Divertissement

Lors Des Funérailles De Mon Père, Le Fossoyeur M’a Révélé Que Son Cercueil Était Vide… Puis Il M’a Donné Une Clé

Claire se pencha immédiatement vers le tableau de bord et arracha le câble du système de navigation. L’écran devint noir, mais la voix synthétique continua pendant deux secondes, comme alimentée par une source indépendante.

« Continuez sur huit cents mètres. »

Puis le silence revint.

Hélène se retourna vers le conducteur.

« Laurent, arrête la voiture. »

Il ne répondit pas.

Je remarquai alors ses mains crispées sur le volant. Trop crispées. Une petite lumière verte clignotait sous la colonne de direction.

« Laurent ? »

« Je ne contrôle plus rien », souffla-t-il.

Claire se pencha entre les sièges.


« Freinez. »

« J’essaie ! »

La voiture accéléra.

Je regardai la route. À travers la pluie apparurent les murs de pierre d’un ancien domaine. Derrière eux se dressait un clocher sombre.

Saint-Martin.

Quelqu’un ne voulait pas seulement nous suivre. Quelqu’un nous conduisait exactement là où Raymond venait de nous interdire d’aller.

« Coupez le moteur », ordonnai-je.

Laurent appuya sur le bouton. Rien.

« Boîte au point mort. »

Cette fois, la transmission répondit. Le moteur hurla tandis que la voiture ralentissait. Laurent tira le frein progressivement. Nous nous immobilisâmes à quelques mètres du portail.


Claire ouvrit sa portière.

« On repart à pied dans l’autre direction. »

« Non », dis-je.

Elle se retourna.

« Votre père vient précisément de vous dire de ne pas venir ici. »

« Et quelqu’un a pris le contrôle de cette voiture pour nous y amener. Cela signifie qu’il y a quelque chose ici que deux camps veulent contrôler. »

Hélène ferma les yeux.

« Tu parles exactement comme Raymond. »

« Alors commence à me parler comme à sa fille. »

Elle accusa le coup.


Je poursuivis :

« Plus de demi-vérités. Pourquoi as-tu signé le certificat de décès d’Isabelle ? »

Pendant quelques secondes, je retrouvai la femme qui m’avait élevée. Pas une conspiratrice. Ma mère.

« Parce que Raymond me l’a demandé. Et parce qu’Isabelle elle-même m’a suppliée de le faire. »

Je restai immobile.

« Tu la connaissais ? »

« C’était ma sœur de cœur. Nous travaillions toutes les deux comme infirmières dans un établissement militaire. Quand elle t’a mise au monde, elle savait déjà qu’on la cherchait. Deux jours plus tard, Raymond est venu me voir avec toi dans les bras. Isabelle avait disparu. »

« Et tu m’as élevée. »

Ses yeux se remplirent de larmes.

« Je t’ai aimée. Ce n’était pas une mission, Nathalie. Jamais. »


Je voulais la croire. Peut-être parce que quarante-six années d’amour pesaient davantage qu’un certificat falsifié.

Claire observait la chapelle.

« Quelqu’un arrive. »

Des phares apparurent derrière nous.

Nous franchîmes le portail à pied.

La chapelle était abandonnée depuis des années. Une chaîne rouillée pendait à la porte, déjà coupée. À l’intérieur, l’odeur de poussière et de pierre humide remplaça celle de la pluie.

Je trouvai la sacristie. Une armoire contenait encore des registres paroissiaux et médicaux.

1980.

Je posai le volume sur une table.

12 février.


Aucune Nathalie.

14 février.

Aucune Nathalie Mercier.

Mais entre les deux pages, quelqu’un avait découpé une feuille.

« On est arrivés trop tard », murmura Claire.

« Non », dit Hélène.

Elle s’agenouilla devant l’ancien autel et passa les doigts sous une marche.

Un déclic.

Une petite cavité s’ouvrit.

Je la regardai, stupéfaite.


« Comment savais-tu ? »

« Parce que j’étais là quand Raymond l’a construite. »

À l’intérieur reposait une cassette audio et une enveloppe portant la date du 12 février 1980.

Hélène prit la cassette.

