Divertissement

Mes Parents M’Ont Traitée De Ratée — Puis J’ai Trouvé Mon Grand-Père Enfermé Dans Leur Abri De Jardin

Le tunnel déboucha derrière une ancienne station électrique à près de deux cents mètres du bâtiment principal.

L’air froid me frappa le visage.

Derrière nous, Saint-Véran tremblait sous les détonations.

Julien surgit de l’obscurité avec trois agents.

« Par ici ! »

Nous courûmes jusqu’à une tranchée naturelle dissimulée sous les pins.

« Situation ? » demandai-je.

« Deux groupes encerclent le site. Aucun insigne officiel. Ils brouillent toutes les fréquences conventionnelles. »

Delcourt s’accroupit près de nous.

« Valois ne veut laisser aucun témoin. »


Julien le regarda, puis Vasseur.

Son expression résumait parfaitement l’absurdité de la scène.

Un directeur que j’avais commencé à soupçonner.

Un homme officiellement mort.

Et moi avec une clé USB capable de provoquer une crise nationale.

« Mon grand-père », dis-je. « Je veux savoir ce qui s’est passé le jour de ma naissance. »

Delcourt détourna les yeux vers Saint-Véran.

« Ce n’est pas le meilleur moment. »

Je sortis la clé USB.

« Alors je vous laisse ici et je vais directement voir Valois. Peut-être qu’il sera plus bavard. »


« Élise… »

« Parlez. »

Vasseur observa Delcourt.

« Elle mérite de savoir. »

Delcourt ferma les yeux une seconde.

« Gabriel et ta mère biologique travaillaient pour le programme Saint-Véran. »

Je cessai de respirer.

« Ma mère biologique ? »

« Claire n’est pas ta mère biologique. »

Cette révélation aurait dû me briser.


Étrangement, elle expliquait seulement quelque chose que j’avais ressenti toute ma vie.

La distance.

Le mépris.

Cette impression d’être tolérée plutôt qu’aimée.

« Qui était-elle ? »

« Sophie Lambert. Analyste financière. L’une des meilleures du programme. »

« Était ? »

Le silence de Delcourt répondit avant lui.

« Elle est morte ? »

« Deux jours après ta naissance. »


Je serrai la mâchoire.

« Comment ? »

« On a saboté sa voiture. »

Vasseur reprit doucement :

« Sophie avait découvert que quelqu’un utilisait les comptes traceurs pour détourner de l’argent. Elle avait identifié plusieurs intermédiaires, dont Valois. »

« Et mon père ? »

« Gabriel voulait rendre les preuves publiques », expliqua Delcourt. « Mais ton grand-père savait qu’ils n’avaient pas encore identifié toutes les personnes impliquées. S’ils agissaient trop tôt, Sophie et toi deveniez des cibles. »

Un cri d’oiseau retentit au loin.

Julien leva la main.

Tout le monde se tut.


Deux faisceaux lumineux balayèrent les arbres à une centaine de mètres.

Les hommes de Valois nous cherchaient.

Nous nous enfonçâmes davantage sous les branches.

Delcourt poursuivit à voix basse.

« Après la mort de Sophie, Gabriel a perdu toute confiance. Il voulait venir te chercher et disparaître avec toi. »

« Et mon grand-père l’en a empêché. »

« Oui. »

La phrase de Valois me revint.

Ce que ton grand-père avait fait le jour de ta naissance.

« Comment ? »


« Il a fait déclarer officiellement que tu étais la fille de Claire et Paul Morel. Il a modifié les dossiers de naissance et caché ton lien avec Gabriel. »

Je sentis ma gorge se serrer.

« Il m’a volée à mon propre père. »

« Il t’a cachée à un réseau qui venait d’assassiner ta mère », répondit Vasseur.

Je me tournai vers lui.

« Gabriel le savait ? »

« Il l’a découvert quelques semaines plus tard. Il a cru que ton grand-père avait choisi le programme plutôt que lui. Ils se sont séparés dans la colère. »

Tout devenait plus complexe.

Mon grand-père m’avait protégée.

Mais pour cela, il avait privé un père de sa fille.


« Pourquoi Gabriel n’est-il jamais revenu ? »

Delcourt répondit :

« Il l’a fait. »

Je le fixai.

« Quoi ? »

« Plusieurs fois. »

Mon cœur se serra.

« Quand ? »

« Quand tu avais six ans. Puis onze ans. Et dix-sept ans. »

Je repensai aux rares périodes où mon grand-père avait soudainement insisté pour que je passe quelques semaines chez une tante éloignée.


