Divertissement

Les médecins donnaient quatorze jours à vivre à son fils… puis une gouvernante servit le gâteau secret de sa femme assassinée

Luca fixa l’écran sans cligner des yeux.

L’homme qui entrait dans la morgue derrière Sofia était Étienne Valois, le responsable de la sécurité des Morel.

Celui qui avait personnellement supervisé les caméras de la propriété depuis la mort de Sofia.

Celui qui, quelques heures plus tôt, avait assuré à Luca qu’Elena n’avait pu quitter la maison sans être repérée.

Celui qui connaissait chaque angle mort.

Chaque code.

Chaque changement d’équipe.

— Où est Valois ? demanda Luca.

Marco saisit sa radio.

— Poste central, répondez.


Du grésillement.

Puis une voix nerveuse.

— Monsieur Valois a quitté la salle de contrôle il y a environ cinq minutes.

Luca sentit immédiatement le piège.

— Verrouillez le poste central. Ne touchez à aucun ordinateur.

Elena observait toujours l’image figée.

— Il n’a pas l’air de forcer Sofia à entrer.

C’était vrai.

Sur la vidéo, Sofia savait qu’Étienne était derrière elle.

Elle ne résistait pas.


Luca se tourna vers Perrin.

— Qu’est-ce qui s’est passé dans cette morgue ?

Le médecin secoua la tête.

— Je suis parti avant lui. Elena devait prendre Sofia en charge.

— Et Valois ? demanda Marco.

Elena répondit.

— Sofia l’avait choisi.

Luca la fixa.

— Quoi ?

— Étienne faisait partie des trois personnes auxquelles elle pensait encore pouvoir faire confiance.


— Alors pourquoi a-t-il passé deux ans à surveiller ma maison pendant que mon fils était empoisonné ?

Elena ne trouva aucune réponse.

Luca sortit son arme.

— On va le lui demander.

Le poste de sécurité principal se trouvait dans une pièce blindée au rez-de-chaussée.

La porte était verrouillée de l’intérieur.

Marco entra le code d’urgence.

Refusé.

Luca recula.

— Ouvrez-la.


Deux gardes placèrent une charge réduite contre la serrure.

L’explosion fit sauter le mécanisme.

Ils entrèrent.

La pièce était vide.

Sur vingt écrans, toutes les caméras de la propriété diffusaient exactement la même image.

Une boucle enregistrée.

Luca comprit alors comment l’infirmière avait pu tenter de fuir.

Comment Elena avait disparu.

Comment quelqu’un était entré dans la chambre forte.

On ne piratait pas leur système depuis l’extérieur.


Quelqu’un le contrôlait depuis l’intérieur depuis le début.

Marco désigna un bureau ouvert.

— Luca.

Une photographie y avait été déposée.

Sofia.

Matteo nouveau-né dans ses bras.

À côté, Étienne Valois souriait à la caméra.

Au dos, une phrase avait été écrite au stylo.

« Je suis désolé. Je n’ai pas réussi à protéger les deux. »

Elena pâlit.


— Ce n’est pas un message de fuite.

— Alors quoi ?

— Un adieu.

Ils retrouvèrent Étienne dans l’ancienne chapelle familiale, à l’extrémité ouest de la propriété.

Il était assis seul sur un banc.

Son arme reposait à côté de lui.

Il ne fit aucun geste lorsque Luca entra.

— Vous auriez dû partir plus loin, dit Luca.

Étienne leva les yeux.

— Je ne cherchais pas à partir.


— Vous avez aidé Sofia à disparaître.

— Oui.

— Vous avez falsifié mes caméras.

— Oui.

— Quelqu’un empoisonne mon fils sous votre surveillance.

Cette fois, Étienne baissa le regard.

— Oui.

Luca posa son pistolet contre sa tempe.

— Donnez-moi une seule raison.

Étienne sortit lentement quelque chose de sa veste.


Un téléphone.

— Parce que je peux encore vous montrer qui m’a donné les ordres.

Marco prit l’appareil.

Des dizaines de messages étaient archivés.

Ils remontaient à près de trois ans.

Les premiers provenaient de Sofia.