« C’est la voix d’Isabelle. Elle l’a enregistrée après ta naissance. »

Un bruit de pas résonna dans la nef.

Claire nous fit signe de nous taire.

Une silhouette entra.

Je me préparai à l’affronter.

« Nathalie. »


Cette voix.

Je sortis lentement de la sacristie.

Mon père se tenait sous le porche.

Vivant.

Amaigri, barbe de plusieurs jours, une coupure au front, mais vivant.

Pendant un instant, je ne fus plus colonelle. Je redevins une petite fille courant vers l’homme qui l’attendait à la sortie de l’école.

Puis la colère prit le dessus.

Je traversai la nef et m’arrêtai devant lui.

« Trois jours », soufflai-je. « Pendant trois jours, j’ai cru que tu étais mort. »

« Je sais. »


« J’ai porté ton cercueil. »

« Nathalie… »

« Ne prononce pas mon prénom comme si cela pouvait arranger les choses. »

Ses yeux brillèrent.

« Je n’avais pas le choix. »

« On a toujours le choix. »

Il baissa la tête.

Hélène s’approcha derrière moi.

Raymond la regarda, surpris.

« Tu l’as amenée ici ? »


« Non. Quelqu’un a piraté la voiture. »

La peur apparut immédiatement sur son visage.

« Alors nous devons partir. »

« Pas avant que tu me dises qui dirige Orphée. »

Il me regarda longtemps.

« Je pensais le savoir. J’avais tort. »

Il sortit de son manteau une petite clé USB.

« Le box 17 était un leurre partiel. Les vraies archives sont ici. Isabelle m’a envoyé ceci il y a quatre jours. C’est pour ça que j’ai déclenché le protocole de ma fausse mort. »

« Tu savais qu’elle était vivante ? »

« Oui. »


Cette réponse me fit plus mal que je ne l’aurais imaginé.

« Depuis quand ? »

« Depuis Sarajevo. »

Claire détourna le regard.

Tout le monde avait su sauf moi.

Raymond inséra la clé USB dans un vieil ordinateur portable qu’il avait apporté. Une liste de noms apparut.

Magistrats. Fonctionnaires. Militaires. Agents.

Puis je vis un dossier portant mon propre nom.

**MERCIER, NATHALIE — STATUT : ACTIF.**

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Mon père pâlit.

« Je n’ai jamais créé ce dossier. »

Je l’ouvris.

Des photographies de moi prises au cours des quinze dernières années apparurent. À Paris. À Strasbourg. Sur plusieurs bases militaires. Même devant ma propre maison.

Puis une page intitulée SUCCESSION ORPHÉE.

Sous mon nom figurait une mention :

**Activation prévue : 09/09/2026.**

Demain.

Claire murmura :

« Nathalie… regardez l’autorisation. »

Au bas du document se trouvait une signature numérique.

Je reconnus immédiatement le nom.

**Général Antoine Valmont.**

Mon supérieur direct depuis six ans. L’homme qui avait recommandé ma promotion au grade de colonelle. Celui qui m’avait téléphoné après la mort de mon père et m’avait accordé personnellement une semaine de permission.

Je regardai Raymond.

« Valmont dirige Orphée ? »

Mon père secoua la tête.

« Non. Il travaille pour quelqu’un. »

Un nouveau fichier apparut automatiquement.

Une vidéo.

L’image trembla, puis Isabelle Delcourt apparut devant une caméra. Elle semblait épuisée.

« Nathalie, si Raymond t’a montré cet enregistrement, c’est que nous avons échoué à empêcher ton activation. Tu dois comprendre une chose avant demain : ils ne t’ont pas surveillée parce que tu étais la fille de Raymond. »

Elle regarda derrière elle, terrifiée.

« Ils ont construit toute ta carrière pour te placer exactement là où ils avaient besoin de toi. »

L’écran devint noir.

Puis une dernière ligne apparut.

**OBJECTIF D’ACTIVATION : ACCÈS JUPITER.**

Je cessai de respirer.

Jupiter était un niveau d’autorisation militaire auquel moins d’une poignée d’officiers de mon commandement avaient accès.

Et trois semaines auparavant, le général Valmont avait personnellement demandé que mon habilitation Jupiter soit renouvelée.

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