Divertissement

Une Nounou Sans Le Sou Monte Dans Le Mauvais Jet Privé — Mais Le Milliardaire Découvre Qu’Elle Est L’Héritière Disparue Que Sa Famille Cherche Depuis 32 Ans

« Je l’ai rencontrée il y a trois ans. »

La vidéo s’arrêta sur le visage bouleversé de Claire. Élodie resta immobile devant l’écran. Trois ans. En 2023, elle travaillait déjà comme nounou à Boston, changeant de famille au gré des contrats, comptant son argent à la fin de chaque mois, persuadée que sa mère biologique appartenait à un passé inaccessible. Pendant ce temps, Marianne était peut-être quelque part en Europe, vivante.

« Relancez », murmura-t-elle.

Alexandre remit la vidéo quelques secondes en arrière. Claire répétait exactement la même phrase.

« Elle savait », souffla Élodie. « Claire savait que ma mère était vivante et elle ne m’a rien dit. »

« Elle ne vous connaissait pas encore. »

Élodie se retourna brutalement.

« Et depuis qu’elle me connaît ? »

Alexandre n’eut aucune réponse.

Marc entra quelques minutes plus tard avec les premières informations sur le départ de Claire. Sa voiture avait été retrouvée près de Versailles. Aucun signe de lutte. Le docteur Beaumont avait quitté volontairement la maison de retraite, mais les caméras montraient Claire lui parlant avec agitation avant qu’ils montent ensemble dans le véhicule.


« Retrouvez-les », ordonna Alexandre.

Élodie secoua la tête.

« Non. Retrouvez Marianne. »

Marc la regarda.

« Nous n’avons aucune adresse. »

« Alors commencez par la photographie de Claire. Elle dit l’avoir rencontrée il y a trois ans. Trouvez où elle a été prise. »

Alexandre agrandit l’image montrée dans la vidéo. Derrière Marianne apparaissait une fenêtre, puis une enseigne floue de l’autre côté de la rue.

Marc photographia l’écran.

« Je vais essayer. »

Élodie resta ensuite seule quelques minutes. Elle avait besoin de silence. Trop de personnes avaient prétendu la protéger : Gabriel, Philippe, Madeleine, peut-être Marianne elle-même. Pourtant, chaque protection avait reposé sur le même principe : décider à sa place de ce qu’elle avait le droit de savoir.


Lorsqu’elle retourna dans le couloir, Sophie était assise sur les marches de l’escalier.

« Tu es triste ? »

Élodie s’assit près d’elle.

« Un peu. »

Sophie réfléchit.

« À cause de ta maman ? »

Élodie sourit faiblement.

« Comment tu sais ? »

« Claire pleurait quand elle parlait d’elle. »

Élodie se figea.


« Claire t’a parlé de Marianne ? »

Sophie hocha la tête.

« Elle a dit : “Je ne peux plus faire ce que Marianne m’a demandé.” »

Le cœur d’Élodie accéléra.

« Quand a-t-elle dit ça ? »

« Avant de partir. »

« Sophie, écoute-moi bien. Est-ce qu’elle a dit autre chose ? »

La petite fille fronça les sourcils.

« Elle a dit qu’elle devait retourner à Saint-Rémy avant ton anniversaire. »

Élodie regarda Alexandre qui venait d’apparaître derrière elles.


Saint-Rémy.

Une heure plus tard, Marc trouva la correspondance. L’enseigne visible derrière Marianne appartenait à une ancienne pharmacie de Saint-Rémy-de-Provence.

Ils partirent immédiatement.

Durant le trajet, Alexandre reçut une autre information : Orphée Holdings possédait, par l’intermédiaire d’une société immobilière, une propriété située à moins de cinq kilomètres du village.

Une maison appelée La Roseraie.

« Elle appartient officiellement à une fondation médicale », expliqua Marc au téléphone. « Mais elle n’a aucune activité déclarée. »

Lorsqu’ils arrivèrent, le soleil disparaissait derrière les collines. La Roseraie était une bâtisse ancienne entourée d’oliviers et protégée par un portail de pierre.

La porte principale n’était pas verrouillée.

À l’intérieur, aucune trace de Claire.

Aucune trace du docteur Beaumont.


Mais la maison n’était pas abandonnée.

Des fleurs fraîches se trouvaient dans un vase. Une tasse de thé encore tiède reposait sur une table.

Élodie avança lentement.

Sur un meuble, plusieurs photographies étaient alignées.

Elle s’arrêta.

La première la montrait à dix ans devant son école de Boston.

La deuxième, à seize ans.

Puis à vingt-deux ans, travaillant dans une garderie.

À vingt-sept ans, devant l’appartement qu’elle louait.

À trente et un ans, poussant une poussette dans Central Park.


« Mon Dieu… »

Quelqu’un avait suivi toute sa vie.

Alexandre prit une photographie.

Au dos, une date et quelques mots.

**Élodie, 16 ans. Elle ressemble de plus en plus à Marianne.**

L’écriture était féminine.

Élodie ouvrit un tiroir.

Des dizaines de lettres se trouvaient à l’intérieur.

Toutes lui étaient adressées.

Aucune n’avait été envoyée.


