Non. »

Mon souffle se bloqua.

« Non, tu ne répondras pas ou non, tu n’as pas essayé ? »

« Je n’ai jamais essayé de tuer mon frère. »

La porte s’ouvrit derrière nous.

Julien entra rapidement.

« Patron, il demande à parler à Émilie. Seule. »


« Hors de question. »

« Il dit qu’il repartira si quelqu’un d’autre approche. »

Damien regarda vers l’escalier. Léo était à l’étage, sous la surveillance du second garde. Puis il revint vers moi.

« Tu ne vas pas dehors. »

« Tu ne décides toujours pas pour moi. »

« Cet homme a simulé sa mort pendant cinq ans. Il sait où nous sommes alors que cette maison était secrète. Et il arrive exactement après que quelqu’un menace ton fils. Tu veux vraiment lui faire confiance ? »

« Je ne te fais confiance à aucun de vous. »

Cette phrase le frappa.

Je le dépassai.

« Émilie. »


« Julien peut rester assez près pour intervenir. Toi, tu restes ici. »

Damien me saisit doucement le bras, puis me relâcha presque aussitôt.

« S’il te dit que je suis responsable de tout, demande-lui une seule chose. »

« Quoi ? »

« Pourquoi il n’est jamais venu te prévenir avant aujourd’hui. »

Quelques minutes plus tard, je traversais les vignes vers le portail. Adrien m’attendait derrière les barreaux. De près, les cinq années écoulées se lisaient sur son visage. Une cicatrice descendait de sa tempe jusqu’à sa joue gauche.

« Bonjour, Émilie. »

« Comment avez-vous eu mon numéro ? »

« Je surveille ceux qui vous surveillent. »

« Et mon fils ? »


Son regard changea.

« Je ne lui ferais jamais de mal. »

« Ce n’est pas une réponse. »

« Non. Mais c’est la vérité. »

Je m’arrêtai à deux mètres de lui.

« Vous êtes censé être mort. »

« C’était nécessaire. »

« Damien dit que votre voiture a été retrouvée après un accident. »

Un sourire sans joie passa sur ses lèvres.

« Damien raconte toujours la partie de l’histoire qui lui permet de rester le héros. »


« Il dit que quelqu’un travaillait pour Sokolov dans votre famille. »

Cette fois, Adrien perdit son sourire.

« Alors il t’a parlé de la boîte. »

« Qu’y a-t-il dedans ? »

Il jeta un regard vers la maison.

« Pas ce qu’il croit. »

« Arrêtez de parler par énigmes. »

Ma voix tremblait de colère.

« Pendant quatre ans, j’ai élevé mon fils seule parce que j’avais peur de votre famille. Ce matin, Damien réapparaît. Quelques minutes plus tard, quelqu’un connaît l’existence de Léo, mon adresse et une boîte que j’ai enterrée il y a cinq ans. Maintenant, un mort vient frapper à ma porte. Alors vous allez me dire la vérité. »

Adrien baissa les yeux.


« La boîte contient bien une clé USB et un carnet. Mais Damien ignore qu’il y a autre chose. »

« Quoi ? »

« Un enregistrement audio. »

Mon cœur accéléra.

« De qui ? »

« De notre père. »

Je connaissais à peine le père de Damien. Étienne Mercier était mort avant notre rencontre. Damien parlait rarement de lui.

« Que dit cet enregistrement ? »

Adrien se rapprocha du portail.

« Que l’empire Mercier n’a jamais réellement appartenu à Damien. »


Je fronçai les sourcils.

« Quel rapport avec Sokolov ? »

« Tout. Notre père avait découvert que quelqu’un utilisait les sociétés familiales pour transférer des millions. Il avait commencé à rassembler des preuves. Puis il est mort. Officiellement d’une crise cardiaque. »

« Vous pensez qu’il a été assassiné ? »

« Je le sais. »

Un bruit de pas derrière moi me fit tourner la tête. Damien était resté près de la maison, assez loin pour respecter notre accord, mais ses yeux ne quittaient pas son frère.

« Pourquoi avez-vous simulé votre mort ? »

Adrien toucha machinalement sa cicatrice.

« Parce que quelqu’un a saboté ma voiture. »

« Et vous pensez que c’était Damien. »


« Je ne pense rien. J’ai vu le document qui autorisait l’intervention sur mon véhicule. Sa signature était dessus. »

Mon estomac se noua.

« Une signature peut être falsifiée. »

Adrien me regarda longuement.

« C’est exactement ce que j’espérais entendre lorsque je lui ai demandé des explications. »

« Vous lui avez parlé après l’accident ? »

« Oui. »

Je me figeai.

Damien m’avait affirmé avoir cru son frère mort pendant cinq ans.