« Grand-père m’éloignait. »

« Parce que chaque fois que Gabriel approchait, quelqu’un d’autre approchait aussi. Après la deuxième tentative, ton grand-père a compris que Gabriel était suivi. »

« Par Valois ? »

« Nous le pensions. »

Un moteur rugit dans la forêt.

Julien consulta une petite carte hors réseau.

« Ils ferment les sorties. On doit bouger. »

Je remis la clé dans une poche intérieure.

« L’hôpital. »

« Trop risqué », répondit Delcourt.


« Mon grand-père est le seul qui puisse confirmer tout ça. »

« Et Valois le sait aussi. »

Mon téléphone vibra.

Étonnamment, le réseau venait de revenir.

Un message.

Expéditeur inconnu.

Une photographie.

Mon grand-père dans son lit d’hôpital.

Assis.

Conscient.


À côté de lui se tenait un homme aux cheveux gris.

Je reconnus immédiatement la cicatrice sur son sourcil gauche.

Gabriel Moreau.

Mon père.

Sous la photo, un seul message :

IL EST VENU LE CHERCHER.

Je montrai l’écran à Delcourt.

Il blêmit.

« Quand cette photo a-t-elle été prise ? »

Je regardai les métadonnées.

« Il y a sept minutes. »

« Impossible. »

« Pourquoi ? »

Vasseur prit le téléphone.

Son expression changea.

« Parce que si Gabriel est réellement à l’hôpital, alors Valois ne l’a pas encore trouvé. »

Julien fronça les sourcils.

« Quelqu’un nous envoie donc cette photo pour nous y attirer. »

Je hochai la tête.

« Ou pour nous prévenir. »

Un bruit de pas éclata derrière les arbres.

Nous repartîmes immédiatement.

Julien nous guida vers un véhicule dissimulé derrière une maison forestière abandonnée.

À peine étions-nous montés qu’une énorme explosion illumina le ciel.

Saint-Véran disparut dans une boule de feu.

Le souffle secoua les vitres à distance.

Je regardai les flammes dévorer trente années de secrets.

Mais la clé USB était toujours contre ma poitrine.

« Valois croit que les preuves ont disparu », murmurai-je.

Delcourt me regarda.

« Pour quelques heures, peut-être. »

« Ça suffira. »

Julien démarra.

Nous roulâmes sans phares pendant plusieurs kilomètres avant de rejoindre une route secondaire.

À 2 h 14, nous arrivâmes à l’hôpital par l’entrée de service.

L’étage sécurisé semblait étrangement calme.

Trop calme.

Deux agents assignés à la protection de mon grand-père étaient inconscients dans le couloir, vivants mais neutralisés.

Je dégainai mon arme.

La porte de sa chambre était ouverte.

J’entrai.

Mon grand-père était assis sur le lit.

Et près de la fenêtre se tenait l’homme de la photographie.

Plus âgé.

Plus maigre.

Mais vivant.

Gabriel Moreau me regarda comme s’il avait attendu cet instant pendant vingt-neuf ans.

Personne ne parla.

Puis mon grand-père murmura :

« Élise… je suis désolé. »

Gabriel fit un pas vers moi.

Je levai immédiatement mon arme.

Il s’arrêta.

Ses yeux brillèrent.

« Tu as raison de ne pas me faire confiance. »

« Pourquoi êtes-vous ici ? »

« Parce que Valois va venir. Et cette fois, il ne veut plus seulement Saint-Véran. »

Il regarda la poche où j’avais caché la clé USB.

« Il veut ce que tu as copié. »

« Comment savez-vous que je l’ai ? »

Un léger sourire triste apparut sur son visage.

« Parce que le système qui t’a donné accès aux archives n’a jamais été conçu par Delcourt. »

Je compris.

« C’était vous. »

« Oui. »

Mon grand-père ferma les yeux.

Gabriel continua :

« Et si tu veux enfin savoir pourquoi tout le monde a passé vingt-neuf ans à surveiller ta vie, il reste une dernière chose que personne ne t’a dite. »

Je ne baissai pas mon arme.

« Dites-la. »

Il regarda mon grand-père.

Puis moi.

« Valois ne cherche pas seulement à effacer ses crimes. »

Sa voix devint plus grave.

« Il sait que les comptes de Saint-Véran ne peuvent être définitivement ouverts que par deux personnes vivantes. »

Je sentis un froid parcourir mon dos.

« Mon grand-père et vous ? »

Gabriel secoua lentement la tête.

« Non. »

Il me fixa droit dans les yeux.

« Ton grand-père… et toi. »

À suivre — cliquez sur la Partie 9 pour continuer.

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