Divertissement

Lors Des Funérailles De Mon Père, Le Fossoyeur M’a Révélé Que Son Cercueil Était Vide… Puis Il M’a Donné Une Clé

Je gardai le téléphone contre mon oreille plusieurs secondes après la coupure, comme si la voix d’Isabelle pouvait revenir simplement parce que je refusais d’accepter le silence. La pluie coulait sur mon visage et dans mon cou, mais je ne sentais plus le froid. Une inconnue venait de prononcer une phrase capable de réécrire quarante-six années de ma vie. Pourtant, ce qui me terrifiait le plus n’était pas qu’elle prétende être ma mère. C’était la manière dont elle avait dit mon prénom. Pas comme quelqu’un qui venait de découvrir mon existence. Comme quelqu’un qui l’avait répété pendant des années en secret.

« Rappelez-la », dis-je.

Claire secoua la tête.

« Mauvaise idée. »

« Ce n’était pas une suggestion. »

J’appuyai sur le numéro. Une voix automatique m’annonça qu’il n’était plus attribué.

Je regardai Claire.

« Comment est-ce possible ? »

« Numéro virtuel. Probablement routé à travers plusieurs relais. »

« Alors trouvez d’où venait l’appel. »


« Je n’ai plus accès aux systèmes de la DGSI. »

Cette réponse réveilla ma colère.

« Vous m’avez attendue avec une carte de la DGSI, vous m’avez conduite dans un piège et maintenant vous m’expliquez que vous n’avez accès à rien. Donnez-moi une raison de ne pas partir immédiatement. »

Claire essuya l’eau de son visage.

« Parce qu’Isabelle Delcourt est officiellement morte depuis vingt-trois ans. Et parce que votre mère, Hélène Mercier, a signé comme témoin sur son certificat de décès. »

Cette fois, je ne trouvai aucune réponse.

Nous remontâmes dans la Peugeot. Claire prit la direction de Mantes-la-Jolie. Elle connaissait un ancien collègue, Étienne Laroque, qui conservait selon elle des copies hors réseau de certains dossiers Orphée. Je ne lui faisais pas confiance, mais rentrer chez moi était exclu, et appeler ma mère sans comprendre ce qu’elle savait aurait été une erreur.

Pendant le trajet, j’ouvris la photographie de mes parents et d’Isabelle sous la lampe intérieure. Au dos, sous les mots « Elle n’est pas morte », je remarquai une légère surépaisseur. Je séparai délicatement deux couches de papier collées l’une contre l’autre.

Un second message apparut.

**Chapelle Saint-Martin. Registre 1980.**


« Claire. Vous connaissez ? »

Elle regarda l’inscription.

« Une ancienne chapelle privée près de Versailles. Elle dépendait autrefois d’un établissement médical militaire. »

Une heure plus tard, Étienne Laroque nous ouvrit la porte d’un pavillon discret. La soixantaine, cheveux blancs, il ne sembla pas surpris de voir Claire. En revanche, lorsqu’il me reconnut, son visage se ferma.

« Raymond avait donc raison », murmura-t-il.

« À propos de quoi ? »

« Vous finiriez par venir. »

Dans son bureau, des dossiers remplissaient des armoires métalliques. Étienne posa devant moi une chemise portant simplement le mot ORPHÉE.

À l’intérieur se trouvaient trois certificats.

Le premier était le certificat de décès d’Isabelle Delcourt, daté du 18 novembre 2003 à Sarajevo.


Le deuxième concernait un homme nommé Marc Delcourt, mort en 1980.

Le troisième portait mon nom.

**Nathalie Delcourt.**

Née le 12 février 1980.

Pas le 14.

Je sentis mes doigts devenir froids.

Père : Raymond Mercier.

Mère : Isabelle Delcourt.

« Pourquoi mon identité a-t-elle été changée ? »

Étienne s’assit face à moi.