« J’ai besoin que tu crées un angle mort au sous-sol. »

« Ne dis rien à Luca. »

« Si quelque chose m’arrive, protège Matteo. »

Puis le ton changeait.


Après la disparition de Sofia, un autre correspondant était apparu.

Toujours depuis des numéros différents.

Toujours avec des preuves que Sofia était vivante.

« Continue à travailler pour Luca. »

« Ne cherche pas Sofia. »

« Modifie la caméra du couloir est à 19 h 40. »

« Si tu refuses, Sofia meurt. »

Luca fit défiler les messages plus vite.

Puis il en trouva un datant de quatre mois auparavant.

« Le garçon commence le traitement. Ne t’en mêle pas. »


Luca saisit Étienne par la veste.

— Vous saviez qu’ils empoisonnaient Matteo.

— Je savais seulement qu’un nouveau protocole médical avait commencé.

— Vous avez reçu ce message !

— Je n’ai compris qu’après les premières crises.

— Et vous n’avez rien dit ?

Étienne leva enfin les yeux.

Ils étaient remplis de honte.

— J’ai essayé.

Il ouvrit une ancienne conversation.

Un message envoyé à Luca.

« Il faut vérifier personnellement les médicaments de Matteo. Ne faites confiance à personne. »

Statut : NON DISTRIBUÉ.

— Quelqu’un interceptait mes communications, dit Étienne. Chaque message que je vous envoyais disparaissait avant d’arriver.

Marco prit le téléphone.

— Qui avait accès au serveur ?

— Moi. Et l’administrateur externe engagé après la mort de Sofia.

— Son nom ?

Étienne hésita.

— Je ne l’ai jamais rencontré. Le contrat a été validé directement par votre cabinet juridique.

Luca sentit quelque chose se resserrer dans sa poitrine.

— Mon cabinet juridique ?

— Oui.

— Qui a signé ?

Étienne lui tendit une copie numérique.

Luca regarda le document.

La signature était la sienne.

Parfaite.

Comme l’empreinte utilisée sur son coffre-fort.

Mais Luca n’avait jamais vu ce contrat.

Elena murmura :

— Quelqu’un ne se contente pas d’imiter vos accès. Il construit depuis des années une seconde version de vous.

Étienne reprit :

— Sofia l’avait compris avant de disparaître. Elle disait que l’objectif n’était pas seulement de la tuer.

— Alors quoi ?

— Vous isoler. Détruire votre confiance dans votre famille, vos médecins, vos hommes. Faire en sorte que lorsque la vérité sortirait, vous ne sachiez plus qui croire.

Luca pensa à Marco.

À Perrin.

À Elena.

À Sofia elle-même.

Tout avait fonctionné.

— Où est Sofia ? demanda-t-il.

Étienne secoua la tête.

— Je ne sais pas.

Luca appuya davantage son arme.

— Mauvaise réponse.

— Elle changeait d’endroit constamment. Mais il existe un relais.

Il indiqua son téléphone.

— Chaque dimanche à minuit, Sofia envoyait un fichier chiffré vers un serveur hors ligne. Une preuve qu’elle était encore vivante.

Marco consulta l’historique.

— Le dernier envoi date de six jours.

— Le prochain devrait arriver dans moins de quatre heures, dit Étienne.

Luca rangea son arme.

— Alors nous allons attendre.

Mais Matteo n’avait pas quatre heures.

Perrin appela à cet instant.

— Luca, revenez immédiatement.

Sa voix était tendue.

— Qu’est-ce qui se passe ?

— Les analyses de Matteo viennent de revenir.

Luca sentit son cœur tomber.

— La digitaline augmente encore.

— C’est impossible. Tous ses aliments et médicaments ont été isolés.

— Je sais.

Un silence.

Puis Perrin ajouta :

— Ce qui signifie que le poison n’entre plus dans son corps.

Luca serra le téléphone.

— Expliquez-vous.

— Quelque chose implanté dans Matteo continue de le libérer.

Luca resta figé.

— Implanté ?

— Oui.

— Où ?

— Près de son cœur.

Et pour l’enlever, nous devons l’opérer maintenant.

À suivre — cliquez sur la Partie 7 pour lire la suite.

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