« Intervention immédiate », ordonnai-je. « Nous avons des suspects extrêmement dangereux sur les lieux. »
Mon père fixa le téléphone, puis éclata de rire.
« Arrête ton cinéma, Élise », dit-il. « Quelle que soit la petite administration qui t’emploie, elle n’a aucun droit de se mêler des affaires de famille. »
La voix du centre opérationnel répondit avec calme :
« Les équipes tactiques seront sur place dans quatre-vingt-dix secondes, capitaine Morel. »
Le sourire de Nicolas disparut.
Je m’agenouillai près de mon grand-père et enveloppai son corps tremblant dans mon manteau. Sa peau était dangereusement froide, et son pouls était faible sous mes doigts.
« Depuis combien de temps es-tu ici ? » murmurai-je.
« Six semaines », souffla-t-il. « Ils m’ont pris mes médicaments. Ils voulaient que je signe tout. »
Derrière moi, ma mère ricana.
« Il est complètement désorienté. »
La main de mon grand-père se resserra autour de la mienne.
« Non », murmura-t-il. « Les documents sont sous le matelas. »
Je soulevai le matelas taché et découvris une enveloppe scellée contenant des actes de transfert de propriété, de fausses expertises médicales ainsi que des relevés d’accès à plusieurs comptes offshore. La signature de mon grand-père apparaissait encore et encore, mais les dates montraient qu’il était censé avoir signé ces documents alors qu’il se trouvait hospitalisé et inconscient.
Des sirènes retentirent au-delà des arbres.
Mon père fit un pas vers moi.
« Donne-moi ces papiers. »
Je me relevai lentement et me plaçai entre lui et mon grand-père.
« Fais encore un pas. »
Pour la première fois, il comprit que je n’étais pas la fille dont il s’était moqué à table.
Des gyrophares rouges illuminèrent toute la cour.
Des véhicules blindés bloquèrent l’allée tandis que des agents fédéraux franchissaient le portail en masse. Les rires de mes parents furent aussitôt couverts par des ordres criés d’une voix ferme.
Nicolas tenta de s’enfuir vers les bois, mais deux agents le plaquèrent au sol avant même qu’il n’atteigne la clôture.
Ma mère se mit à hurler que j’avais trahi ma propre famille.
« Non », répondis-je. « Vous avez séquestré un homme âgé, volé ses biens et falsifié des documents officiels. Vous vous êtes trahis vous-mêmes. »
Les ambulanciers transportèrent mon grand-père vers l’ambulance.
Juste avant qu’ils ne le fassent monter à l’intérieur, il m’attira contre lui.
« Élise, écoute-moi bien », murmura-t-il. « Ils ne volaient pas mon argent pour eux-mêmes. »
Mon estomac se noua.
« Alors pour qui travaillaient-ils ? »
Ses yeux effrayés se tournèrent vers mon père.
« L’homme qui a donné l’ordre… c’est ton véritable père. »
Avant que je puisse lui poser la moindre question, un agent s’approcha de moi en tenant une photographie retrouvée dans le manteau de Nicolas.
On y voyait mon grand-père aux côtés du directeur de ma propre agence.
Et au dos, quelqu’un avait écrit :
Élise ne doit jamais découvrir pourquoi elle a été recrutée.
À suivre — cliquez sur la Partie 3 pour continuer.







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