« Parce que deux jours après votre naissance, quelqu’un a tenté de tuer Isabelle. Raymond vous a emmenée. Hélène vous a donné son nom et vous a élevée comme sa fille. »

La pièce sembla rétrécir.

« Donc Hélène savait tout. »

« Depuis le début. »

Je repensai au message : Rentre à la maison. Seule.

« Pourquoi Isabelle a-t-elle disparu ? »

Étienne échangea un regard avec Claire.

« Parce qu’elle appartenait à la famille qui avait créé Orphée. »

Il sortit une photographie ancienne. Isabelle, très jeune, se tenait à côté d’un homme élégant devant un bâtiment officiel.

« Marc Delcourt, son frère. Officiellement mort en 1980. En réalité, il a utilisé sa propre mort pour construire un système permettant de fabriquer de nouvelles identités à des agents compromis. Au départ, Orphée servait l’État. Puis quelqu’un a compris qu’on pouvait vendre le même service à des criminels, des espions et des gens extrêmement riches. »


« Et mon père voulait démanteler le réseau. »

« Oui. Mais il a découvert qu’Orphée avait infiltré les services chargés de l’arrêter. »

Un bruit sec retentit dehors.

Claire éteignit immédiatement la lampe.

Une voiture venait de s’arrêter devant la maison.

Étienne pâlit.

« Personne ne connaît cette adresse. »

Des portières claquèrent.

Je me levai.

Puis mon téléphone vibra.


Cette fois, le message venait de ma mère.

**Je sais où tu es. Sors par le jardin. Maintenant.**

Je montrai l’écran à Claire.

Elle regarda vers la fenêtre.

« Comment peut-elle savoir ? »

Étienne ouvrit une petite porte derrière une bibliothèque. Nous traversâmes un couloir étroit et sortîmes dans le jardin au moment où quelqu’un frappait violemment à l’entrée.

Nous atteignîmes une ruelle derrière la maison.

Une voiture noire nous attendait, moteur allumé.

La vitre arrière descendit.

Ma mère était assise à l’intérieur.


« Monte, Nathalie. »

Je restai immobile.

« Qui est Isabelle Delcourt ? »

Son visage se brisa.

« Ta mère biologique. »

« Et mon père ? Il est vivant ? »

Elle détourna les yeux.

Ce silence fut une réponse.

Je m’approchai.

« Où est-il ? »


Hélène ouvrit la portière.

« Je ne sais pas. Mais je sais pourquoi il a organisé ses propres funérailles. »

Des hommes apparurent au bout de la rue.

Claire posa une main dans mon dos.

« Nathalie, maintenant. »

Nous montâmes.

La voiture démarra brutalement.

Ma mère me regarda alors avec une peur que je ne lui avais jamais vue.

« Raymond n’a pas simulé sa mort pour échapper à Orphée », dit-elle.

« Alors pourquoi ? »


Elle serra mes mains entre les siennes.

« Pour faire croire à Orphée qu’ils avaient enfin gagné. Parce que depuis vingt ans, ton père ne cherchait pas seulement à détruire leur réseau. Il cherchait l’homme qui le dirigeait. »

« Marc Delcourt ? »

Hélène secoua lentement la tête.

« Marc est mort depuis longtemps. Celui qui a repris Orphée est quelqu’un que tu connais personnellement. »

Mon cœur se serra.

« Qui ? »

Elle ouvrit la bouche.

Un téléphone caché dans son sac se mit soudain à sonner.

Hélène regarda l’écran et devint livide.


Elle me le montra.

Un seul mot apparaissait.

**Raymond.**

Elle décrocha et activa le haut-parleur.

La voix de mon père remplit l’habitacle.

« Hélène, écoute-moi attentivement. Ne conduis surtout pas Nathalie à la chapelle Saint-Martin. Ils savent pour le registre. »

Ma mère me regarda.

Puis le GPS de la voiture annonça froidement :

« Destination atteinte dans trois minutes. Chapelle Saint-Martin. »

Personne dans la voiture n’avait entré cette destination.

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