Les paroles de Damien me glacèrent davantage que le tonnerre qui faisait trembler les fenêtres du manoir de Valombre.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? » ai-je murmuré.
Il n’a pas répondu.
À la place, Damien a regardé Lila.
Ma fille a lentement retiré sa main de sa poitrine, puis a tapoté trois fois sous sa propre clavicule.
Je connaissais ce signe.
Rythme anormal.
Mon estomac s’est noué.
Lila avait passé des années à fréquenter des cardiologues dans le cadre du suivi lié à ses traitements auditifs. Elle ne pouvait pas entendre normalement les battements du cœur de Damien, mais avec sa paume posée contre sa poitrine, elle avait senti quelque chose d’étrange.
Je me suis approchée.
« Monsieur Volkov, elle pense que votre rythme cardiaque est irrégulier. »
Le visage de Damien s’est fermé.
« C’est impossible. »
Soudain, le garde près de la porte a pris la parole.
« Monsieur, le docteur Mercier vous a examiné ce matin. »
Damien a plissé les yeux.
« Oui. »
Le garde a hésité.
« Il a dit que votre cœur était stable. »
Un silence terrible s’est installé.
Lila a tiré sur la manche de Damien.
Puis elle a désigné le plateau en argent posé à côté de son lit.
Un verre d’eau à moitié vide se trouvait à côté de plusieurs comprimés blancs.
Damien les a fixés.
Mon pouls s’est accéléré.
« Quoi ? » ai-je demandé à Lila.
Elle a signé rapidement.
Différents.
« Différents comment ? »
Elle a montré les comprimés, puis la corbeille.
J’ai traversé la pièce et retrouvé, sous plusieurs mouchoirs, l’emballage des médicaments de la veille.
Les comprimés à l’intérieur étaient bleu pâle.
Ceux qui se trouvaient sur le plateau de Damien étaient blancs.
Le visage de Damien a changé instantanément.
« Appelez Victor », a-t-il ordonné.
L’un des gardes a disparu.
L’autre a verrouillé la porte de la chambre.
J’ai serré Lila contre moi.
Damien a pris un comprimé blanc entre deux doigts.
« Trois semaines », a-t-il murmuré. « Mercier me les apporte personnellement chaque matin. »
Puis des pas lourds ont retenti dans le couloir.
La porte s’est ouverte.
Victor, le chef de la sécurité de Damien, est entré avec une mallette médicale noire à la main.
Mais dès qu’il a aperçu les comprimés, il s’est arrêté net.
Son visage est devenu totalement impassible.
Damien l’a remarqué.
« Alors, a dit doucement Damien, tu les reconnais. »
Victor a glissé une main sous sa veste.
Tous les gardes ont dégainé leur arme.
J’ai tiré Lila derrière moi.
Mais Victor ne cherchait pas un pistolet.
Il a sorti un flacon contenant exactement les mêmes comprimés blancs.
Damien s’est figé.
Victor l’a posé sur la table.
« Ce n’est pas du poison », a-t-il dit.
« Alors, qu’est-ce que c’est ? »
Victor m’a regardée droit dans les yeux.
« Ces comprimés servent à contrôler une maladie cardiaque génétique. »
J’ai retenu mon souffle.
Puis il a prononcé les mots qui ont tout fait voler en éclats.
« Parce que Damien a une fille atteinte de la même maladie. »
Son regard s’est abaissé vers Lila.
« Et je crois qu’elle se trouve dans cette pièce. »
À suivre — cliquez sur la Partie 3 pour continuer.







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