Luca fixa l’alerte rouge sans bouger.
ACCÈS À LA CHAMBRE FORTE AUTORISÉ.
— Verrouillez immédiatement tout le sous-sol, ordonna-t-il dans sa radio. Personne n’entre. Personne ne sort.
Marco se retourna vers lui.
— Tes empreintes ne peuvent pas être utilisées si tu es ici.
— Je le sais.
Luca glissa le petit dispositif trouvé dans le lion de Matteo dans sa poche intérieure, puis regarda Elena.
— Restez avec lui.
— Je viens avec vous.
— Vous êtes blessée.
— Et quelqu’un vient de pénétrer dans votre coffre-fort quelques minutes après que Sofia vous a demandé de regarder dans ce lion. Ce n’est pas une coïncidence.
Luca hésita.
Puis il fit signe à deux hommes.
— Protégez Matteo. Si quelqu’un approche de cette chambre sans mon ordre direct, vous l’arrêtez.
Le docteur Perrin leva les yeux.
— Même moi ?
Luca le fixa.
— Surtout vous.
Perrin pâlit légèrement, mais ne répondit pas.
Luca, Marco et Elena descendirent au sous-sol.
La chambre forte se trouvait derrière une porte blindée au bout d’un corridor sans fenêtre.
Lorsqu’ils arrivèrent, elle était grande ouverte.
À l’intérieur, rien ne semblait avoir été déplacé.
Argent.
Documents.
Armes.
Bijoux appartenant autrefois à Sofia.
Tout était là.
Luca se dirigea immédiatement vers le compartiment supérieur.
Le dossier contenant la recette originale du gâteau red velvet avait disparu.
Ainsi qu’une petite boîte noire que Sofia lui avait remise quelques semaines avant sa mort.
— Qu’y avait-il dedans ? demanda Elena.
Luca resta silencieux.
Marco s’approcha.
— Luca.
— Des prélèvements médicaux de Sofia.
Elena releva brusquement la tête.
— Vous les aviez conservés ?
— Elle me l’avait demandé.
— Pourquoi ne me l’avez-vous jamais dit ?
— Parce que jusqu’à aujourd’hui, je pensais qu’ils n’avaient aucune importance.
Elena s’appuya contre la paroi métallique.
— Ils en avaient énormément.
Luca se retourna vers elle.
— Expliquez.
— Sofia soupçonnait qu’on modifiait ses résultats médicaux. Elle avait fait prélever elle-même plusieurs échantillons de sang et de cheveux, sans passer par son médecin habituel. Elle voulait pouvoir prouver qu’elle avait été empoisonnée.
Marco observa la serrure biométrique.
— Quelqu’un savait donc exactement ce qu’il fallait voler.
Un technicien de sécurité arriva avec une tablette.
— Monsieur Morel, nous avons vérifié le lecteur.
— Et ?
— Votre empreinte a bien été reconnue.
— Ce n’était pas mon doigt.
Le technicien déglutit.
— Non. Nous avons trouvé une fine pellicule de silicone sur le capteur. Quelqu’un a fabriqué une copie extrêmement précise de votre empreinte.
Luca sentit quelque chose de froid lui traverser la poitrine.
— À partir de quoi ?
— D’un verre. D’une poignée. De n’importe quel objet que vous avez touché récemment.
Elena murmura :
— Donc la personne se trouve assez près de vous pour obtenir votre empreinte.
Marco serra la mâchoire.
— Ou assez près pour entrer ici sans éveiller les soupçons.
Un garde intervint dans la radio.
— Monsieur Morel, nous avons intercepté la voiture noire.
Luca prit immédiatement l’appareil.
— Qui était à l’intérieur ?
Un silence.
Puis :
— Personne.
Luca ferma les yeux une seconde.
— Répétez.
— Le véhicule roulait en pilotage automatique. Nous avons trouvé un brouilleur de signal et plusieurs téléphones jetables, mais aucun conducteur.
Un leurre.
Quelqu’un les avait volontairement forcés à regarder vers le portail pendant qu’un complice vidait le coffre-fort.
Elena regarda Luca.
— Ils savaient que vous trouveriez la clé dans le lion.