Elle en ouvrit une.

*Ma petite Élodie, aujourd’hui tu as dix-huit ans. Gabriel dit que je dois encore attendre. Il dit que les hommes d’Orphée surveillent Madeleine. Je voudrais croire qu’il a raison, mais chaque année loin de toi me donne l’impression de te perdre une seconde fois.*

Élodie dut s’asseoir.

Alexandre resta silencieusement près d’elle.

Une autre lettre datait de 2015.

*Je t’ai vue aujourd’hui. Tu ne m’as pas remarquée. Tu riais devant un café avec une amie. J’ai failli traverser la rue. Étienne m’a retenue. Il m’a rappelé ce qui arriverait si Orphée comprenait que je t’avais retrouvée.*

Élodie essuya ses larmes avec colère.

« Delmas savait tout. Toutes ces années. »

Un bruit retentit à l’étage.

Alexandre leva immédiatement la tête.


Ils montèrent.

Une porte venait de se refermer au bout du couloir.

Alexandre l’ouvrit.

Le docteur Beaumont se trouvait à l’intérieur.

Seul.

« Où est Claire ? » demanda Alexandre.

Le vieil homme semblait épuisé.

« Partie chercher Marianne. »

Élodie s’approcha.

« Où est ma mère ? »


Beaumont la regarda longtemps.

« Je ne sais plus. »

« Arrêtez de mentir ! »

Sa voix éclata pour la première fois.

« Tout le monde sait quelque chose ! Vous, Delmas, Gabriel, Philippe, Claire ! Tout le monde décide que je dois être protégée pendant que moi, je ne sais même pas si ma mère respire encore ! »

Beaumont baissa la tête.

« Marianne a quitté cette maison il y a six mois. »

Élodie sentit son cœur se contracter.

« Pourquoi ? »

« Parce qu’elle avait découvert qu’Orphée avait recommencé à surveiller Sophie Valois. »


Alexandre devint livide.

« Ma fille ? Pourquoi Sophie ? »

Beaumont regarda Élodie.

« Parce que le retour d’Élodie avait été préparé depuis longtemps. »

« Par qui ? »

Le vieil homme ferma les yeux.

« Marianne. »

Le silence fut total.

Élodie recula.

« Ma mère a organisé mon arrivée dans le jet ? »

« Elle voulait vous mettre en contact avec Alexandre. Elle pensait que les preuves ne pourraient être révélées qu’en réunissant un Laurent et un Valois. »

Alexandre comprit.

« Mais quelqu’un a découvert son plan et utilisé Sophie pour accélérer les choses. »

Beaumont acquiesça.

« Marianne n’aurait jamais fait de mal à cette enfant. »

« Alors qui l’a droguée ? »

Beaumont regarda vers la fenêtre.

« Celui qui dirige Orphée. »

Élodie posa les mains sur la table.

« Donnez-moi son nom. »

Le médecin semblait soudain terrifié.

« Je ne peux pas. »

« Pourquoi ? »

« Parce que Marianne a découvert quelque chose de pire que son identité. »

Il ouvrit une armoire et en sortit un dossier.

À l’intérieur se trouvait un acte officiel de décès.

**Gabriel Laurent — 2001.**

Puis un deuxième document.

Un certificat de changement d’identité délivré plusieurs années plus tard sous ordonnance confidentielle.

Alexandre parcourut la page.

Son visage changea.

« Ce n’est pas possible. »

Élodie lui arracha presque le document.

Le nom adopté par Gabriel Laurent après sa mort officielle apparaissait clairement.

**Henri Beaumont.**

Élodie leva lentement les yeux vers le vieil homme.

Le docteur Beaumont pleurait.

« Bonjour, Élodie », murmura-t-il.

Sa voix se brisa.

« Je suis ton grand-père. »

Elle recula comme si elle venait d’être frappée.

Tous les souvenirs des derniers jours se réorganisèrent brutalement : sa connaissance de Marianne, les photographies, le coffre, les mensonges, Claire affirmant qu’Henri était son père.

« Claire est donc… »

« Ma fille », répondit Gabriel. « Mais pas biologiquement. Je l’ai adoptée sous mon identité de Beaumont pour la protéger après la mort de ses parents. »

Élodie tremblait.

« Vous m’avez regardée dans les yeux à Versailles et vous avez continué à mentir. »

« Parce qu’Étienne me cherchait. »

« Et maintenant ? »

Gabriel sortit de sa poche un téléphone.

« Maintenant, il a retrouvé Marianne. »

Un message venait d’arriver quelques minutes plus tôt.

Une photographie montrait Claire debout devant une gare.

À côté d’elle se tenait une femme d’une cinquantaine d’années.

Les mêmes yeux qu’Élodie.

Le même visage que sur les photographies.

Marianne.

Vivante.

Sous l’image, Étienne Delmas avait écrit une seule phrase :

**APPORTEZ ÉLODIE ET LE DOSSIER ORPHÉE À L’ENDROIT OÙ TOUT A COMMENCÉ.**

Puis une localisation.

La côte normande.

Exactement à l’endroit où la voiture incendiée de Marianne avait été retrouvée trente-deux ans plus tôt.

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