Divertissement

Ils M’Ont Volé Mon Invitation VIP Et M’Ont Laissée Sous La Pluie… Puis Mon Nom A Été Annoncé Devant Toute La Salle

Je regardai le professeur Delcourt sans parvenir à prononcer un mot. Pendant quatre ans, cet homme avait été l’une des rares personnes de l’université à me traiter avec respect. Il avait défendu mes travaux, signé mes recommandations et m’avait toujours appelée « docteure » alors que ma propre famille me répétait que je n’étais qu’une aide-soignante. Et pourtant, il venait d’admettre avoir menti à ma mère.

« Quel mensonge ? » demandai-je enfin.

Delcourt baissa les yeux vers le dossier.

« Ta mère voulait que je fasse croire à tout le monde que je travaillais avec Varenne. »

« Pourquoi ? »

« Pour découvrir jusqu’où allait son réseau. »

Le professeur Morel s’approcha de la fenêtre et vérifia la rue avant de tirer les rideaux.

« Antoine avait accepté de jouer le rôle du traître. Ta mère avait besoin de quelqu’un que Varenne puisse croire acquis à sa cause. »

Je regardai de nouveau la liste des noms.

« Alors pourquoi votre nom apparaît-il dans les transferts ? »

Delcourt prit une profonde inspiration.

« Parce que l’argent que Varenne me versait n’allait jamais sur mon compte. Il servait à financer secrètement les analyses de ton laboratoire. »

Je restai silencieuse.

Tout s’effondrait encore une fois, mais différemment.

Le dossier que j’avais pris pour une preuve de trahison était peut-être une preuve de protection.

« Pourquoi ne m’avez-vous jamais rien dit ? »

« Parce que ta mère me l’a interdit. Elle savait que si tu connaissais mon rôle, tu pourrais involontairement révéler quelque chose sous pression. »

Morel ouvrit alors un second dossier.

« Mais il y a une chose que ni ton père ni Varenne ne savaient. »

Il sortit une petite photographie.

Elle représentait ma mère devant un tableau couvert de formules médicales.

Au dos, une date.

Deux jours avant sa mort.

« Ce soir-là, elle est venue ici », dit Morel. « Elle m’a confié les résultats originaux et m’a demandé de les cacher. Mais avant de partir, elle m’a posé une question étrange. »

« Laquelle ? »

« Elle m’a demandé si je croyais qu’une personne pouvait falsifier son propre décès. »

Je sentis mon cœur s’arrêter.

« Quoi ? »

Morel secoua la tête.

« Je n’ai pas compris. J’ai pensé qu’elle parlait sous le coup de la peur. »

Je regardai Isabelle.

Elle semblait aussi bouleversée que moi.

« Tu savais ça ? »

« Non », murmura-t-elle. « Elle ne m’en a jamais parlé. »

Mon père avait toujours affirmé que ma mère était morte après une complication médicale brutale. J’avais accepté cette version parce que j’étais trop jeune, trop brisée, et parce qu’on m’avait interdit de poser des questions.

Je sentis mes doigts devenir froids.

« Est-ce que vous avez son dossier médical ? »

Morel hocha la tête.

« J’ai conservé une copie. »

Il ouvrit un classeur.

Les résultats défilaient sous mes yeux.

Puis je remarquai une anomalie.

« Cette analyse a été effectuée après son décès. »

Personne ne bougea.

Je pointai la date.

« Regardez. Le prélèvement est daté du 23 novembre. Maman est officiellement morte le 19. »

Morel pâlit.

« Je n’avais jamais remarqué cette date. »

Delcourt prit le document.

« Il y a autre chose. »

Il désigna la signature du médecin.

Je la reconnus.

« Ce n’est pas la signature du médecin qui s’occupait d’elle. »

Morel hocha lentement la tête.

« Alors quelqu’un a ajouté cette analyse après sa mort. »

Un silence lourd s’installa.

Puis mon téléphone vibra.

Numéro inconnu.

Un message.

« Vous cherchez au mauvais endroit. Votre mère n’est pas morte pour protéger ses recherches. Elle a disparu pour protéger sa fille. »

Je relus la phrase plusieurs fois.

Puis une seconde notification apparut.

Une photographie.

Je l’ouvris.

Mes mains se mirent à trembler.

C’était une image prise dans une gare.

Une femme âgée, de dos, portant un manteau beige, avançait avec une canne.

Son visage était à peine visible.

Mais je connaissais cette démarche.

Je connaissais cette façon de tenir son sac contre elle.

Et surtout, je reconnaissais le pendentif autour de son cou.

Celui que ma mère portait chaque jour.

« Ce n’est pas possible… »

Isabelle s’approcha.

Lorsqu’elle vit la photo, elle porta une main à sa bouche.

« Clara… »

« Où cette photo a-t-elle été prise ? »

Le message indiquait une gare parisienne.

La date était celle d’il y a trois jours.

Trois jours.

Une personne supposée morte depuis quatre ans apparaissait peut-être sur une photographie récente.

Je regardai Morel.

« Vous pensez qu’elle est vivante ? »

Il ne répondit pas.

Delcourt, lui, fixait quelque chose derrière moi.

Je me retournai.

Sur la table, le dossier médical était resté ouvert.

Une page venait de glisser au sol.

Je la ramassai.

C’était une photocopie d’un document que je n’avais jamais vu.

Un certificat de décès.

Mais le nom inscrit dessus n’était pas celui de ma mère.

Il portait le nom d’une autre femme.

Et, dans la marge, quelqu’un avait écrit à la main :

« La véritable identité de la patiente décédée n’a jamais été révélée. »

Je levai lentement les yeux vers les autres.

À cet instant, le téléphone de Morel sonna.

Il décrocha.

Son visage se vida de ses couleurs.

« Oui… »

Il écouta quelques secondes.

Puis il me tendit le téléphone.

« C’est pour toi. »

Je pris l’appareil.

Une voix de femme murmura à l’autre bout.

Une voix que je n’avais pas entendue depuis quatre ans.

« Clara… ne retourne pas à l’université. »

Je cessai de respirer.

« Maman ? »

Un silence.

Puis la voix répondit :

« Ton père n’a jamais été le véritable responsable. Et demain, ils vont essayer de faire de toi la coupable de tout ce qu’ils ont fait. »

La communication fut coupée.

Sur la table, l’ordinateur de Morel venait soudain d’afficher une alerte rouge.

ACCÈS AUX ARCHIVES L-17 CONFIRMÉ.

Et juste en dessous apparaissait mon nom.

CLARA LEFÈVRE — RESPONSABLE PRINCIPALE.

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