Divertissement

ELLE A FUI L’HOMME QU’ELLE AIMAIT AVEC SON FILS — 4 ANS PLUS TARD, IL LE RECONNAÎT AU MARCHÉ ET DÉCOUVRE UN SECRET TERRIFIANT

Je ne sentais plus mes mains. Le visage de Léo apparaissait à travers la vitre de la voiture, paisible, inconscient de ce qui venait de se passer. Il dormait encore, serrant son petit train rouge contre sa poitrine, comme si le monde autour de lui était toujours aussi simple qu’un samedi matin au marché.

« Ils veulent mon fils », murmurai-je.

Damien ne répondit pas.

Il fixait son téléphone.

« Ils veulent surtout te faire croire qu’ils ont besoin de lui. »

Je me tournai vers lui.

« Ma mère a disparu. Ils connaissent son nom. Ils connaissent Léo. Ils connaissent mon passé. Tu veux vraiment me dire que ce n’est qu’une menace ? »

« Non. »

Sa voix était calme.

Trop calme.


« Alors qu’est-ce qu’on fait ? »

Il regarda Julien.

« On ne leur donne pas Léo. Jamais. »

« Et ma mère ? »

« On la récupère autrement. »

Je secouai la tête.

« Autrement comment ? Tu ne sais même pas où elle est. »

Damien regarda de nouveau la photographie posée sur la table.

L’image de ma mère tenant un bébé me revenait sans cesse.

Moi.


Trois mois avant ma naissance.

Étienne Mercier à côté d’elle.

« Il y a quelque chose qui ne va pas », murmura-t-il.

« Quoi ? »

« Ton père. »

Je fronçai les sourcils.

« Mon père ? »

« Je ne l’ai jamais rencontré. »

« Moi non plus. »

Damien prit la photographie.


« Pourquoi notre père était-il avec ta mère avant ta naissance ? »

Je ne trouvai aucune réponse.

Puis un souvenir remonta.

Une phrase que ma mère avait prononcée lorsque j’étais adolescente, après une dispute au sujet de mon père.

**Ton père n’est pas parti. Il a été obligé de disparaître.**

À l’époque, j’avais cru qu’elle parlait de sa mort.

Je n’avais jamais posé davantage de questions.

« Damien… ma mère m’a toujours dit que mon père était mort avant ma naissance. »

« Et si ce n’était pas vrai ? »

Un bruit métallique retentit soudain dans le couloir.


Nous nous retournâmes.

Julien sortit son arme, puis s'arrêta avant même de la dégainer complètement.

« Il n’y a personne. »

Je m’approchai du bruit.

Une petite boîte en métal venait de tomber d’une étagère.

À l’intérieur se trouvaient plusieurs lettres jaunies.

Je pris la première.

L’écriture appartenait à ma mère.

La date : 2001.

Je l’ouvris.


**Étienne, je refuse qu’ils utilisent ma fille. Tu m’avais promis qu’elle ne serait jamais impliquée. Si tu continues, je partirai avec elle et personne ne nous retrouvera.**

Je relevai les yeux vers Damien.

« Elle connaissait ton père. »

« Oui. »

« Mais pourquoi ? »

Il prit la lettre.

Ses doigts tremblaient légèrement.

« Parce qu’ils ont probablement travaillé ensemble. »

Adrien entra à cet instant dans la maison.

Je cachai instinctivement le médaillon dans ma poche.


« Vous avez trouvé quelque chose ? » demanda-t-il.

Je regardai Damien.

Il ne répondit pas.

Adrien remarqua la lettre dans sa main.

« Où avez-vous trouvé ça ? »

« Ici », répondit Damien.

Adrien la lut rapidement.

Son visage changea.

« Il faut partir. »

« Pourquoi ? » demandai-je.


« Parce que cette maison n’est plus sûre. »

« Comment le savez-vous ? »

Il regarda la fenêtre.

« Parce que la voiture devant la maison n’était pas là quand nous sommes arrivés. »

Julien se dirigea vers la fenêtre.

Une berline sombre était garée à une centaine de mètres.

Personne à l’intérieur.

Damien prit immédiatement une décision.

« On part par l’arrière. »

« Et ma mère ? »


Adrien me regarda.

« Elle voulait que tu viennes ici parce qu’elle savait que quelque chose était caché dans cette maison. »

« Alors on cherche avant de partir. »

« Émilie— »

« Je ne repars pas sans comprendre pourquoi elle m’a amenée ici. »

Je parcourus rapidement le salon du regard.

Les meubles.

Les cadres.

Les livres.

Puis mes yeux s’arrêtèrent sur la cheminée.


Une pierre était légèrement déplacée.

Je m’agenouillai.

Derrière, je trouvai une enveloppe scellée.

Mon prénom y était écrit.

**Pour Émilie, seulement si Damien est avec toi.**

Mon cœur s’arrêta.

Damien s’agenouilla à côté de moi.

« Ouvre-la. »

Je déchirai l’enveloppe.

Une seule feuille.


Quelques lignes.

**Émilie, si tu lis cette lettre, c’est que Damien t’a retrouvée. Je suis désolée. Je voulais t’éloigner de cette famille, mais je n’ai jamais réussi à effacer ce qu’ils avaient fait avant ta naissance. Ton père biologique n’est pas l’homme que tu as toujours cru. Étienne Mercier a accepté de te protéger, mais il n’était pas ton père.**

Je relus la phrase.

Encore.

Le papier trembla entre mes doigts.

« Mon père… »

Damien resta silencieux.