— Alors ils savaient aussi ce qu’elle contenait.
Luca sortit le dispositif de sa poche.
— Voyons s’ils ont réussi à prendre de l’avance.
Ils gagnèrent le bureau sécurisé du sous-sol.
L’appareil fut branché à un ordinateur isolé du réseau.
Un seul dossier apparut.
SOFIA_M.
Il était protégé par un mot de passe.
Luca essaya leur date de mariage.
Refusé.
La date de naissance de Matteo.
Refusé.
Le 17 septembre.
Refusé.
Marco posa une main sur le bureau.
— Qu’est-ce qu’elle disait toujours quand elle avait peur ?
Luca leva les yeux.
Il revit Sofia dans la chambre de Matteo, un soir d’orage, tenant leur fils contre elle.
Elle avait répété une phrase à voix basse.
Toujours la même.
« Le cœur sait où est la maison. »
Luca entra les mots.
Le dossier s’ouvrit.
Elena retint son souffle.
Des dizaines de fichiers apparurent.
Analyses.
Photographies.
Copies d’ordonnances.
Enregistrements vocaux.
Et plusieurs vidéos.
Luca ouvrit la plus ancienne.
Sofia apparut à l’écran.
Elle semblait plus mince qu’il ne se souvenait d’elle.
Son visage était pâle.
Mais elle était vivante.
— Luca, si tu regardes ceci, c’est que j’ai eu raison d’avoir peur.
Il se rapprocha de l’écran.
— Depuis plusieurs mois, quelqu’un modifie mes traitements. Mes symptômes sont ensuite présentés comme une maladie cardiaque naturelle. Je ne sais pas encore qui donne les ordres, mais je sais maintenant comment ils procèdent.
Elle leva une feuille devant la caméra.
— Les doses sont assez faibles pour ne pas provoquer une mort immédiate. Elles affaiblissent progressivement le cœur jusqu’à ce que tout ressemble à une défaillance médicale.
Elena ferma les yeux.
C’était exactement ce qui arrivait à Matteo.
La vidéo continua.
— J’ai commencé à conserver mes propres prélèvements parce que certains résultats disparaissaient de mon dossier.
Luca pensa immédiatement à la boîte noire volée quelques minutes plus tôt.
Sofia regarda alors directement la caméra.
— Quelqu’un à l’intérieur de la maison aide la personne qui fait ça.
Marco se raidit.
— Elle savait qui ?
Luca ne répondit pas.
Sofia poursuivit :
— Mais ce n’est pas Marco.
Marco releva brusquement la tête.
Luca se retourna vers lui.
Pour la première fois depuis le début de la soirée, son frère sembla réellement déstabilisé.
Puis Sofia ajouta :
— J’ai laissé volontairement croire que je le soupçonnais. Je voulais voir qui réagirait.
Un bruit métallique retentit derrière eux.
Elena venait de faire tomber une chaise.
Elle fixait l’écran.
— Continuez.
La vidéo suivante était datée de trois jours avant la mort officielle de Sofia.
Cette fois, elle pleurait.
— Luca, j’ai compris quelque chose aujourd’hui. Matteo n’était pas encore malade quand j’ai enregistré cette vidéo, mais s’ils découvrent que j’ai compris leur méthode, ils pourront se servir de lui pour t’atteindre.
Luca sentit ses doigts se refermer sur le bord du bureau.
— Non…
— C’est pour ça que je dois disparaître.
Marco murmura :
— Elle avait tout prévu.
Puis Sofia prononça une phrase qui glaça tous les hommes présents dans la pièce.
— Et surtout, Luca… si le docteur Perrin est encore le médecin de Matteo lorsque tu regardes ceci, éloigne-le immédiatement de notre fils.
Luca se retourna.
La porte du bureau était ouverte.
Un garde apparut, essoufflé.
— Monsieur Morel…
— Quoi ?
— Le docteur Perrin n’est plus dans la chambre.
Luca sentit son cœur s’arrêter.
— Et Matteo ?
Le garde baissa les yeux.
— Il a disparu avec lui.
À suivre — cliquez sur la Partie 5 pour lire la suite.







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