« Quand ? »


« Deux jours après l’accident. »

La colère me traversa.

« Où ? »

« Paris. Dans l’appartement où tu vivais avec lui. »

Je cessai presque de respirer.

« Impossible. »

« Pourquoi ? »

« Parce que j’étais encore là. »

Adrien hocha lentement la tête.

« Je sais. »

Je sentis le sol disparaître sous mes pieds.

« Vous m’avez vue ? »

« Non. Mais j’ai vu quelque chose qui m’a fait comprendre que tu devais partir. »

« Quoi ? »

Il glissa une main dans son manteau.

Julien fit immédiatement un pas vers nous.

Adrien leva l’autre main.

« Calmez-vous. »

Il sortit une enveloppe transparente et la passa entre les barreaux.

À l’intérieur se trouvait une copie d’un document médical.

Mon nom apparaissait en haut.

**Émilie Laurent.**

Plus bas :

**Grossesse estimée : 6 semaines.**

La date était celle du lendemain de ma découverte.

Je relevai brusquement les yeux.

« Comment avez-vous ça ? »

« Je l’ai trouvé dans le bureau de Damien. »

Mon sang se glaça.

« Non. Je ne lui avais rien dit. »

« Je sais. »

Je regardai Damien au loin.

Il nous observait toujours.

« Vous êtes en train de me dire qu’il savait ? »

« Je te dis que quelqu’un savait que tu étais enceinte avant ton départ. »

Je baissai de nouveau les yeux vers le document.

Une annotation manuscrite figurait dans le coin inférieur.

**Informer D.M. immédiatement.**

Je connaissais ces initiales.

Damien Mercier.

« Pourquoi ne m’avez-vous pas prévenue ? »

La question de Damien me revint brutalement.

Adrien détourna le regard.

« Parce que lorsque j’ai voulu revenir, tu avais déjà disparu. Ensuite, j’ai compris que ma mort officielle était la seule chose qui me gardait en vie. »

« Pendant cinq ans ? »

« Je cherchais la boîte. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’elle peut prouver qui a commencé tout ça. »

« Alors qui l’a déterrée ? »

Pour la première fois, Adrien sembla réellement inquiet.

« Pas moi. »

Le vent remua les vignes autour de nous.

Je regardai l’enveloppe, puis mon téléphone, puis la maison où se trouvait mon fils.

Quelqu’un nous manipulait.

Mais qui ?

Adrien se rapprocha encore.

« Émilie, écoute-moi. Si la boîte est vraiment dans ton appartement, ne laisse personne aller la chercher. Surtout pas Damien. »

« Pourquoi ? »

« Parce que le code qui l’ouvre n’est pas un nombre. »

« Alors quoi ? »

Ses yeux se posèrent sur moi.

« Une empreinte digitale. »

Je fronçai les sourcils.

« Celle de qui ? »

Adrien ouvrit la bouche.

Un bruit sourd retentit derrière moi.

Damien venait de recevoir un appel.

Je le vis regarder l’écran, puis courir vers nous.

« Émilie ! Éloigne-toi du portail ! »

Julien sortit immédiatement son téléphone.

Adrien recula.

« Qu’est-ce qui se passe ? »

Damien arriva essoufflé, le visage livide.

« La police vient d’entrer dans ton appartement. »

« Pourquoi ? »

Il me tendit son téléphone.

Une vidéo de surveillance montrait plusieurs policiers devant mon immeuble.

Puis deux agents ressortirent avec une civière.

Un corps recouvert d’un drap se trouvait dessus.

Je portai une main à ma bouche.

« Qui est-ce ? »

Damien ne répondit pas tout de suite.

« Ils ont trouvé un homme mort dans ta cuisine. »

Mon regard revint vers la vidéo.

« Je ne comprends pas. »

Damien agrandit une image prise quelques secondes avant que le corps soit couvert.

Le visage apparut.

Adrien, derrière le portail, poussa un juron.

Je connaissais cet homme.

Je ne l’avais pas vu depuis cinq ans.

Mais je ne pouvais pas oublier son visage.

C’était le docteur qui m’avait annoncé ma grossesse à Paris.

Et autour de son poignet se trouvait une chaîne argentée à laquelle pendait une petite clé noire.

Adrien murmura derrière moi :

« Ce n’est pas une clé. »

Je me retournai.

Son visage était devenu blanc.

« Alors qu’est-ce que c’est ? »

Il fixa l’objet sur l’écran.

« Le lecteur biométrique de la boîte. »

Puis ses yeux remontèrent lentement vers les miens.

« Et s’il l’avait sur lui, Émilie, ça veut dire que la boîte n’a jamais été conçue pour s’ouvrir avec l’empreinte de Damien. »

Il marqua une pause.

« Elle a été conçue pour s’ouvrir avec la tienne. »

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