Divertissement

Ils M’Ont Volé Mon Invitation VIP Et M’Ont Laissée Sous La Pluie… Puis Mon Nom A Été Annoncé Devant Toute La Salle

Mon père est resté immobile, le téléphone serré dans sa main, comme si le simple fait de le regarder pouvait faire disparaître le message. Je n’avais jamais vu cette expression sur son visage. Ce n’était plus du mépris. Ce n’était même plus de la colère. C’était de la peur.

Le doyen Delcourt a remarqué son trouble.

« Monsieur Lefèvre ? Qu’est-ce qui se passe ? »

Mon père a verrouillé son téléphone.

« Rien. »

« Vous venez de recevoir une menace. »

« Ce n’est pas une menace. »

« Alors montrez-moi votre écran. »

Mon père a reculé d’un pas.

À cet instant, je compris qu’il savait quelque chose.

Pas toute la vérité. Mais suffisamment pour avoir peur.

Je me suis approchée lentement.

« Papa… qui t’a envoyé ça ? »

Il m’a regardée sans répondre.

Puis Chloé a murmuré :

« Papa, il faut qu’on parte. »

Je me suis tournée vers elle.

« Pourquoi ? »

Elle a baissé les yeux.

« Je ne sais pas. »

« Tu mens. »

Elle a relevé brusquement la tête.

« Je ne mens pas ! »

« Alors pourquoi voulais-tu absolument cette invitation ? »

Elle est restée silencieuse.

Pendant quatre ans, j’avais été habituée à ses remarques, à ses moqueries, à cette façon qu’elle avait de parler de mes études comme si elles n’étaient qu’une perte de temps. Mais cette fois, quelque chose était différent.

Elle semblait terrifiée.

Le doyen a fait signe à deux agents de sécurité de s’approcher.

« Personne ne quitte cette salle pour l’instant. »

Mon père a immédiatement protesté.

« Vous n’avez aucun droit de nous retenir. »

« Je ne vous retiens pas. Je sécurise une cérémonie qui vient de faire l’objet d’une intrusion informatique et dont un document confidentiel a été diffusé devant des centaines de personnes. »

Puis il a désigné mon père du regard.

« Et quelqu’un semble avoir utilisé une invitation qui appartenait à Clara pour accéder à des informations auxquelles cette personne n’avait aucun droit. »

Le silence de mon père devint sa réponse.

Quelques minutes plus tard, un technicien informatique est arrivé avec un ordinateur portable. Il s’est installé derrière la console et a commencé à vérifier les journaux d’accès.

Je me suis tenue près de lui.

« Vous pouvez retrouver l’origine de la connexion ? »

« Je peux essayer. »

Ses doigts se sont mis à courir sur le clavier.

« Le premier accès a été effectué avec un identifiant temporaire associé à votre invitation. »

Mon cœur s’est serré.

« Et le deuxième ? »

Il a froncé les sourcils.

« C’est justement ce qui est étrange. »

« Quoi ? »

Il a fait pivoter l’écran vers moi.

Deux identifiants apparaissaient.

Le premier correspondait à l’invitation que Chloé avait utilisée.

Le second était encore actif.

Et il provenait d’une autre invitation.

La même série de chiffres apparaissait sur le document photographié par le mystérieux expéditeur.

« Il y en a deux », ai-je murmuré.

Le doyen s’est penché vers l’écran.

« Deux invitations VIP ont été enregistrées à votre nom. »

Je l’ai regardé, stupéfaite.

« C’est impossible. Je n’en ai reçu qu’une seule. »

« C’est ce que je pensais également. »

Il a demandé au technicien :

« Qui a demandé la seconde ? »

Quelques secondes passèrent.

Puis l’homme s’immobilisa.

« Professeur… la demande vient de l’administration centrale de l’université. »

« Quel service ? »

Le technicien hésita.

« Le bureau du directeur des partenariats et mécénat. »

Un murmure parcourut les premiers rangs.

Je connaissais ce bureau.

C’était celui qui supervisait les financements privés liés au projet L-17.

Et soudain, un souvenir me revint.

Trois mois auparavant, j’avais refusé de signer un document qui aurait permis à une fondation privée d’obtenir un accès anticipé aux résultats de mes recherches.

Le directeur du mécénat avait insisté.

J’avais refusé.

Une semaine plus tard, il m’avait dit une phrase que je n’avais jamais oubliée :

« Docteure Lefèvre, certaines portes se ferment définitivement lorsqu’on refuse de comprendre qui possède les clés. »

À l’époque, j’avais cru à une simple tentative d’intimidation.

Maintenant, je n’en étais plus certaine.

« Professeur Delcourt », ai-je dit doucement, « qui dirige actuellement ce bureau ? »

Il m’a regardée.

« Marc Varenne. »

Le nom m’a glacé.

Marc Varenne était l’un des principaux mécènes de la faculté.

Et c’était également l’homme qui avait financé une partie de mes recherches.

Mais pourquoi aurait-il voulu mon invitation ?

Avant que je puisse poser la question, les portes de l’amphithéâtre se sont ouvertes.

Un homme d’une cinquantaine d’années est entré, costume sombre, cheveux parfaitement coiffés, expression calme.

Marc Varenne.

Il s’est avancé comme si rien d’anormal ne s’était produit.

« Antoine, nous devons parler immédiatement. »

Le doyen ne bougea pas.

« Nous avons justement beaucoup de choses à nous dire. »

Varenne a regardé l’écran noir, puis le technicien, avant de poser enfin les yeux sur moi.

Pendant une seconde, son visage s’est figé.

Puis il a souri.

« Clara. Félicitations pour votre diplôme. »

Je n’ai pas répondu.

Il s’est approché.

« Je regrette profondément ce malentendu. »

« Quel malentendu ? »

Son sourire a disparu.

« L’invitation. Le dossier. Tout cela est regrettable. »

« Deux invitations ont été émises à mon nom. Pourquoi ? »

Il a regardé mon père.

Puis Chloé.

Ce regard n’a duré qu’une fraction de seconde.

Mais je l’ai vu.

Ils se connaissaient.

Et mon père a baissé les yeux.

J’ai senti mon cœur accélérer.

« Papa… »

Il n’a pas répondu.

Varenne a alors sorti quelque chose de la poche intérieure de son costume.

Une enveloppe blanche.

Il me l’a tendue.

« Votre père devait vous remettre ceci depuis longtemps. »

Je n’ai pas bougé.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Une copie d’un accord que vous avez signé il y a quatre ans. »

Mon sang s’est glacé.

« Je n’ai jamais signé d’accord avec vous. »

Pour la première fois, Varenne a cessé de sourire.

« Justement. »

Il a posé l’enveloppe sur la table.

« C’est bien le problème, docteure Lefèvre. Quelqu’un a signé à votre place. »

Et lorsque j’ai regardé la signature au bas du document, j’ai reconnu immédiatement l’écriture.

C’était la mienne.

No comments yet