Je continuai.

**Ton vrai père s’appelait Gabriel Laurent. Il travaillait pour Étienne. Lorsqu’il a découvert le programme Héritage, il a voulu tout révéler. Il a disparu avant ta naissance. Je t’ai menti parce que je croyais que c’était la seule manière de te garder en vie.**

Une douleur sourde traversa ma poitrine.

« Gabriel Laurent… »

Un nom inconnu.

Un père que je n’avais jamais connu.

Un homme dont l’existence avait été effacée de ma vie.

La lettre continuait.

**Si Damien est avec toi, ne le juge pas pour les crimes de son père. Mais ne lui fais pas confiance aveuglément non plus. Il ne connaît pas toute l’histoire. Personne ne la connaît.**

Je regardai Damien.

Il ne détourna pas les yeux.

« Elle avait raison », murmura-t-il.

« Sur quoi ? »

« Je ne connais pas toute l’histoire. »

Un bruit de moteur retentit dehors.

La berline sombre venait de démarrer.

Puis une deuxième voiture apparut derrière elle.

Julien regarda son téléphone.

« Deux véhicules approchent par la route principale. »

Adrien se dirigea vers la porte arrière.

« Ils nous ont trouvés. »

Je pliai la lettre et la glissai dans ma veste.

« On part. »

Nous traversâmes le jardin en courant. Léo dormait encore dans la voiture de Julien. Damien ouvrit la portière arrière et le prit dans ses bras.

Léo se réveilla à moitié.

« Papa ? »

Damien s’immobilisa.

« Je suis là. »

« On rentre à la maison ? »

Damien regarda son fils.

« Oui. »

Mais sa voix se brisa légèrement.

Nous atteignîmes un ancien hangar derrière la propriété. Adrien ouvrit une porte métallique donnant sur un petit chemin forestier.

« Par ici. »

Nous courûmes jusqu’à une vieille camionnette dissimulée sous une bâche.

Au moment où Damien installait Léo à l’intérieur, des phares apparurent au loin.

« Ils sont là », souffla Julien.

Nous montâmes précipitamment.

La camionnette démarra.

Pendant plusieurs minutes, personne ne parla.

Léo s’était rendormi.

Je regardais la lettre dans mes mains.

« Gabriel Laurent. »

Adrien, assis en face de moi, pâlit.

« Tu connais ce nom ? » demandai-je.

Il hésita.

« Oui. »

Damien se retourna.

« Comment ? »

Adrien regarda son frère.

« Parce que Gabriel Laurent n’était pas seulement un employé de notre père. »

Je sentis mon cœur accélérer.

« Alors qui était-il ? »

Adrien baissa la voix.

« Le meilleur ami de Damien. »

Damien se figea.

« Je n’ai jamais eu d’ami nommé Gabriel. »

« Tu avais huit ans. »

Adrien marqua une pause.

« Notre père a fait effacer son existence de ta mémoire. »

Je regardai Damien.

Son visage avait perdu toute couleur.

« Pourquoi ? »

Adrien ne répondit pas.

Je compris qu’il hésitait à nouveau.

« Dis-le. »

« Parce que Gabriel était convaincu qu’Étienne n’avait pas seulement créé le programme Héritage. Il croyait que ton père avait utilisé les échantillons génétiques pour sélectionner certaines personnes. »

Je serrai la lettre.

« Sélectionner pour quoi ? »

Adrien regarda Léo endormi.

« Pour créer des enfants dont le patrimoine génétique répondait à certaines caractéristiques. »

Le silence devint glacial.

Damien se tourna lentement vers moi.

« Émilie… »

Je secouai la tête.

« Ne dis rien. »

Je regardai mon fils.

Puis le médaillon dans ma poche.

Puis la photographie de ma mère avec Étienne Mercier.

Tout commençait à s’assembler.

Ma mère.

Mon père disparu.

Étienne Mercier.

Le docteur Morel.

Asterion.

La boîte.

Damien.

Et maintenant Léo.

Mais il manquait encore la pièce la plus importante.

Je sortis discrètement le médaillon et le retournai.

Le code était toujours là.

**0711-ÉL-23.**

Je me souvins soudain d’une chose.

Le 7 novembre.

Ce n’était pas une date.

C’était le jour où j’avais rencontré Damien pour la première fois.

Et le 23 ?

Je regardai la lettre de ma mère.

La date de sa rédaction.

**23 juillet 2001.**

Je sentis mon cœur s'arrêter.

Le code n’identifiait pas seulement mon échantillon.

Il indiquait une date.

Une date liée à ma naissance.

« Damien… »

Il se tourna vers moi.

« J’ai compris le code. »

« Qu’est-ce qu’il signifie ? »

Je regardai Adrien.

« Il indique le jour où j’ai été enregistrée dans le programme Héritage. »

Adrien se pencha vers moi.

« Quelle date ? »

Je répondis d’une voix presque inaudible :

« Le jour de ma naissance. »

À cet instant, le téléphone de Damien sonna.

Numéro inconnu.

Il décrocha.

Une voix de femme retentit.

Une voix que je reconnus immédiatement.

Ma mère.

Mais elle ne pleurait pas.

Elle chuchotait.

« Émilie, écoute-moi. Gabriel est vivant. »

Puis la ligne se coupa.

Damien fixa son téléphone.

Adrien se leva brusquement.

Et moi, je compris que l’homme que toute ma vie on m’avait appris à considérer comme mort était peut-être, depuis toutes ces années, celui qui connaissait la véritable raison de ma naissance.

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